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Communiqué de la Fédération Anarchiste suite à la nouvelle vague de répression à Bure

La Fédération Anarchiste soutient les initiatives prises depuis longtemps à Bure contre l’enfouissement, dans des conditions inopérantes pour des dizaines de milliers d’années, de déchets nucléaires en « couche profonde ».

Depuis toujours, la Fédération Anarchiste dénonce la société nucléarisée, qui nécessite un système autoritaire, opaque et militarisé. Imposée aux populations par des États désirant posséder la bombe atomique, l’énergie nucléaire entraine désastres financiers et catastrophes humaines et laisse à des milliers de générations la gestion de déchets radioactifs mortifères

Le week-end du 15 août a été l’occasion d’un rassemblement militant contre la mise en place de ce puits de la mort. Assez rapidement, les affrontements sur les lieux ont éclaté, suite aux provocations des forces du désordre au service d’un État policier, trop contentes de pouvoir user de leurs armes : les lanceurs de grenades assourdissantes. Qui, nous le savons, se transforment rapidement en outils de mutilation.

Lors de ces affrontements, Robin, militant, a été blessé au pied par une de ces grenades. Blessure très grave comme il en témoigne lui-même : «  Mon pied est dans un sale état, la grenade l’a creusé sur une profondeur de 3 cm et un diamètre de 13 cm. Les os sont pour la plupart brisés. Certains ont même disparus, pulvérisés. La chaussure a été explosée, le plastique a fondu et s’est engouffré dans la plaie, si bien qu’une infection est probable, ce qui nécessiterait l’amputation des 5 orteils » (1)

La Fédération Anarchiste apporte tout son soutien à Robin dans cette épreuve, et plus largement à toutes celles et ceux qui luttent contre l’état et son monde nucléaire.

Fédération anarchiste

23 août 2017

 

 

(1) Source : https://nantes.indymedia.org/articles/38357

Retour sur la manif contre Center Parcs à Poligny : le 17 juin, des bulles ont éclaté !

De notre envoyé spécial :
Suite à l’appel que nous avions lancé début juin, nous étions près de 300 personnes à nous rassembler et à manifester samedi 17 au matin à Poligny pour réaffirmer notre opposition à Center Parcs et son monde. Si un journaliste n’ayant pas suivi la manifestation n’y a vu « qu’une petite mobilisation de 100 personnes » quand son confrère en comptait le double, on peut affirmer qu’il y avait longtemps qu’un cortège n’avait pas battu le pavé à Poligny et que ce fut une réussite : Derrière la banderole « Financières ou tropicales : non aux bulles du capital », cette toute première manif’ de la lutte contre un Center Parcs à Poligny a rempli son objectif de mobilisation. S’il a fallu quelques instants pour que le cortège composé de Jurassien.ne.s et de personnes venues d’autres horizons (un salut amical aux ami.e.s du quartier libre des Lentillères à Dijon !) se mette à serpenter dans les rues de Poligny, il a permis à la population d’exprimer son mécontentement dans la joie et la bonne humeur !

Pierres et vacances…

Après un parcours ponctué de quelques étapes où nous avons parfois crié, souvent chanté et beaucoup ri, la cohorte bariolée de nos différences et de ce qui nous unit a investi la cour de la mairie. Le temps de rappeler en musique au premier magistrat de la ville (présent dans la mairie), Dominique Bonnet, que ses décisions dictées par la multinationale Pierre & Vacances ne sont pas les nôtres, en aucun cas.
Des manifestant.e.s allant même, avec détermination, jusqu’à faire éclater… des bulles de savon !

Puis, rassemblé.e.s à notre point de départ, place des Déportés, ont eu lieu les prises de paroles, qu’elles concernent des oppositions à Center Parcs ou à d’autres projets d’infrastructures capitalistes aussi
nuisibles que dispensables. Des opposants au Center Parcs de Roybon à ceux de Bure, en lutte contre le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires en passant par les collectifs en lutte contre l’A45
entre Lyon et Saint-Étienne, nous avons pu échanger les dernières nouvelles et les rendez-vous à venir !

