l’anarchie, une amie de cinquante ans

Ce texte, daté du 26 mars, est paru dans https://monde-libertaire.net/. Allez donc vous promenez sur ce site, une bonne façon de suivre l’actualité avec un regard différent.

À celui qui sema une graine d’anarchie dans ma tête de môme.

Jef avait neuf ans. Il apprenait le BL-A-BLA dans une petite école. Le temps des foutues plumes « sergent major », des porte-plumes, du corrector avec ses deux flacons, des buvards, sans oublier les pleins et les déliés.
La télé se démocratisait, dans le sens de mise à la portée du plus grand nombre.

Jef était pote avec un petit brun assez rigolard, Luis, qui était un as du ballon rond. En revanche au niveau scolaire, il collectionnait les matchs perdus à l’extérieur. L’extérieur de Luis étant l’école tant il semblait chez lui partout ailleurs. Luis faisait tout pour passer en sixième. Juste pour voir des étoiles dans les yeux du patriarche.
Le grand-père de Luis avait la peau toute burinée de quelqu’un qui avait passé une bonne partie de sa vie à l’extérieur, et pas forcément dans de bonnes conditions. Jef le respectait par crainte de son regard d’aigle. Il ne savait rien de lui, n’était même pas sûr de l’avoir entendu prononcer une seule phrase entière. Il était généralement assis sur un fauteuil en train de lire le journal ou alors, les deux coudes sur la table, il écoutait la radio.

Quand Jef allait faire ses devoirs chez Luis, il n’osait pas lever les yeux surtout quand ils récitaient leurs leçons en bousillant complètement une des deux occupations favorites du respectable aîné. Luis avait beau lui dire qu’il avait la cote avec avi Angel (pépé Angel), c’est toujours avec une certaine appréhension que Jef s’approchait du vieil Ibérique. Il n’allait pas tarder à entendre sa voix rocailleuse.

Le printemps était là depuis un moment, les grandes vacances se rapprochaient. Avant elles, la remise des prix avec la bise du maire et son haleine à fabriquer des cancres. Plus que deux mois de classe, bientôt les compositions avec la rituelle dictée tirée d’un texte sérieux et moralisateur comme toujours.

Perdu au fin fond de la province, le petit village de Jef ronronnait tranquillement bien loin de se douter de ce qui se jouait dans la capitale et dans de nombreuses grandes villes. Et puis des nouvelles commencèrent à arriver par bribes. Il était question d’étudiants, surtout d’un rouquin. Et puis on parlait de manifestations, de pavés, de barricades, de CRS, d’occupation de la Sorbonne.
Tout ça ne dispensait pas Jef et ses collègues de devoirs bien fournis. Ce qui était synonyme de goûters chez Luis.
Un jour, en arrivant, les deux potes trouvèrent avi Angel agrippé au vieux poste de radio « grandes ondes », pas encore la bande FM.. Dès que la réception d’une station laissait à désirer, il tournait frénétiquement la molette pour vite se caler sur une nouvelle source d’informations. Il avait les yeux pétillants et sautillait sur place. La radio distillait des nouvelles de ce qui se passait essentiellement à Paname.

– A las Barricadas! A las Barricadas! por el triunfo de la Confederacion !
Et Jef assista ébahi au spectacle d’un vieil Espagnol dansant une sardane, donnant la main à des amis invisibles et chantant d’une voix tonitruante.

Et Angel commença à parler et ne s’arrêta plus. La république espagnole, son père, ses deux frères, ses copains, tous cénétistes. Et puis cette « marde » de Franco. La collectivisation chez lui en Catalogne. Les rêves fous partagés avec des villages entiers. Le départ pour le front à 23 ans, un foulard noir et rouge pour cacher la grosse boule dans la gorge de laisser sa mère et ses sœurs. Le goût de la faim, de la boue, du froid et du sang. Et la nuit qui s’installe dans les yeux du copain tombé juste à côté de lui. Et le repli, le départ pour la France « terre d’asile » avec la planque pour éviter les camps d’internement, et les fragments de nouvelles qui parviennent par bribes. Et toutes ces personnes – connues et aimées – emportées par la tempête, mortes ou disparues.
– Viva la muerte ! Carognes de franquistes de marde !
Et le maquis dans les Alpes avec quelques compañeros. Et la neige aussi froide qu’en Espagne. La nuit qui s’installe dans les yeux du copain fauché par la balle d’un enfoiré de milicien français. Encore une fois trop de morts, trop de sang. Quelques rares survivants. Et puis ce besoin de laisser couler beaucoup d’eau non pas pour oublier, mais pour faire sans. Trop de chagrins.
Voilà que maintenant ces jeunes venaient agiter la marmite à souvenirs.

