BAM ! T’es faiblement mort ! (trouvé sur le blog du groupe Béthune-Arras)

Rémi, 21 ans, est décédé sur la ZAD du Testet, soufflé par une des armes faiblement létales utilisées couramment par les forces de l’ordre chargées de protéger le peuple les intérêts de ceux pour qui le peuple est un obstacle.

Pendant longtemps, les marchands de douleur ont fait la promotion d’armes non létales avant de corriger en faiblement létales, le nombre croissant « d’accidents » révélés ne permettant plus de poursuivre un mensonge aussi obscène.

Chaque fois qu’un flic brandit son taser, pointe son flashball ou dégoupille une grenade, il a normalement pleinement conscience qu’il peut faiblement tuer.  Je n’oserais me prononcer sur le fait qu’il l’oublie faiblement ou qu’il l’espère un peu, vu l’emploi décomplexé, massif, violent et systématisé de ces armes dans toutes les répressions de manifestation, et plus largement à la moindre occasion.

Est ce que le très faible assassin de Rémi dort bien ? A t-il de faibles remords ?

Le gouvernement (enfin, une partie du gouvernement) a, très faiblement et avec quelque retard, exprimé ses condoléances, du bout des lèvres et en les nuançant par d’habiles ajouts de périphrases insinuant qu’après tout, les militants casseurs l’avaient bien cherché.

Ça n’a pas duré longtemps : le gouvernement (tout entier, cette fois) est vite retourné pleurer très fortement et sans retenue ni nuances quelqu’un qui le méritait vraiment, lui : un de ces très riches et respectables super-patrons pour la protection desquels il équipe sa police d’armes faiblement létales, ordonne à sa police de s’en servir pour frapper et écraser fortement, permet à sa police de blesser, absout sa police quand elle tue.

Est ce que les très faibles assassins de Rémi dorment bien ? Ont-ils de faibles remords ?

Toutes nos pensées et notre soutien vont à tous les Zadistes, « casseurs » ou pas : unis dans un même combat, la différence entre les uns et les autres n’est qu’une affaire de degré d’exaspération face à la faiblesse des élites envers l’argent, la faiblesse du pouvoir envers les élites, et la très faible retenue de leurs chiens de garde quant il s’agit d’aller faire taire l’indignation.

Tous nos regrets et nos excuses vont à la famille et aux amis de Rémi, nous sommes aujourd’hui plus que jamais tristes et désolés de n’avoir pas encore réussi à changer ce monde où les assassins sont les maîtres.

Rest in Fight.

Publié le 30 octobre 2014

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