Après un picnic partagé sur le site menacé, l’après-midi s’est déroulée dans le bois des Tartaroz où différentes activités se sont tenues dans une ambiance joyeuse et sous un climat très agréable (29°) mais non
aseptisé : balade au cœur du périmètre convoité par Center Parcs et animée par des naturalistes de Jura Nature Environnement et des syndicalistes forestiers, suivie d’une table ronde consacrée aux menaces qui pèsent sur nos forêts, promenades à dos d’ânes, projection de photos animalières par Julien Arbez, tables de presse du Collectif Jurassien d’Opposant.e.s à Center Parcs et du Pic Noir, restauration végétalienne
concoctée par le Resto Trottoir de Saint-Claude avant que plusieurs groupes de musique n’accompagnent cette fin de journée  jusque tard dans la nuit : le Chœur ouvrier de La Fraternelle, qui nous a ému et qui a
souligné la qualité de l’écoute, les danses folk endiablées proposées par les Vieilles Fins, la poésie critique de C._&_O., pour finir par la Kritik Noire (anarchopunk/Jura) et les pogos énergiques et tendres des René Binamé (chansonnette anarchopunk/Belgique).

Le lendemain, la coordination inter-sites « Center Parcs : ni ici, ni ailleurs ! » (Poligny, Le Rousset, Roybon, mais aussi Lyon, Valence, etc.) se réunissait au même endroit, réaffirmant sa détermination à lutter ensemble et préparant la suite des événements…

 » à Roybon ! à Roybon ! »

Moins médiatisée que la ZAD de la dame des Landes, pas très loin de par ici, la ZAD de Roybon, installée pour lutter contre l’implantation d’un Bidul’ Park.

On en est où ?

La réponse avec deux textes pris sur le blog du laboratoire anarchiste et livrés par notre agent de Valence : Lire la suite

Marée bleue sur la ZAD. Quand il ne reste plus que la terreur à L’État.

article publié le 1er juin sur le Monde libertaire version web

Dans la quasi-totalité des pays, législativement parlant, le mot « pollution » qualifie la contamination d’un milieu par un agent polluant au-delà d’une norme, d’un seuil tolérable.
On peut donc dire que le déversement, à l’heure du laitier, de quelques 500 gendarmes à Sainte-Colombe-en-Bruilhois a quelque chose qui s’apparente à une pollution volontaire, un dégazage dû à Madame Patricia Willaert, la parfaite préfette du Lot-et-Garonne. Lire la suite

Tranche de Vian

Elle serait là, si lourde

locomotiveElle serait là, si lourde avec son ventre de fer et ses volants de laiton, ses tubes d’eau et de fièvre. Elle courrait sur ses rails comme la mort à la guerre, comme l’ombre dans les yeux. Il y a tant de travail, tant et tant de coups de lime, tant de peine et de douleurs, tant de colère et d’ardeur et il y a tant d’années, tant de visions entassées, de volonté ramassée, de blessures et d’orgueils.
Métal arraché au sol, martyrisé par la flamme, plié, tourmenté, crevé, tordu en forme de rêve… Il y a la sueur des âges enfermée dans cette cage, dix et cent mille ans d’attente et de gaucherie vaincue.

S’il restait un oiseau et une locomotive et moi seul dans le désert avec l’oiseau et le chose. Et si l’on disait : « choisis… » Que ferais-je, que ferais-je ?

gobe-mouchesIl aurait un bec menu comme il sied aux conirostres, deux boutons brillants aux yeux, un petit ventre dodu. Je le tiendrais dans ma main et son cœur battrait si vite… Tout autour, la fin du monde en deux cent douze épisodes…
Il aurait des plumes grises, un peu de rouille au bréchet et ses fines pattes sèches, aiguilles gainées de peau…

« Allons, que garderez vous ? Car il faut que tout périsse mais pour vos loyaux services, on vous laisse conserver un unique échantillon. Comotive ou zoizillon ? »

Tout reprendre à son début, tous ces lourds secrets perdus, toute science abattue si je laisse la machine..

Mais ses plumes sont si fines et son cœur battrait si vite que je garderais l’oiseau.

Boris Vian