– A las Barricadas! A las Barricadas! por el triunfo de la Confederacion !

Vinrent les premiers témoignages de manifestations avec son lot de charges, de lacrymos, de pavés et de barricades. Les parents de Luis n’avaient pas la télé. Les parents de Jef en avaient une, Claude Pieplu racontait les Shadoks, Nounours endormait les plus petits. Les infos étaient réservées aux adultes. Alors pour ce qui se déroulait dans les rues parisiennes, Jef devait faire appel à son imagination. La dernière barricade qu’il avait vue sur le petit écran, c’était celle de Marius, de Gavroche. Alors Jef s’imaginait des jeunes qui se faisaient tirer comme des lapins par des hommes en uniformes. Dans son imaginaire de môme, les rues de la capitale étaient à feu et à sang. Jabert et ses collègues faisaient leur sale boulot à la perfection : six cents interpellations le 3 mai, quatre cents le 6 mai. Il imaginait son petit village de huit cents habitants déserté par un coup de matraque magique.
Et puis, comme dans les westerns, les grosses organisations syndicales arrivèrent sur leurs gros chevaux pour être sur la photo. Vers la mi-mai la grève gagna les entreprises.
Le dix-sept fut une date historique pour Jef : l’ORTF était à son tour paralysé et on diffusa des films pour faire patienter les téléspectateurs. Il n’avait rien contre « Cinq colonnes à la une » mais grâce aux événements il put découvrir « Crésus » de Giono avec Fernandel, « Guerre secrète » un film à sketchs très sombre avec Bourvil son idole et d’autres films oubliés parce que moins marquants.
Il pouvait veiller tard, son institutrice était, elle aussi, en grève. Et comme il n’y avait plus d’essence, même les tracteurs faisaient la grasse matinée, le boucher ne venait plus sur la place en klaxonnant à 8h du matin. Seuls quelques coqs faisaient crânement leur job de réveille-matin. Aucune solidarité avec les grévistes… C’est peut-être le jaune de leur origine qui leur était resté dans la tronche.

Las, un peu avant la fin du joli mois de mai, Avi Angel cracha sur la route avant de jouer les oiseaux de mauvais augure :
– Bah ! les commounistes, ils vont encore touer la révolucion…
Et il raconta les milices obligées de s’intégrer aux Brigades Internationales farcies de mouchards à la solde du Komintern. Et l’épisode de la poste centrale de Barcelone en mai 37 lorsque CNT, POUM essayèrent de résister héroïquement face aux staliniens plus nombreux, mieux armés avant de devoir céder. Et la répression féroce qui suivit. Et les assassinats, les disparitions des compañeros. Et la continuation de la sale besogne sur le sol français.
– Staline pour touer la révolucion, il a embrassé Franco la marde sur la bouche. Les commounistes francés, ils vont sé faire baiser par De Gaulle…

Quelques jours plus tard, Jef fut témoin d’un évènement d’une infinie tristesse : Avi Angel, le vieux bloc de granit qui avait connu toutes les galères possibles, était en train de pleurer en silence, sans chercher à se cacher. Il avait entendu au poste qu’un accord sur le protocole de Grenelle avait été conclu entre syndicats, patronat et gouvernement.
Avi Angel sortit le mouchoir à carreaux, se moucha bruyamment, regarda les deux mômes en face de lui tout embêtés et prêt à y aller de leurs larmes.
Alors le vieux guerrier fit un petit sourire forcé et leur dit : « horosement qu’il y a les commounistes pour faire des connéries sinon on s’ennouierait… »

Exit Mai 68…

Epilogue : Des années plus tard, alors que Jef était allé voir le patriarche…
« Yé dois tou lé dire, yé pris ma carte au parti commouniste…
– ???
-Yé vais bientôt finir ma route alors si quelqu’un dois mourir, autant qué sé soit oun commouniste… »

 

Sortons nos potes de la Bastille

Suite à la mobilisation antifasciste de ce week-end au Col de l’Échelle – Briançon (en réponse à la milice constituée sur la frontière par Génération Identitaire), 6 arrestations ont eu lieu.  3 personnes  été libérées ont  Les 3 autres personnes sont passées en comparution immédiate mardi pour aide à l’entrée irrégulière en bande organisée !

