Archives par étiquette : guerre

11 novembre 2017, intervention à Joyeuse « des tas d’urgences »

Bonjour à toutes et tous et réciproquement,

Sur les monuments aux morts, Il n’y a toujours pas le nom des victimes civiles de toutes ces boucheries. Les civils ne comptent pas, les civils subissent, les civils meurent dans l’oubli.

Les monuments aux morts ne portent pas le nom des pauvres bougres assassinés par la justice militaire. 953 soldats français fusillés entre 1914 et 1918, dont 639 pour désobéissance militaire, 140 pour des faits de droit commun, 127 pour espionnage et 47 pour motifs inconnus. 953 assassinats légaux, 639 pour l’exemple. 639 jugements au nom de lois qui n’apportèrent que du sang et des larmes. Il est toujours des crapules pour légaliser des crimes. Des lois pour justifier l’injuste.

Il est une loi, un décret qui amène le sourire : Un décret du 11 Novembre 1917 prévoyait que les voyageurs ne pouvaient pas, ouvrez les guillemets, « descendre lorsque le train est complètement arrêté. »

Il est une autre loi qui fait beaucoup moins sourire : 11 octobre 2017, il y a exactement un mois, l’Assemblée nationale adoptait la fin du régime d’exception de l’état d’urgence et le passage dans le droit commun des mesures liberticides et autoritaires contenues dans ce dernier. Bonjour la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme.

Exit, donc l’état d’urgence ? Surement pas…

Il y en a des tas d’urgence :

Urgence de faire cesser toutes ces guerres néocoloniales, urgence de rapatrier tous les soldats et de leur faire suivre un programme de déradicalisation militaire.

Urgence de renverser tous les trônes, tous les palais, tous ces lieux de pouvoir où sont décidés et planifiés les massacres.

Urgence de désacraliser toutes les religions, de démystifier tous les religieux de toutes ces escroqueries mentales. Ces religieux qui ont si souvent été à l’origine ou à l’acceptation des massacres. Urgence de leur faire suivre un programme de déradicalisation missionnaire.

Urgence d’ouvrir toutes les frontières pour qu’on respire enfin. La liberté des peuples ne passe pas par l’érection de nouvelles murailles. Combien de tonnes de chair à canon au nom d’une sacro-sainte frontière ?

Urgence d’ouvrir notre solidarité aux réfugiés.

Urgence d’éradiquer la peste brune de la rance aux rancis.

Urgence de mettre à bas le dieu capitalisme, les temples financiers qui inspirent, provoquent financent l’envoi de soudards quand il faut sauver le soldat Pactole. Urgence de démonétiser tous les traders et de leur faire suivre un programme de déradicalisation boursière.

Urgence de sortir du salariat, cette addiction mortifère qui pousse des pauvres bougres à fabriquer de quoi tuer, estropier, enfermer, asservir d’autres pauvres bougres au nom du petit rien qu’un bourge aura jeté dans leur gamelle.

Urgence de nous arracher de notre servitude volontaire.

Il y en a des tas d’urgence :

Urgence de désamorcer le nucléaire, de démanteler les centrales à retardement et de – puisqu’il nous faudra bien faire avec – nous débrouiller avec toutes ces tonnes de tartes à la crème irradiées qu’il va falloir gérer.

Il y en a des tas d’urgence :

Urgence de nous débarrasser du patriarcat et de toutes ses conséquences.

Urgence de vivre, de respirer, de rire, de partager, de rêver. Urgence d’inventer des futurs vivables.

Urgence de forger des utopies belles comme des sourires de mômes.

Il y en a des tas d’urgence tout simplement parce qu’il y a urgence.

Ça urge sur ce bout de terre.

Alors, plus que jamais, ni dieu ni maître !

“La Guerre, le Pouvoir, l’Hégémonie … A qui profitent les crimes et que faire ?” (Y. MICHEL)

Un lecteur du blog nous a envoyé le texte ci-dessous. Bonne lecture.

“La Guerre, le Pouvoir, l’Hégémonie …

A qui profitent les crimes et que faire ?”

