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Non à la nouvelle loi asile-immigration

Mercredi 1 août, le parlement a définitivement adopté la nouvelle loi asile immigration qui durcit encore les modalités d’accueil des immigré-e-s et facilite les expulsions. Le gouvernement, au travers de son ministre de l’intérieur G. Collomb, avait déjà  lancé son grand plan anti-migrant-e-s et sans papiers dès le 12 décembre 2017 en publiant la nauséabonde circulaire autorisant le « recensement » des personnes étrangères dans les centres de d’hébergement d’urgence par des « équipes mobiles » de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Ces équipes seront composées d’au moins un agent de préfecture compétent en droit des étrangers et d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, auxquels peuvent s’ajouter «des personnels compétents en matière de veille ou d’évaluation sociale» elles ont pour but de  «s’entretenir avec les personnes étrangères» pour «procéder à l’évaluation administrative» de leur situation.

Sous couvert de pouvoir mieux les « orienter en fonction de leur situation », comme le disent très bien les associations d’aide aux migrant-e-s, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une logique «de recensement, d’étiquetage et de triage» qui va conduire à instaurer un contrôle généralisé des personnes étrangères. Cette mesure n’aboutira qu’à augmenter la précarisation, le passage à une certaine forme de clandestinité des personnes et enfants en les éloignant des centres d’accueil, les renvoyant de fait dans la rue, impliquant déscolarisation, rupture de soins, …

On peut craindre aussi des sanctions financières envers les associations qui s’opposeraient à cette circulaire, sachant que pour la plupart elles dépendent d’aides publiques.

Le  juge des référés du conseil d’État a été saisi par des associations d’aides aux migrant-e-s pour en demander la suspension, le ministre de l’Intérieur a assuré qu’elle serait maintenue qu’elle qu’en soit la décision.

La loi « asile-immigration », qui vient d’être définitivement adoptée, s’inscrit dans la continuité des lois anti immigré-e-s qui se sont succédées ces vingt dernières années. Le président la présente comme une loi « d’humanité et de fermeté », mais n’est en fait qu’une loi anti-migrant-e-s et sans papiers, compliquant les démarches administratives, facilitant les mises en rétention et les expulsions, qu’ils appellent maintenant avec sobriété « éloignement ».

Pour faire croire à son « humanité » et donc nous la « vendre », le gouvernement annonce que cette nouvelle loi va améliorer, faciliter le traitement des demandes d’asile. Ce traitement passerait de 1 an à moins de six mois, en regardant de plus près, toutes les mesures ne sont faites que pour, au contraire, compliquer la dépose de dossiers par les migrant-e-s, voir même les dissuader et augmente par contre les possibilités de fichage et facilite les ex-pulsions. On pourra noter l’absurdité qu’entre le dépôt et la réponse de demande, les personnes ne sont pas considérées comme des demandeuses d’asile et peuvent donc avoir des difficultés à obtenir un hébergement d’urgence, voir même être placées en en centre de rétention.

Plus précisément dans la loi concernant la demande d’asile :

  • Le délai pour déposer un dossier de demande d’asile passe de 120 à 90 jours

– Le budget 2018 prévoit 150 postes supplémentaires en préfectures, le gouvernement voulant réduire le traitement de la demande d’asile, en passant de onze à six mois. Problème, ces nouveaux postes ne sont pas uniquement alloués au traitement des demandes d’asile donc comment cela impactera la vitesse de traitement des dossiers ?

  • Création de 200 places en centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) dans chaque région, soit plus de 2 600 places sur l’ensemble du territoire. 1 300 places seraient opérationnelles depuis le 31 janvier. Avec ces centres, L’État développe des structures couplant accueil et contrôle administratif afin de mieux parquer/surveiller et faciliter les expulsions
  • Restriction des conditions d’accès au titre de séjour «étranger malade» alors que dans le même temps il y a la création d’un « passeport santé » pour la patientèle solvable des hôpitaux

En ce qui concerne les sans-papiers :