Un pas a été franchi : et dans le chef d’inculpation, et parce que 3 personnes qui avaient demandé le report de leur audience ont été placées en détention !

En taule pour une manifestation !

Depuis mardi, une copine italienne est au quartier des femmes aux Baumettes (Marseille), dans l’attente de son procès le 31 mai. Deux copains suisses ont d’abord été détenus à Gap, avant d’être transférés eux aussi aux Baumettes  ! Le Parquet a pris prétexte des rassemblements de soutien organisés (y compris par des collectifs citoyens) pour justifier ce transfert (raisons officielles de sécurité), espérant casser et diviser la solidarité qui s’organise de part et d’autre de la frontière.

Le Manba (collectif soutien migrant-e-s 13) prend part active au soutien anti-répression pour ne pas laisser ces personnes, sans casier judiciaire, sans expérience carcérale et parfois sans expérience militante tout court, isolées dans l’enfer des Baumettes (une des pires prisons d’Europe).

Pour toute demande d’information, n’hésitez pas à le contacter. Y compris si vous souhaitez leur adresser des courriers de soutien, vous pouvez les retourner sur le mail collectif du Manba : collectifsoutienmigrantes13@riseup.net

Face à cette attaque sans précédent, à un moment qui n’est certainement pas choisi par hasard dans le calendrier de Macron, Collomb, leurs fafs et leurs flics, notre réponse doit être forte Car les pièges répressifs tendus par l’État sont nombreux.

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Un texte reçu :

TROIS POTES EN PRISON

Cela fait des mois que des personnes s’organisent depuis la vallée de la haute Durance jusqu’en Italie en solidarité avec les migrant-es et contre les frontières.

Dimanche, suite à une rencontre-débat sur le thème des frontières en Italie, une marche spontanée est organisée de Clavière à Briançon. Elle aura pour but de permettre le passage de la frontière a une trentaine d’exilé-es. Elle fait aussi réaction au renforcement croissant du dispositif policier et militaire, et à la présence, le même weekend, du groupe fasciste « Génération identitaire » sur le territoire.

Cette manifestation s’est déroulée sans encombre jusqu’au refuge solidaire. En fin d’après-midi, 6 personnes ont été interpelées de manière arbitraire et placées en garde à vue, un camarade s’est fait violement tabassé et des personnes gazées. Le motif de la garde à vue : « aide à l’entrée d’étranger-es en situation irrégulière », avec comme circonstance aggravante, le délit en bande organisée.

Trois d’entre eux-elles ont été relâché-es, et les 3 autres se sont vus prolongé-es leur garde à vue. Ce mardi, ils-elles comparaissaient en comparution immédiate à Gap (l’info est venue de l’avocat commis d’office, il semble que tout ait été fait pour que personne ne soit au courant). Ils-elles ont refusé la comparution immédiate et demandé le report de l’audience, fixée finalement au 31 mai. D’ici l’audience, le tribunal a décidé de les placer en détention préventive.

Nous étions une trentaine à assister à l’audience sous haute surveillance : 8 camions de crs devant le tribunal, PSIG et police dans la salle. L’entrée au tribunal était conditionnée à la présentation et la photocopie d’une pièce d’identité.

Dans la mesure où la comparution immédiate a été refusée, le tribunal devait statuer sur le devenir des 3 personnes en attendant l’audience.

Le procureur basait son réquisitoire sur le contexte politique local. Il a en effet tenté de faire porter aux prévenu-es tous les événements du week-end (citant le texte du carnaval sauvage contre les frontières, un communiqué de tous migrants, et bien sûr la marche de dimanche). Le carnaval de gap n’a rien à voir avec la marche de dimanche, et si l’objectif est de juger les participant-es à ces événements, alors pourquoi ne sommes-nous pas 600 en prison ???? Il a ensuite fait part de sa crainte d’une réitération des actes tant que les personnes ne sont pas jugées. Il serait préférable d’incarcérer les potes plutôt que de leur laisser la possibilité de commettre de nouveaux délits … de solidarité.  N’étant pas sûr de lui, le proc requiert la détention préventive mais ouvre la porte à un simple contrôle judicaire pour s’assurer que les prévenu-es ne se volatilisent pas.