Au matin du Vendredi 13 Novembre 2015, journée de la gentillesse à Paris, outre le match amical France-Allemagne au stade de France, outre le rappel, en exemple, des punitions exemplaires réservées aux salariés « fauteurs de troubles » d’Air France : licenciements et jugement en correctionnelle à venir ; … Il était annoncé médiatiquement une fermeture des frontières et un contrôle accru destiné à empêcher l’organisation de Blacks Blocs pendant la COP 21 ! Continuer la lecture

C’était un temps déraisonnable. (Novembre 2015)

Monsieur ou Madame Lambda sort de son supermarché avec quelques poignées de minutes de retard. Sans regret, c’était pour la bonne cause… Une fouille effectuée par des militaires en tenue camouflée. Monsieur ou Madame Lambda a ri intérieurement : pour passer inaperçu dans un temple de la consommation, la tenue « tempête du désert », ce n’est pas gagné. Mais comment être plus voyant qu’en arborant une tenue camouflée. Et le but de ces gens d’armes n’était-il pas de se faire remarquer…
Pour que les gentil-le-s Messieurs et Mesdames Lambda se sentent en sécurité. Et pour effrayer les méchant(e)s de l’Anti-France. Continuer la lecture

Les fous sont entrés dans Paris : Communiqués anarchistes 16/11/2015

Communiqué de la Fédération anarchiste

Vendredi 13 novembre, au fil des événements, l’inquiétude grandissante a peu à peu laissé la place à la consternation la plus profonde et à la colère face au bilan sans cesse plus lourd des attentats qui ont eu lieu à Paris : un bain de sang inutile, atroce, nauséabond, rappelant les pires exactions dont l’humanité sait malheureusement se montrer capable.

Les adhérent.e.s et sympathisant.e.s de la Fédération anarchiste sont révolté.e.s contre ces actes de la barbarie. Nous adressons toute notre sympathie aux personnes qui ont subi ces violences, à leurs familles, à leurs ami.e.s, à ceux et celles qui y sont resté.e.s et à celles et ceux qui ont heureusement sauvé leur peau. Continuer la lecture

11 novembre 2015, intervention à Joyeuse (Thème « exodes »)

Il n’y a pas de noms de victimes civiles sur le monument aux morts…. Bonjour à toutes et tous et réciproquement…

Gordes, que ferons-nous ? Aurons-nous point la paix ?
Aurons-nous point la paix quelquefois sur la terre ?
Sur la terre aurons-nous si longuement la guerre,
La guerre qui au peuple est un si pesant faix ? (…)

exode 14Première guerre mondiale, des millions de civils sur les routes, dans les trains pour fuir la guerre et son monstrueux lot de destructions de villages, de viols, de déportations, de fusillades arbitraires (entre 5 500 et 6 500 Belges et Français abattus sommairement). Plus de 12 millions d’Européens se trouveront à un moment donné amenés à fuir la guerre, à devenir des « réfugiés ». Continuer la lecture

Palmyre, ville fantôme ? (22 mai 2015)

lu dans la presse : « […] La cité antique de Palmyre aux mains de l’État islamique : le scenario tant redouté par la communauté internationale est devenu réalité. […] »

Quand une guerre se déroule quelque part dans le monde, sûr que la communauté internationale redoute le pire pour les pauvres bougres impliqués malgré eux dans le conflit. Logique. Humain !

Palmyre, c'est aussi une ville

Palmyre, c’est aussi une ville

suite de l’article lu : « […] La crainte est grande de voir ce joyau architectural, patrimoine mondial de l’humanité, subir le même sort que les cités antiques de Hatra et Nimroud en Irak ou encore le musée de Mossoul. Des sites saccagés, mais aussi pillés de leurs objets, écoulés sur le marché noir en Syrie ou en Turquie. […] »

J’avais tout faux : La communauté internationale s’en fout de la population locale obligée de tout abandonner pour fuir les bombes, les balles, les obus, les missiles fabriqués par les pays se partageant ce fameux label « Communauté internationale ».  Logique. Inhumain !

Si un jour un conflit éclate par ici, je vous conseille de demander le statut de « joyau artistique, patrimoine mondial de l’humanité * ».

Biscotte

* Patrie, moine, humanité… Cherchez l’intrus.

