De la répression, de ses agents et de ses collabos (28 avril)

Yann Zoldan, 26 ans, a déposé plainte jeudi 24 avril 2014 après avoir été grièvement blessé par un tir policier le 21 avril à Toulouse, lors de l’évacuation de deux squats. Il souffre de multiples fractures à la joue droite, causées selon lui par un lanceur de balles de défense.

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Aucun risque pour ces robocops alors pourquoi et qui visent-ils ? ça pue les snipeurs…


Le jeune homme a déposé plainte jeudi 24 avril 2014 auprès du procureur de Toulouse après avoir été grièvement blessé par un tir policier le 21 avril à Toulouse, lors de l’évacuation de deux maisons squattées. Yann Zoldan, psychologue de 26 ans, souffre de multiples fractures à la joue droite, causées selon lui par l’impact d’un tir de LBD 40×46 (le Flashball nouvelle génération, plus puissant et plus précis).

Que disent les vendeurs de ce nouveau bijou :

Caractéristiques du produit

Conçu pour un usage policier ou militaire, le lanceur GL-06 est une arme de précision et de fiabilité à toute épreuve. Il est le plus polyvalent des lanceurs mono coup de 40 mm, utilisé aussi bien comme une arme à létalité réduite que pour des opérations militaires. Le calibre 40 mm est polyvalent et universel, en parfaite adéquation avec les besoins actuels des forces de l’ordre et des militaires. La gamme des munitions de 40 mm s’étend des produits à létalité réduite aux munitions à fragmentation en passant par les cartouches à gaz ou éclairantes. De nombreux utilisateurs professionnels souhaitaient un lanceur compact, autonome, léger, précis, muni de nombreux rails destinés à fixer des accessoires tels que des aides à la visée, des poignées verticales, des lasers… et ce afin d’utiliser des munitions à létalité réduite plus facilement et en toute sécurité. Le but final était de pouvoir également utiliser des munitions de guerre dans l’intérêt de la sécurité et bien sûr dans d’éventuelles situations de combat. […]         (lu sur un site commercial)

C’est beau comme du Baudelaire…

  Désignation: GL-06 – (LBD 40).

 Fabrication: Brügger & Thomet AG, Suisse.

Ah, le sérieux helvétique…

Yann Zoldan cherchait à fuir quand il a été touché. « Je m’étais réfugié derrière une poubelle, un policier en civil m’a dit “Sors et cours”, donc je suis sorti en levant les mains en l’air et en le regardant, affirme le jeune homme, militant du droit des animaux. Le policier a essayé de me donner un coup de matraque, j’ai reculé et là je me suis pris le tir. Je suis tombé sur les genoux, puis c’est devenu la confusion. » Selon lui, seul un policier de la Bac était armé d’un lanceur de balles de défense et l’arme était dotée d’un « viseur » (caractéristique des LBD 40×46). « Plusieurs militants lui avaient dit “Ne visez pas la tête”», se souvient Yann Zoldan.

Zones de tir

Pour les deux armes (précision de moi : Flash-Ball superpro®et LBD 40×46), les cadres d’emploi définis par la police et de la gendarmerie interdisent les tirs au-dessus de la ligne d’épaules

(Extrait du rapport déontologique sur trois moyens de force intermédiaire. Défenseur des droits)

Soutenu par ses amis, Yann Zoldan est mis à l’abri chez le voisin Clément, qui avait laissé sa porte ouverte, au cas où. « Il était conscient mais complètement sonné et pissait le sang, c’était impressionnant, décrit ce dernier. On lui a donné les premiers secours puis je l’ai emmené aux urgences de Purpan. »

[…] Conduite à tenir après l’emploi de l’arme

Prise en charge médicale

Après chaque tir de Flash-Ball superpro® ou de LBD 40×46, les militaires de la gendarmerie doivent impérativement s’assurer que la personne touchée et interpellée ne présente aucune lésion. L’intervention des services de secours et/ou d’un médecin doit être requise «chaque fois qu’elle est nécessaire», et, en attente de l’arrivée des services de secours ou du médecin, la personne touchée doit rester sous surveillance constante des militaires ayant procédé à l’intervention.

Concernant la police, les instructions de novembre 2012 relatives au Flash-Ball superpro® et au LBD 40×46 imposent aux agents, « après usage de l’arme et en cas d’interpellation», de s’assurer sans délai de l’état de santé de la personne touchée et de la garder sous une surveillance permanente.

