Archives de catégorie : petite bibliothèque de textes

Réflexions sur l’abstentionnisme révolutionnaire (2002)

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L’anti-électoralisme anarchiste et ce que nous appelons l’abstention révolutionnaire, sont avec l’anti-étatisme, l’un des clivages essentiels qui distingue le courant libertaire des courants révolutionnaires issus du marxisme, hormis, les courants issus de la gauche communiste. Continuer la lecture

Etienne de La Boétie : Discours de la servitude volontaire (1549)

 » IL y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force et les derniers par succession de race. »

Statue de La Boétie à Sarlat

C’est un futur copain de Montaigne qui écrivait cela. Il avait 18 ans. On est très sérieux quand on a 18 ans et qu’on a du mal à digérer la brutalité de la répression  exercée par le représentant d’Henri II (le connétable de Montmorency) contre les paysans de Guyenne opposés à la Gabelle. En fait de révolte, il s’agissait plutôt de guerre paysanne (sans bonnets rouges) qui, à son apogée, dressa jusqu’à 10 000 hommes en armes contre les armées royales, le temps de l’été 1548.

« Pour être esclave, il faut que quelqu’un désire dominer et… qu’un autre accepte de servir ! »

Le mouvement anar doit certainement avoir un peu de l’adn de La Boétie dans ces veines…

Etienne de la Boétie : Discours de la servitude volontaire (1549)

 

UNE TOUTE PETITE HISTOIRE DE L’ANARCHISME… par Marianne Enckell

tableau de Carrà « Les funérailles de l’anarchiste Galli »

    En mai 68, lectrice, lecteur, étiez-vous seulement nés ? L’histoire de l’anarchisme ne commence pas dans l’insurrection étudiante et les grèves ouvrières de ce printemps-là, mais un siècle plus tôt, lorsque les ouvriers d’Europe et d’Amérique créaient leurs premières organisations, leurs premiers syndicats. Ou quand Proudhon revendiquait le mot : « Si c’est votre ordre qui règne, alors oui, je suis anarchiste ! »
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Une utopie réalisée [Quand l’Espagne révolutionnaire vivait en anarchie FRÉDÉRIC GOLDBRONN et FRANK MINTZ ]

Pour défendre l’ordre des choses, il suffit souvent de prétendre que toute tentative de s’en éloigner aurait débouché sur la tyrannie ou sur le chaos. L’histoire est riche d’exemples contraires, qui ont établi le caractère éternel de la révolte, de l’aspiration à la démocratie et à la solidarité. Pendant quelques mois, au moment de la guerre civile espagnole, certaines régions du pays défendirent ainsi un mode de gouvernement inédit, qui remettait à la fois en cause le pouvoir des possédants, des notables et des bureaucrates. Des historiens et des réalisateurs nous rappellent cette parenthèse livrée à l’utopie. Continuer la lecture