Face à ce réquisitoire hasardeux, les avocat-es fournissent divers documents : promesse d’embauche pour l’un, attestations d’inscription en fac pour les autres, contrats de location et même attestations d’hébergement en France en attendant l’audience. Ce qui constitue des garanties de représentations suffisantes. Les avocat-es mentionnent ne jamais avoir eu des dossiers aussi complets pour une comparution immédiate.

Avant la délibération, une sorte de sérénité était palpable dans la salle. Mais quelques minutes plus tard le délibéré est rendu : mandat de dépôt et détention préventive. A gap pour les copains (le proc aura même l’indécence de signaler au juge que la prison est déjà pleine à craquer) et à Marseille pour la copine. Nous sommes sous le choc.

Désormais les choses sont claires, tu peux faire de la prison pour avoir participé à une manifestation ayant permis à une trentaine de personnes de traverser la frontière.

Un cap est clairement franchi en matière répressive est c’est insupportable. Encore plus insupportable lorsque l’on entend le proc parler des individus de génération identitaire comme pacifistes. Rappelons qu’ils avaient affrété un bateau l’an passé pour empêcher l’assistance des secouristes en Méditerranée, et que là ils s’improvisent police aux frontières avec de gros moyens, qu’ils ont saccagé une partie de la montagne, qu’ils incitent la mise en danger de personnes, et que l’état choisit de ne pas les poursuivre…

Nous constatons sans surprises que police, justice et état veulent prendre ces 3 personnes pour exemple et stopper la solidarité. Nous ne sommes pas dupes. Ne répondons pas aux tentatives d’intimidation et de division du pouvoir. Soyons tous délinquants solidaires ! Nous appelons à des rassemblements massifs. Plus que jamais nous avons besoin de soutiens physiques !

Face à une décision si politique, la réponse doit être massive, politique et médiatique.
Nos camarades sont en prisons. Pour certain-es, venu-es pour la première fois dans le briançonnais et sans savoir exactement dans quoi ils-elles mettaient les pieds. Ils-elles risquent des mois et des mois de prison encore, suite au jugement. D’autres arrestations, incarcérations, sont à prévoir ! Faisons pression sur le gouvernement pour qu’il comprenne qu’on ne laisse rien passer !

Nous exigeons la libération immédiate de nos camarades prisonnier-es!

Nous n’oublions pas non plus le passage à tabac dimanche dernier d’un de nos camarades par les flics.

Plus que jamais continuons la lutte collective en acte !

Ni oubli ni pardon

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à propos du passage à tabac :

Ci dessous le détail des faits qui se sont produits dimanche soir à briançon

2 policiers blessés ? Une farce …

Un dimanche 22 avril ,19 h30 , à Briançon

Nous étions cinq personnes attablées à la terrasse de l’Hôtel de la Gare à Briançon. Nous avions quitté le refuge solidaire ou venait de se terminer la marche de Clavière à Briançon avec des exilés coincés là haut depuis 4 jours .

Nous sirotions tranquillement un verre lorsque deux véhicules banalisés se sont garés à proximité .Entre 5 et 6 policiers , certains en civil , sont descendus et se sont dirigés vers nous d’un pas déterminé

Ils sont montés sur la terrasse par les deux escaliers y donnant accès , nous encerclant .

Nous étions assis .Le plus gradé d’entre eux nous a stipulé un contrôle d’identité.Surpris , nous avons demandé quel en était le motif .Il a répété que nous devions lui présenter nos papiers .

Nous avons obtempérer , sauf deux d’entre nous qui ne les avaient pas sur eux mais dans leur voiture garées tout près .Les policiers ont ensuite pris des photos des papiers d’identité et ont demandé à l’un d’entre nous de les suivre .Ce dernier leur a demandé pour quelle raison puisqu’il venait de contrôler son identité

Un des policiers , qui commençait à rougir lui a répondu « on va pas te le répéter deux fois »

Notre ami a donc sorti son téléphone pour prévenir son avocat qui suit les mouvements de solidarité avec les exilés et … c’est à ce moment là que les policiers lui sont tombé dessus , arrachant son téléphone, le projetant au sol , lui sautant dessus

Face contre terre , coups de matraque , clef de bras , coup de genoux , pouces enfoncés dans les yeux, étranglement …pendant plusieurs minutes une violence extrême s’est abattue sur notre compagnon

il hurlait de douleur , nous étions abasourdis

une telle violence pour un simple contrôle d’identité …

Un policier resté en retrait leur a même demandé d’y aller moins fort

Notre ami fut ensuite traîné par les pieds dans les escaliers toujours face contre terre et jeté sur le goudron deux mètres plus loin

Alerté par les cris , des gens autour sont arrivés en courant et ont récupéré notre compagnon en train de se faire lyncher

Les policiers ont gazé tout le monde , y compris notre ami gisant au sol .