P… de salariat ! (5 mai 2015)

Madame Lambda voudrait bien offrir un pull en cachemire à Monsieur Lambda. Des mois qu’elle remplit des pots de mayonnaise avec les pièces que la Bernadette n’aura pas… Et puis là, le pactole, sa boîte a enfin obtenu un contrat juteux. Madame Lambda a eu droit à sa petite prime. Le seul souci pour elle, c’est de trouver la boutique : Indienne ou pakistanaise ? Parce qu’il y aurait comme un conflit entre les deux pays à propos du fameux Cachemire. Pas la laine de chèvre, la province… Continuer la lecture

Spectacle à voir : Louis Arti lit « El Halia ». Malbosc

Louis Arti, c’est un mec bien. Je l’ai découvert début des années 80, France Inter, Foulquier. Une voix qui se pose comme une évidence, des textes qui s’accrochent aux neurones, mots ciselés par un joailler du verbe. Mais trop libre pour marcher dans le showbiz, même du pied gauche… Alors exit Arti, « Avec un label à la clé,  mon la se mettrait à gonfler. On dirait par tout le pays, le joueur de mots a trahi… »
Quelques années plus tard, je vous passe les détails, je tombe sur son livre « El Halia, le sable de El Halia ». Je l’ouvre, m’arrime à la première phrase – « Je suis né dans un pays. Qui n’est pas né dans un pays ? » – et oublie les escales jusqu’à la dernière page :

« […] J’étais cet enfant et je le suis encore. Du moins l’enfant resté en moi m’a donné des ordres. L’enfant qui a vu le massacre d’El Halia (*) n’a pas voulu fermer les yeux sur son passé. Il considère son regard comme un objectif d’appareil photo qui est resté ouvert… admettons que j’aie été dans un théâtre et que l’enfant se soit trouvé dans la salle. Je l’arrêtais quand son récit me plongeait dans des histoires que j’avais, depuis, élucidées pour lui. Je lui expliquais pourquoi le monde n’était plus le même et pourquoi il fallait néanmoins que ce monde nouveau apprenne ce que l’enfant avait vu, entendu…
Réunis tous les deux dans un théâtre, nous allions continuer à vivre par les mots. Notre histoire allait devenir de l’art, le public allait l’entendre. Nous allions refaire la troupe d’El Halia avec des artistes et avec des gens. Avec des sentiments aussi nombreux que les grains de sable d’El Halia. »

Et ce spectacle existe…

EL Halia, lecture théâtrale

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Pour retrouver l’homme et l’enfant… Vendredi 17 avril à 19 heures à Malbosc ( 18 km de virages entre les Vans et Le Gard). Entrées au chapeau

Pourquoi cette pub ? Parce que Louis Arti est un mec bien qui a dit : « Quand au pouvoir, c’est une écharde, une maladie dont il faudrait se débarrasser. »

Biscotte

(*) Le 20 août 1955, une insurrection a secoué l’ensemble du Constantinois, au cours de laquelle deux massacres d’Européens ont été perpétrés par des émeutiers : l’un à El Halia, petite agglomération minière où 35 personnes ont été tuées, l’autre au sein d’une famille d’Aïn Abid où 7 personnes ont été tuées. L’estimation globale du gouvernement général est de 123 tués : 31 militaires, 71 civils européens et 21 Algériens. Les représailles qui se sont abattues sur la population algérienne de la région, à partir du 20 août, ont été terribles. La violence, extrême et générale, a duré des semaines ; le nombre de victimes algériennes, hommes, femmes et enfants, n’est pas connu avec précision mais dépasserait 7 500.     ( Marie Chominot historienne sur http://culturevisuelle.org/histoiredimages/archives/5 )

Parmi les victimes d’El Halia, un boulanger, le père de Louis Arti.

Charlie Hebdo : le 11 septembre de la liberté d’expression (Texte de Ronald Creagh)

Emprunté à Ronald Creagh sur son site  Recherches sur l’anarchisme

L’assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo n’est pas le 11 septembre de la France (1) . L’État français avait, lui aussi, attenté à la liberté d’expression : n’avait-il pas interdit le journal Hara Kiri, le prédécesseur de Charlie Hebdo  ? D’ailleurs, les meurtriers ne se sont pas attaqués à un prestigieux journal de l’establishment comme Le Monde, mais à un petit hebdomadaire impertinent, courageux et pauvre. Continuer la lecture