  • Passage de 6 à 24 h pour la durée de retenue administrative pour vérification du droit au séjour
  • augmentation du délai maximum de rétention, il passe de 45 à 90 jours avec prolongation possible de 15 jours si la personne fait obstacle à son éloignement
  • Maintient en rétention dans le délai courant entre l’ordonnance de libération prononcée par le juge et l’appel du préfet.
  • 400 places de plus pour la rétention administrative
  • Possibilité de recourir à l’assignation à résidence pendant le délai de départ volontaire
  • Renforcement du régime de l’assignation à résidence avec obligation de demeurer au domicile pendant une plage horaire
  • Possibilité de placer en rétention un demandeur d’asile présentant une « menace grave pour l’ordre public » (arrêté d’expulsion, interdiction du territoire)
  • Limitation du droit du sol sur l’île de Mayotte. Seuls les enfants dont au moins un des deux parents en situation régulière depuis plus de trois mois sur l’île avant la naissance pourront désormais demander la nationalité française.

Le gouvernement se félicite d’avoir augmenté les expulsions de 14 % en 2017 et de 100% celles concernant les « dublinés » (personnes ayant fait des demandes d’asiles dans plusieurs pays européens), pourtant Emmanuel Macron annonçait encore le 5 septembre 2017 : « Nous reconduisons beaucoup trop peu » d’où cette nouvelle loi asile-immigration qui va plus loin dans le fichage, le parcage et les expulsions. Car ne soyons pas dupe, quand le président parle « d’humanité » dans cette loi c’est avant tout pour une immigration choisie, des mesures « en faveur de l’attractivité et de l’accueil des talents et compétences » en passant par notamment l’ex-tension du « passeport talent » à de nouvelles catégories, la directive facilitant l’installation en France des étudiants cher-cheurs, … Cela se retrouve même dans le domaine de la santé où bientôt seul-e-s les patient-e-s étrangers/ères riches auront accès au soin, le président ré-affirmant que les migrants économiques n’ont pas vocation, selon lui, à rester sur le territoire. On voit clairement la politique anti-migrant-e-s mise en place par ce gouvernement, en organisant le recensement, le fichage, le parcage, la rétention, l’expulsion des demandeurs/euses d’asile et des sans papiers qui ne seraient « pas assez bien pour la France ».

La fédération anarchiste s’est opposée et s’opposera toujours aux lois racistes, anti-immigré-e-s et contre les sans papiers des gouvernements en défendant la liberté de circulation, d’installation par l’abolition des frontières et des nations.

 4 Aout 2018

La Fédération Anarchiste

Marcher ne suffira pas. Communiqué de la Fédération anarchiste.

 

https://www.federation-anarchiste.org/

ifa@federation-anarchiste.org

Marcher ne suffira pas

Si nous étions présentes et présents à plusieurs rassemblements en France en hommage à Mireille Knoll, tuée à l’âge de 85 ans parce que vue comme juive, nous savons en tant que militantes et militants anarchistes qu’une marche ne suffira pas.

L’antisémitisme, jamais réellement éteint, prend aujourd’hui de nouveaux visages. Tous liés à des fantasmes et des préjugés, au complotisme et à la bêtise. Que celui-ci soit le fait d’une extrême droite nationaliste ou fascisante,des extrêmes droites religieuses ou de pseudo progressistes perdus il empoisonne nos vies.

Il n’y a aucune excuse possible à cette haine larvée qui se réveille par moments dans la violence et la mort. Il ne peut suffire de crier sa colère pour que les choses aillent mieux.

Ni le repli communautaire, ni l’indifférence des soi-disant « non-concernés » ne feront avancer les choses. C’est bien toutes et tous ensemble que nous devons combattre politiquement et pied à pied l’antisémitisme.

Aucun recul, aucun relativisme.

30/03/2018

Fédération Anarchiste

Face à l’antisémitisme, solidarité et action. Communiqué de la Fédération anarchiste

https://www.federation-anarchiste.org / ifa@federation-anarchiste.org

Face à l’antisémitisme, solidarité et action

   Après l’incendie de l’Hypercacher de Créteil, 3 ans jour pour jour après l’attentat de l’Hypercaher de la porte de Vincennes, avec toute la symbolique haineuse que cela porte, l’agression d’un enfant de 8 ans portant une kippa à Sarcelles et d’une jeune femme portant l’uniforme d’une école privée juive s’ajoutent à une continuité d’actes antisémites intolérables et toujours aussi virulent commis en France depuis bon nombre d’années.