Il fut finalement porté à bout de bras , le visage tuméfié , en sang, la mâchoire gonflée , respirant difficilement et aveuglé par les gaz lacrymogènes

Souffrant de multiples contusions , d’un énorme hématome à la mâchoire , d’une entorse aux cervicales, et de douleur au niveau de la trachée , il est parti aux urgences

10 jours d’ITT

Vous avez la monnaie monsieur l’agent ?

Les deux textes précédents et bien d’autres sur  https://valleesenlutte.noblogs.org/

1er mai Aubenas 10h manif intersyndicale et après « pique-nique festif » de la CNT

Pour la manif, rien à rajouter.

Pour le pique-nique festif de la CNT, place du château, on sort les plats des sacs et on partage. On sort les idées des tronches et on discute.

Y aura même de la musique avec Louis ARTI dont on vous a déjà parlé (Louis l’anARTIste, trouvable en se servant du truc de recherche), Manbouss, René Rouzet, « guitare & plume », Batucata Bamahia. Tous présents gracieusement en solidarité.

Alors, la révolution ? On se fait une bouffe et on en discute.

Rendez-vous, vous êtes concernés : 26 avril, 20h, Le navire, Aubenas

Attention, c’est presque tout de suite puisque jeudi 26 avril. Le syndicat CNT interco de l’Ardèche propose la projection suivie d’un débat du dernier film de Yannis et Maud Youlountas.

Après « Ne vivons plus comme des esclaves » puis « je pense donc je suis » voici « l’amour et la révolution »

Dix ans après les premières émeutes, les médias ne parlent plus d e la crise grecque. Tout laisse croire que la cure d’austéritéa réussi et que le calme est revenu. Ce film prouve le contraire.
A Thessalonique,des jeunes empêchent les ventes aux enchères de  maisons saisies.
En Crète, des paysans s’opposent à la construction d’un nouvel aéroport. Tiens ça nous rappelle quelque chose…
À Athènes, un groupe mystérieux inquiète le pouvoir en multipliant les sabotages.
Dans le quartier d’Exarcheia, menacé d’évacuation, le cœur de la résistance accueille les réfugiés dans l’autogestion.
Un voyage en musique parmi celles et ceux qui rêvent d’amour et de révolution.

alors rendez-vous jeudi 26 avril au cinéma « le Navire » d’aubenas.

Les bénéfices seront versés au profit de la Grèce en lutte.

expulsion en cours /communiqué à chaud de la Fédération anarchiste

 

Notre-Dame-Des-Landes,

face à la vengeance étatique, solidarité, action !

 Le gouvernement l’avait promis lors de son annonce d’abandon du projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes en janvier dernier, sa vengeance viendra en avril avec l’expulsion de la ZAD.

C’est donc cette nuit à 3h du matin que l’opération a été lancée avec 2500 gendarmes accompagnés de blindés, l’objectif étant d’expulser environ 100 personnes et la destruction d’une quarantaine de bâtisses dites « illégales ». Des barricades enflammées ont été érigées sur la « route des chicanes » où se concentre la résistance des Zadistes face aux forces du désordre.

Nous dénonçons cette énième tentative d’expulsion par la violence et nous nous joignons à l’appel des occupant-e-s de la ZAD :

       les rejoindre dès que possible pour mener la résistance

       participer aux rassemblements ce soir à 18h dans tout l’hexagone organisés par les comités de soutien (environ 80 villes pour l’instant)

       participer à la manifestation de samedi à Nantes

Face aux expulsions, aux violences policières et à un Etat qui veut sa vengeance, contre leur monde, la solidarité est notre arme, soutien à tous les occupant-e-s de la ZAD !!!