Les instructions policières vont ensuite plus loin que les notes-express de la gendarmerie, en imposant la pratique d’un examen médical, dans les meilleurs délais, quelle que soit la zone corporelle atteinte, et la rédaction d’un certificat descriptif des lésions par le médecin. […]

(Extrait du rapport déontologique sur trois moyens de force intermédiaire. Défenseur des droits)

Bon, d’accord, on comprendra que Yann ait cherché à se planquer, que le « gibier touché » cherche à échapper au « chasseur » mais, mais, mais… on peut facilement imaginer le cow-boy de la BAC ayant fait mumuse avec son flingue considérer que la suite ne l’intéressait plus…

Toulouse, la ville dont le défenseur des droits du rapport déontologique cité fut maire, avait déjà connu un cas similaire :

« J’ai un œil en moins. J’y vois tout noir. La rétine est décollée, avec un hématome interne, le plancher orbital fracturé. Le pronostic des médecins est réservé… » Joan, 25 ans, est hospitalisé depuis jeudi soir au service d’ophtalmologie du CHU Purpan. [… ]  il s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, jeudi soir, en marge de la manif interprofessionnelle de Toulouse. -Joan a été atteint au visage, vraisemblablement par un tir de flash-ball, lors des incidents qui ont éclaté devant le magasin Monoprix au centre-ville en début de soirée entre les forces de l’ordre et les manifestants du mouvement étudiant. Les policiers de la Bac et de la compagnie d’intervention ont fait usage de ces armes, tirant des balles en caoutchouc, pour repousser les manifestants qui venaient d’effectuer un « blocage économique » aux entrées du magasin.

[…]On était contre la ligne des CRS. Ils m’ont tiré dessus alors que j’étais à moins de 10 mètres d’eux. J’étais effectivement au premier rang, confiant, en train de dire on recule, on s’en va. Je n’ai absolument pas jeté de canettes ni de projectiles. Je suis sûr que c’est une balle de flash ball qui m’a touché, vu la force et l’impact… On m’a clairement visé ».

Mael, 19 ans, étudiant et pompier volontaire a prodigué les premiers soins à Joan, transporté par ses camardes à l’intérieur du Virgin Mégastore. « On a attendu près de trois quarts d’heure avant que les secours, bloqués derrière la ligne de police, puissent accéder jusqu’à nous ».

(extrait  tiré de LADEPECHE.fr  23/03/2009)

Distance d’utilisation

Pour la police comme la gendarmerie, l’usage du Flash-Ball superpro® est interdit en deçà d’une distance de sept mètres de l’individu visé afin, selon la note-express de la gendarmerie, de «préserver le  caractère non létal» de cette arme et selon l’instruction de la police, d’ «éviter tout risque de lésion corporelle grave, pouvant être irréversible».

Pour le LBD 40×46, les deux cadres d’emploi (gendarmerie et police) interdisent une utilisation sur une personne se trouvant à une distance inférieure à dix mètres

(Extrait du rapport déontologique sur trois moyens de force intermédiaire. Défenseur des droits)

Flash-Ball superpro® ou de LBD 40×46 ?

Un article,  pris dans le figaro (beurk), donne la parole au fabricant du premier nommé.

Plongée en royaume des crapules :

«Le fabricant du Flash-Ball défend son produit «made in France»

 Alors qu’un rapport du Défenseur des droits épingle l’utilisation du lanceur de balles par les forces de l’ordre, la société Verney-Carron, basée à Saint-Étienne, conteste ces critiques et s’inquiète de leurs retombées commerciales.

«Nous trouvons dommage d’avoir si peu de soutien et tant de bâtons dans les roues.» Au lendemain de la publication du rapport du Défenseur des droits, Jean Verney-Carron, président du directoire de la société française Verney-Carron qui fabrique le Flash-ball, se désole. L’instance dirigée par Dominique Baudis recommande de «restreindre l’utilisation» de ce lanceur de balles de caoutchouc par les forces de l’ordre, s’interrogeant même sur «le maintien de cette arme en dotation, son imprécision rendant inutiles les conseils et interdictions d’utilisation théorique». D’après le rapport, le Flash-Ball et le lanceur de plus longue portée LBD 40X46 fabriqué par la firme suisse Brügger & Thomet ont provoqué des blessures graves ces dernières années.