Si nous combattons les pouvoirs oppresseurs des religions, nous ne laisserons pas passer des actes basés sur le racisme ou l’antisémitisme, sur la haine d’une appartenance religieuse réelle ou supposée. Il ne s’agit pas simplement de relent du passé, car nous savons que l’antisémitisme n’a jamais totalement disparu et se décomplexe de plus en plus ces dernières années. Il est attisé par les discours identitaires, fondamentalistes, intégristes, nationalistes,conspirationnistes, confusionnistes qui prolifèrent au grand bonheur des extrêmes droites.

Nous luttons et lutterons encore contre tout mouvement ou parti qui aurait l’envie de se servir de ces faits pour monter les supposées « communautés » les unes contre les autres ou stigmatiser qui que ce soit d’autre que les agresseurs. L’antiracisme en tant que composante des idéaux émancipateurs récuse tout essentialisme.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces actes intolérables. Nous serons de tous les combats contre les haines.

La Fédération anarchiste
1er février 2018

repas gâché

article publié le 12 octobre sur le Monde libertaire sur la toile

« C’est vrai qu’ils sont plaisants, tous ces petits villages,
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages […] »

Monsieur Lambda laisse Madame conduire, les yeux sur la carte.
Bientôt midi et toujours pas trouvé le petit restau spécialisé dans les spécialités locales. Continuer la lecture

Le « Malatesta », mauvais choix…

Montreuil.  Nono, il a juste le temps de casse-croûter avant la reprise. Il aime bien son boulot. Enfin, il aime bien ses potes de la start-up mais c’est presque toujours le surbooking, succès oblige. Nono, son vrai nom c’est Nordine ; son père était venu en France quand elle avait eu besoin de lui. Faut dire qu’à l’époque, son père était français parce que né en territoire occupé par la France. C’était une période trouble en Kabylie mais, heureusement, la France était très accueillante pour ces hommes qui avaient choisi les bidonvilles de Paname sous le regard des flics plutôt que les camps de regroupement sous le regard des soldats français. Continuer la lecture

“La Guerre, le Pouvoir, l’Hégémonie … A qui profitent les crimes et que faire ?” (Y. MICHEL)

Un lecteur du blog nous a envoyé le texte ci-dessous. Bonne lecture.

“La Guerre, le Pouvoir, l’Hégémonie …

A qui profitent les crimes et que faire ?”

Au matin du Vendredi 13 Novembre 2015, journée de la gentillesse à Paris, outre le match amical France-Allemagne au stade de France, outre le rappel, en exemple, des punitions exemplaires réservées aux salariés « fauteurs de troubles » d’Air France : licenciements et jugement en correctionnelle à venir ; … Il était annoncé médiatiquement une fermeture des frontières et un contrôle accru destiné à empêcher l’organisation de Blacks Blocs pendant la COP 21 ! Continuer la lecture

« S’ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau » 18 mai 2015

Le 27 octobre 2005, deux jeunes effrayés par une meute de flics foncent en direction d’un site EDF… « S’ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau » dit un flic ordinaire sur Radio Flic à une apprentie flic.

« S’ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau »…  Un pronostic et pas de réaction… Relax, les flics…

Bouna Traoré et Zyed Benna sont morts électrocutés après avoir escaladé une porte pour se cacher dans un local sans savoir que… s’ils rentraient sur le site EDF…

Pas chères leurs vies…Zyed Benna (left) and Bouna Traore

 

 

Aujourd’hui, lundi 18 mai, les deux Monsieur et Madame « Flic Relax » sont relaxés par le tribunal correctionnel de Rennes.

No comment, juste envie de gerber.

Quand les pensées deviennent nauséabondes (20 avril)