09/04/2018

Fédération Anarchiste

 

Solidarité avec la CNT de Lyon attaquée par des fascistes. Communiqué de la Fédération anarchiste

https://www.federation-anarchiste.org/

ifa@federation-anarchiste.org

Solidarité avec la CNT de Lyon attaquée par des fascistes

Dans la nuit du 30 au 31 mars le local de nos camarades de la CNT Lyon a été attaqué par des fascistes, grille arrachée, vitre brisée, vol de matériels militants, tentative de destruction du rideau de fer. Depuis de nombreux mois les agressions et les attaques fascistes se succèdent dans les rues de Lyon dans une impunité totale, la CNT de par son engagement contre l’extrême droite et notamment pour la fermeture du local fasciste, bastion social, se retrouve à son tour attaqué. Il y a quelques mois, c’était le local de la CGA, quelques centaines de mètres plus loin, qui en faisait les frais.

Nous apportons tout notre soutien à la CNT lyonnaise et condamnons fermement cette énième attaque fasciste.

Face aux nervis d’extrême droite et leurs idées nauséabondes, ripostons !

01/04/2018

Fédération Anarchiste

En vérité, je vous le mentis

L’équinoxe de printemps nous sort de l’hiver. Oui, est alors ?

Il y a environ 2800 ans, du côté de Rome apparaissait un calendrier lunaire qui débutait au printemps justement. C’était le moment où les cohortes romaines sortaient de leur hibernation et songeaient à aller gaiement découper du barbare. L’année commençait donc au mois dédié au dieu romain de la guerre, Mars. « Le soleil a rendez-vous avec la lune, mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend », il fallait ajouter des jours à ce calendrier lunaire pour égaler l’année solaire. Bref un calendrier pas franchement au point. Pendant ce temps, les Egyptiens passaient du même type de calendrier à un nouveau, solaire, de 365 jours, 12 mois, avec comme repères les deux équinoxes et les deux solstices.

Jules César avait un penchant certain pour l’Egypte. En 46 avant l’autre JC, il alla donc se faire conseiller par un astronome, Sosigène d’Alexandrie, ce qui déboucha sur la création du calendrier julien : 365 jours, 12 mois et une année bissextile tous les 4 ans. On connait…

L’adoption du calendrier julien à la place du calendrier romain républicain vit également le début de l’année fixé au 1er janvier (date d’élection des Consuls de Rome).

En vérité, je vous le dis, on arrive tout doucement à la grande magouille…

Revenons au printemps et parlons du coucou… Le coucou gris (Cuculus canorus) est un charmant volatile dont le sport favori est le parasitisme de couvée. Il s’agit pour la femelle coucou d’aller pondre dans le nid d’un autre passereau, de gober en passant un des œufs du nid – histoire que personne ne se rende compte de la supercherie – et de se sauver à l’autre bout du monde en laissant ainsi sa progéniture se débrouiller toute seule.

On n’est pas loin de cet autre volatile venu – selon la mythologie chrétienne – annoncer à une jeune juive qu’un triangle avec un œil dedans l’avait choisie comme mère porteuse…

Une fois né, JC (notre Jeune Coucou) se dépêche de faire le ménage en virant tous les autres œufs car il est dit qu’il doit être unique pour pouvoir becter à l’aise.

Revenons aux chrétiens… En se convertissant, l’empereur romain Constantin accepte de ne plus être considéré comme un dieu (privilège des empereurs romains) et renonce aux persécutions contre ses nouveaux coreligionnaires. En 313, est promulgué l’édit de Milan qui accorde à chacun le droit « d’adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel ». Est accordée également la liberté de culte à toutes les religions. Avec, bien sûr, une légère préférence pour le christianisme, religion de l’empereur…

Manque de chance, à la même époque, à Rome, un autre dieu avait le vent en poupe. Mithra – divinité indo-iranienne – avait de très nombreux adeptes, principalement auprès des soldats romains. L’empereur Aurélien, en 274 avait officialisé cette religion. Et puis comme un empereur, ça ose tout, il alla jusqu’à fixer un jour pour faire la fête en l’honneur de ce dieu, le 25 décembre qui est, selon le calendrier julien, le jour du solstice d’hiver…

Nous voilà donc avec Constantin le converti, l’édit de Milan et ce foutu Mithra qui venait marcher sur les platebandes chrétiennes.

Le Jeune Coucou n’aime pas la concurrence et expulse tout ce qui peut le gêner…

« Un clou chasse l’autre », les curetons-chefs choisissent à leur tour le 25 décembre pour instaurer une toute nouvelle fête : celle de la naissance du môme né par mère porteuse en Judée, selon la mythologie chrétienne. Avec l’appui de l’empereur chrétien Constantin, les latins chrétiens purent virer Mithra du calendrier… Fin de l’acte un.