Un état des lieux que contestent les dirigeants de Verney-Carron. «Le Flash-Ball est une arme sublétale conçue pour stopper un agresseur sans mettre sa vie en danger», martèle le président de la sociétés d’armes basée à Saint-Etienne. «Plus de 90 % des blessures causées par un lanceur de balles de défense le sont par le LBD 40×46. Avant l’arrivée sur le marché de cette nouvelle arme en 2009, le nombre de blessures dûes au Flash-Ball était inférieur à une dizaine sur 15 ans.»

Un procès «injuste» qui pèse sur les affaires

Inventé au début des années 1990 par Pierre Richert, le Flash-Ball avait été conçu pour le grand public. «Trop cher (environ 515 euros) et souvent pris pour un jouet, il n’a pas séduit les clients potentiels», rappelle Jean Verney-Carron. Très rapidement, en revanche, les forces de l’ordre s’y sont intéressées. Le Flash-Ball a compté le Venezuela, Macao, le Canada ou encore le Mexique parmi ses premiers clients. La France a passé sa première commande en 1995 pour doter certaines unités spécialisées de la police et de la gendarmerie. Aujourd’hui, les forces françaises disposent de plus de 4900 lanceurs Flash-Ball.

Selon le dirigeant, le procès du Flash-Ball est d’autant plus «injuste» qu’il intervient au moment où le fabricant développe de nouveaux projets. «Nous venons de mettre au point une nouvelle munition à énergie contrôlée et précision renforcée, que nous tenons à la disposition des autorités françaises», précise Jean Verney-Carron. Le groupe est également «en discussion» avec certaines collectivités pour équiper les forces locales. «Ce rapport nuit à notre image et met en danger notre activité, déjà malmenée par les critiques régulières et par les règlementations très strictes pour l’export». Sur les 4000 Flash-Ball produits chaque année, 80% sont expédiées à l’étranger.

Verney-Carron, qui fabrique surtout des fusils et carabines de chasse, ainsi que des accessoires en cuir et une ligne de textile et chaussures, emploie une centaine de personnes dans la région stéphanoise et mise gros sur le Flash-Ball. Avec un chiffre d’affaires de 4,3 millions d’euros fin 2012, le Flash-Ball pèse pour plus du tiers de l’activité globale du groupe (12,5 millions d’euros). »

L’entreprise Brügger & Thomet AG (B&T) a été créée en 1991. C’est une petite société basée à Thun d’environ 60 employés selon son site.

Alors cadeau pour les ouvriers de Verney-Carron à Saint-Étienne et pour ceux de Brügger & Thomet AG – immondes crapules qui vivez de la souffrance des autres, de la collaboration crasse avec les chiens de garde de cette société- pour vous, quelques belles images.

Attention les images qui suivent sont dures et pourraient avoir envie de vomir sur les forces de l’ordre ou sur ces enfoirés d’ouvriers qui les équipent…

Yann_ZoldanYann Zoldan, 26 ans, grièvement blessé par un tir policier le 21 avril à Toulouse, lors de l’évacuation de deux squats.

yoan ToulouseYoan,  grièvement blessé par un tir policier en marge de la manif interprofessionnelle. Novembre 2009, Toulouse.

Nassuir MayotteNassuir, 9 ans, blessé par un tir de flash-ball le 7 octobre 2011 en marge des manifestations contre la vie chère à Mayotte.

MarseilleGeoffrey, 15 ans, tout sauf un malfrat ou un trublion habituel, l’enquête l’a démontré – dont le crâne a été pulvérisé (de multiples fractures, des prothèses en titane nécessaires, un oeil perdu, le second menacé) par un tir tendu en pleine tête alors même que s’il manifestait, s’il avait commis le crime de déplacer deux poubelles, il n’avait aucune attitude agressive.

Lycéen éborgné à NantesPierre, lycéen, 16 ans, éborgné  avec une arme de type Flash-ball, lors d’une manifestation contre la loi Pécresse sur l’autonomie des universités, le 27 novembre 2007.

flashball-nantes-Emmanuel-DerrienEmmanuel, blessé par un tir de Flash-ball ou de LBD 40X46 au cours de la manifestation anti-NDDL de Nantes du 22 février

Nantes quentin 2Quentin, blessé par un tir de Flash-ball ou de LBD 40X46 au cours de la manifestation anti NDDL de Nantes du 22 février

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