Samedi matin, marché des Vans dans le sud de l’Ardèche. Distribution de tracts contre TAFTA (« TransAtlantic Free Trade Area » : traité de libre-échange nord-atlantique soit l’OTAN version guerre économique). Tafta n’étant pas le seul traité international de libre-échange, ce tractage s’inscrit dans la journée mondiale de mobilisation. Juste à côté l’Huma se vend à la criée. Un peu plus loin, on hésite entre le fromage de chèvre sec ou crémeux.
racisme_ordinaireUn peu à l’écart, à la terrasse d’un bar, des gens du coin, commentent la scène :
« C’est pas le gaz de schiste aujourd’hui…
– Non, regarde, c’est contre TAFTA.
– Taffetas, c’est bien un tissu arabe ?
– Ouais, un tissu hallal…
– C’est pas le Taffetas qu’il faut interdire, c’est tous les gus qui sont dedans… »
Discussion véridique au poil de mot près… Les « braves gens » en question, il y a quelques années, achetaient Ras l’front, me prenaient parfois le Monde Libertaire… Comment ont-ils pu glisser sur la pente savonneuse du racisme ordinaire ? Congélation des neurones ? Médias ? Perte des repères ? Dédiabolisation de la Marine Nationale ?
CÉSAR : C’est une phrase en l’air! Je n’ai jamais eu l’idée d’insulter la marine française. Au contraire, je l’admire, je l’aime…
ESCARTEFIGUE (sur la porte, avec une grande noblesse) : II se peut que tu aimes la marine française, mais la marine française te dit m…

J’étais à la même terrasse qu’eux. Petite pause. Je me suis levé, suis passé à côté de leur table…
« Salut, tu bois un coup ? » Et oui, je les connaissais un peu… « Pas aimé ce que vous avez dit. La Marine vous tend les bras, on dirait… »
Et j’ai repensé à ces tristes individus passés du MRAP ( Collard), du NPA (Aurélien Legrand), de la CGT (Fabien Engelmann) au rassemblement nauséabond.
Et j’ai repensé à un texte d’un copain parisien que je venais de lire dans le Monde Libertaire (n°1772 du 16 au 22 avril)

Quand un « syndicat » FO relaie les discours du FN
C’est avec stupéfaction que nous avons appris que le syndicat FO des chauffeurs de bus de Montpellier s’est plaint d’une odeur « insoutenable » sur la ligne 9, qu’il explique par la prise en charge de familles Roms. Selon ces salariés, il s’agirait d’un « problème sanitaire », qu’il faudrait endiguer en créant une navette « spécialement pour eux ». apartheid busCertains chauffeurs refusent même de toucher les pièces que ces familles leur tendent pour régler leur titre de transports (de peur qu’elles ne transmettent la peste véhiculée par les gens du voyage ?).
Comme nous le faisions remarquer dans un précédent article paru dans nos colonnes, les thèmes privilégiés par le parti fasciste, le FN, commencent à pénétrer dangereusement les consciences, et même les consciences syndicales… Pour rappel, durant la campagne pour les départementales, Serge Laroze définissait ainsi les Roms : « Individu qui fait fortune dans le rempaillage des chaises et les commerces du cuivre. » Ce Rom qui roule en Mercedès (comme les dealers de banlieue), enrichis par leurs vols ! Le vieux fantasme du voleur de poule, d’ailleurs encore bien enraciné dans nos belles campagnes françaises… Quand on pense que la majorité des Roms sédentaires en France survivent dans des bidonvilles et des squats de fortune, il y a de quoi se faire vraiment du souci.
Cette proposition ne peut que nous faire penser aux premiers Roms raflés en France en novembre 1941 par la police française, sous les ordres des préfets appliquant la théorie nazie de la race pure. De novembre 1941 au 16 janvier 1945, la France fit du site de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) un camp pour « individus sans domicile fixe, nomades et forains, ayant le type romani ». Ils étaient Gitans, Roms et Tziganes. Les derniers Roms qui ne furent pas dirigés vers les camps de la mort (on n’a jamais su combien y ont péri, puisque, pour les nazis, les Roms n’étaient pas considérés comme des êtres humains, et donc pas comptabilisés !), quittent en janvier 1945 le camp de Montreuil-Bellay pour le camp de Jargeau d’où ils ne furent libérés qu’en mars 1946. Des clochards de Nantes y ont également été internés en 1942. 3 000 personnes passèrent par ce camp, qui compta jusqu’à 1 096 internés en août 1942. Le 16 janvier 1945, les derniers nomades furent transférés vers le camp des Alliés à Angoulême. Se débarrasser des Roms et des clochards, le programme fasciste du FN est donc bien en marche, et ici relayé par ces quelques syndicalistes FO ! Ne devraient donc par tarder à suivre des propositions pour se débarrasser des Juifs, des LGBT et de toute la gamme de l’humanité qui ne rentre pas dans les cases de la définition aryenne. C’est cette odeur de réchauffé-là qui nous est, à nous, insoutenable !
Texte de Patrick Schindler

Biscotte