Vouloir jouer au foot avec un ballon ovale (juillet 2015)

           Tout va bien, c’est l’été, Monsieur ou Madame Lambda se laisse aller à s’abrutir devant la boîte à images : Fort Boyard, Tour de France, matchs de foot… télé cerveauxMonsieur ou Madame Lambda a préféré suivre le feuilleton de la FIFA plutôt que de suivre guerres et crises à travers le monde. La FIFA, un système gangréné par le pouvoir, le fric, les magouilles et la corruption…

Monsieur ou Madame Lambda s’est réveillé avec la gueule de bois commune à celles et ceux qui croient à la parole des politiciens. « Moi, président… », non, ça c’est en France, en Grèce c’est « Moi, Demainhonrazgratis… ».
Monsieur ou Madame Lambda est grec(que) comme son nom l’indique. Mais vit en France. Aussi quand a émergé Syriza, Monsieur ou Madame Lambda a senti le vent de la révolution chatouiller ses mollets… Siryza, ou plutôt Sy.Riz.A, c’est un peu leur Front de Gauche aux grec(que)s, les euro capitalistes n’ont qu’à bien se tenir !!! L’historien pointilleux dira alors que Siriza (Synaspismós Rizospastikís Aristerás : coalition de la gauche radicale) fut créé en 2004 alors que le Front de Gauche (à l’origine « Front de Gauche pour changer d’Europe »), lui, ne fut créé qu’en 2009. Certes.
Mais Syriza n’apparut vraiment qu’en remportant les élections législatives de janvier 2015, un peu comme le Front de G… Non, mauvaise comparaison…
« Moi, Premier ministre » Alexis Tsipras avait promis au peuple grec le traitement de   «la crise humanitaire » et la relance de la croissance. Lors de la victoire de Syriza, le leader minimo du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon avait très justement prédit un « effet domino » et un « printemps européen ». Monsieur ou Madame Lambda avait alors annulé sa réservation estivale à La Bourboule pour la remplacer par un séjour à Loutráki autre station thermale mais grecque, celle-là.tsipras-hollande-paysage
Monsieur ou Madame Lambda a la mémoire courte… Vivant en France il devrait se rappeler de « Moi, président » devant mettre les financiers à genoux «Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, de visage, pas de parti, et pourtant il gouverne, c’est le monde de la finance.», renégocier le traité européen…
Monsieur ou Madame Lambda imaginait déjà les responsables de la « troïka » des créanciers de la Grèce (Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Commission européenne) recouverts de goudron et de plumes…
Mais gare aux requins qui dorment… Comme tous les poissons cartilagineux, ces bestioles touchent le fond quand ils roupillent mais ils ne dorment que d’un œil et s’ils touchent le fond c’est malheureusement au sens propre…

Alexis Tsipras a vite compris qu’il n’obtiendrait rien de bien fabuleux de l’Europe alors comment faire passer la pilule au peuple grec ?
Dans un premier temps, asseoir sa légitimité…
Vite un référendum : « Faut-il accepter le Plan d’Accord soumis par la Commission Européenne, la BCE et le FMI lors de l’Eurogroupe du 25 juin ? »
Tsipras « Moi, Premier Ministre… » appelle tout naturellement les électeurs grecs à se prononcer pour le NON tandis que les autres gouvernants européens appellent au OUI en misant sur l’angoisse des Grec(qu)es. Monsieur ou Madame Lambda ne participera pas au référendum par manque de temps pour organiser son déplacement obligatoire jusqu’à la Grèce pour pouvoir voter.oxi
« OXI », le NON l’a emporté avec 61,31 % des suffrages. Plus d’un(e) Grec(que) sur trois n’a pas participé au référendum. Pourtant c’était un bien beau référendum à 25 millions d’euros…
Monsieur ou Madame Lambda est allé fêter la victoire bras-dessus bras-dessous avec Jean-Luc Mélenchon. Place de la République, ça avait des airs de troisième mi-temps alcoolisée :
« Il a la classe ! Il a la classe ! Il a la classe notre Tsipras !
– Et qu’est-ce qu’il glande ? Et qu’est-ce qu’il glande ? Et qu’est-ce qu’il glande François Hollande?
– À la poubelle ! À la poubelle ! À la poubelle Madame Merkel !
– Il est parti ! Il est parti ! Il est parti le FMI !
– Elle est plus là ! Elle est plus là ! Elle est plus là la Troïka ! »
AH, poésie quand tu nous tiens !…

Monsieur ou Madame Lambda s’est réveillé avec la gueule de bois commune à celles et ceux qui croient à la parole des politiciens…
Dans un deuxième temps, Alexis Tsipras – son résultat du référendum tout chaud dans son cartable – est retourné négocier, a quasiment cédé sur tout tête basse, est revenu tête haute  en Grèce en disant qu’il ne croyait pas à ce qu’il allait demander aux députés grecs d’accepter…

Monsieur ou Madame Lambda s’est alors souvenu du référendum de 2005 : À la question «Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l’Europe ? ».
Le NON l’avait emporté avec 54,68 % des suffrages exprimés. Un peu moins d’un(e) Français(e) sur trois n’a pas participé au référendum.
Monsieur ou Madame Lambda éclata de rire en se souvenant qu’en France aussi un gouvernement de gôche s’était assis sur le résultat d’un référendum…

Monsieur ou Madame Lambda repense à la FIFA. Finalement Tsipras, Mélenchon, ce qu’ils voudraient, c’est jouer au socialisme au sein de la Fédération Internationale du Capitalisme Acharné. C’est juste impossible. Comme d’arriver avec une équipe de rugby au sein de la FIFA…

Pour toutes celles et ceux qui en ont soupé de la Fédération Internationale du Capitalisme Acharné, le temps est peut-être venu de la mettre à bas pour la remplacer par un fédéralisme libertaire…