Coucou, les revoilà ! Le choix du 25 décembre présente un autre intérêt. Celui d’être situé 7 jours avant le 1er janvier, début de l’année julienne (élection des consuls à Rome).

Pourquoi s’intéresser à ces 7 jours ? Tout simplement parce que 7 jours après leur naissance, les petits garçons juifs devaient subir leur circoncision. En Judée, le môme né d’une mère porteuse, selon la mythologie chrétienne, un 25 décembre, devait donc être circoncis le 1er janvier suivant.

Force du symbole, le 1er janvier, jour où – selon la mythologie chrétienne – il fut appelé Jésus, devint le premier jour de l’ère chrétienne. Avant, tout le temps passé depuis le big bang n’avait qu’une valeur négative. Le môme juif né d’une mère porteuse – selon la mythologie chrétienne, je sais, je me répète – est donc né 7 jours avant JC, soit 7 jours avant l’ère chrétienne…

Naturellement, L’Église met la main sur le premier janvier qui devient la fête « de la Circoncision et du Saint-Prépuce de Notre Seigneur » ceci en 352 sous l’autorité du pape Libère. Drôle de nom pour un pape… Fin de l’acte deux.

Le souci pour de nombreux chrétiens antisémites était le rappel – avec cette référence à la circoncision – de l’origine du fruit de la fécondation « in vitraux » d’une femme juive.

Arrive Paul VI et Vatican II, la déclaration Nostra Aetate sur les relations de l’Eglise Catholique avec les religions non chrétiennes. Après des siècles d’antijudaïsme présent jusque dans le bourrage de crâne des mômes condamnés au catéchisme ou dans le sermon des ensoutanés ; la déclaration récuse toute responsabilité du peuple juif en tant que tel dans la mort du Christ et condamne les persécutions antisémites.

5 ans après ce texte d’ouverture, c’est en 1970 que l’Eglise Catholique – toujours avec Paul VI – débaptise le premier janvier.  La fête « de la Circoncision et du Saint-Prépuce de Notre Seigneur » qui est une reconnaissance de l’origine juive du christianisme devient la fête de  » sainte Marie mère de Dieu ». Les cathos n’ont plus rien contre le peuple juif mais faut pas exagérer…

2000 ans de falsifications, d’escamotages, d’illusions, de manipulations mentales, de messes basses pour que la secte devienne cette multinationale du coaching sociétal. 2000 ans de complots, d’alliances avec les tyrans, de tractations, de procès, de massacres, de menaces pour asservir les individus et les consciences.

Bien sûr que la terre est plate

Et nous dans tout ça ? Eh bien, continuons inlassablement à lutter contre toutes les religions. Expliquons inlassablement que ces structures hiérarchisées n’ont qu’un but, le pouvoir terrestre par l’asservissement et la tromperie.

« Si tu me trompes une fois, la honte sur toi. Si tu me trompes une deuxième fois, la honte sur moi. »

Marcher ne suffira pas. Communiqué de la Fédération anarchiste.

 

https://www.federation-anarchiste.org/

ifa@federation-anarchiste.org

Marcher ne suffira pas

Si nous étions présentes et présents à plusieurs rassemblements en France en hommage à Mireille Knoll, tuée à l’âge de 85 ans parce que vue comme juive, nous savons en tant que militantes et militants anarchistes qu’une marche ne suffira pas.

L’antisémitisme, jamais réellement éteint, prend aujourd’hui de nouveaux visages. Tous liés à des fantasmes et des préjugés, au complotisme et à la bêtise. Que celui-ci soit le fait d’une extrême droite nationaliste ou fascisante,des extrêmes droites religieuses ou de pseudo progressistes perdus il empoisonne nos vies.

Il n’y a aucune excuse possible à cette haine larvée qui se réveille par moments dans la violence et la mort. Il ne peut suffire de crier sa colère pour que les choses aillent mieux.

Ni le repli communautaire, ni l’indifférence des soi-disant « non-concernés » ne feront avancer les choses. C’est bien toutes et tous ensemble que nous devons combattre politiquement et pied à pied l’antisémitisme.

Aucun recul, aucun relativisme.

30/03/2018

Fédération Anarchiste