Archives de catégorie : nous, on aime bien…

Louis l’anARTIste

Cet article devait initialement paraître dans le Monde libertaire papier de Juillet Août. Malheureusement, grosse concurrence du rappel de la Révolution russe.

Alors, comme y a toujours une solution à trouver à chaque problème… Vous pouvez retrouver cet article sur le Monde libertaire en ligne.

 

Flashback : Années 1980, échange téléphonique avec une « pointure » en chansons francophones de qualité. La pluie, le beau temps, les radios libres, la Miterrandie et puis… « Tu connais Louis Arti ? Je crois que ça va te plaire… »
La discussion qui se poursuit, et dans ma tête la question existentielle ; à savoir : où trouver ce foutu stylo pour noter le nom cité… Louis Arti, avec ou sans « t » à la fin ?…
Années 1980 plus le temps de trouver la rondelle en vinyle et me voilà à écouter en boucle ce mec qui me fait aimer la mer, Bilit… moi qui ai horreur de la flotte humide. Un autre avait réussi ce tour de force, Léo Ferré avec La mémoire et la mer. Ce Louis Arti était de cette veine-là.
Deux autres 33T suivent, même qualité, mêmes fulgurances… Silence radio… Pas tout à fait, un courrier pour annoncer la création d’une association de soutien, un CD Le maladroit de l’homme proposé par correspondance, correspondance qui me livrera un livre magnifique à faire pleurer la plus rude des roches… El Halia, le sable d’El Halia, un autre CD Rue des quatre coins sorti dans la même discrétion… Ce mec résiste… « J’vois d’la rage sur la scène quand l’poème est rapide »…

Nous voilà maintenant… Louis Arti, un nouveau disque « On n’est pas né pour perdre« …

Rencontre d’un ancien mineur, humain majeur.

Bernard : Salut Louis, tu as deviné… je viens me faire offrir le café pour te voir et aussi pour que tu me parles de ton dernier opus… Continuer la lecture

L’éphémère d’une exposition : L’insecte à Uzès du 13 au 22 octobre.

Le mec, son domaine c’est la rue, la friche, la zone et ses maisons échouées. Il pose ses fresques comme pour laisser le lieu hurler de la poésie urbaine.

Et puis l’insecte, se la joue arachnide et tisse ses toiles, des chansons plein la tête.les-anarchistes

« Les anarchistes » Ferré 48 x 58 cm Continuer la lecture

les « intégrisses » version « Marius et Jeannette »

Dans son film sorti en 1997 « Marius et Jeanette », Robert Guédiguian aborde le sujet des intégristes.

Bon, y des trucs surprenants comme l’existence d’un dieu… Mais n’oublions pas que le personnage s’adresse à deux enfants qui croient peut-être au Père Noël comme ils croyaient précédemment à la petite souris…

une mine d’info sur les expériences autogestionnaires

« […] En attendant on trime tous comme des cons
Chacun fermé pour cause de production
On crève d’ennui entre deux élections
On crève de faim d’l’autre côté d’l’horizon

Il n’a qu’l’utopie qui allume l’horizon
Rien n’est plus poétique que l’autogestion. »

C’est du Philippe Val quand il était socialement vivant…

L’autogestion, c’est la pierre angulaire d’une société libertaire. Mais l’autogestion, ce n’est pas pour le grand soir qui n’en finit pas de se faire attendre… Des graines d’autogestion, il s’en sème aux quatre coins d’un monde au capitalisme recroquevillé.
Les graines germent, les utopies fleurissent, les certitudes libérales se referment en fanant.
Deux universitaires globe-trotters – Edith et Yan – ont fait un super boulot de collectage.
Alors chapeau bas.

Leur site c’est ici et pour plonger tout de suite au cœur des expériences autogestionnaires il faut juste cliquer ici

Spectacle à voir : Louis Arti lit « El Halia ». Malbosc

Louis Arti, c’est un mec bien. Je l’ai découvert début des années 80, France Inter, Foulquier. Une voix qui se pose comme une évidence, des textes qui s’accrochent aux neurones, mots ciselés par un joailler du verbe. Mais trop libre pour marcher dans le showbiz, même du pied gauche… Alors exit Arti, « Avec un label à la clé,  mon la se mettrait à gonfler. On dirait par tout le pays, le joueur de mots a trahi… »
Quelques années plus tard, je vous passe les détails, je tombe sur son livre « El Halia, le sable de El Halia ». Je l’ouvre, m’arrime à la première phrase – « Je suis né dans un pays. Qui n’est pas né dans un pays ? » – et oublie les escales jusqu’à la dernière page :

« […] J’étais cet enfant et je le suis encore. Du moins l’enfant resté en moi m’a donné des ordres. L’enfant qui a vu le massacre d’El Halia (*) n’a pas voulu fermer les yeux sur son passé. Il considère son regard comme un objectif d’appareil photo qui est resté ouvert… admettons que j’aie été dans un théâtre et que l’enfant se soit trouvé dans la salle. Je l’arrêtais quand son récit me plongeait dans des histoires que j’avais, depuis, élucidées pour lui. Je lui expliquais pourquoi le monde n’était plus le même et pourquoi il fallait néanmoins que ce monde nouveau apprenne ce que l’enfant avait vu, entendu…
Réunis tous les deux dans un théâtre, nous allions continuer à vivre par les mots. Notre histoire allait devenir de l’art, le public allait l’entendre. Nous allions refaire la troupe d’El Halia avec des artistes et avec des gens. Avec des sentiments aussi nombreux que les grains de sable d’El Halia. »

Et ce spectacle existe…

EL Halia, lecture théâtrale

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Pour retrouver l’homme et l’enfant… Vendredi 17 avril à 19 heures à Malbosc ( 18 km de virages entre les Vans et Le Gard). Entrées au chapeau

Pourquoi cette pub ? Parce que Louis Arti est un mec bien qui a dit : « Quand au pouvoir, c’est une écharde, une maladie dont il faudrait se débarrasser. »

Biscotte

(*) Le 20 août 1955, une insurrection a secoué l’ensemble du Constantinois, au cours de laquelle deux massacres d’Européens ont été perpétrés par des émeutiers : l’un à El Halia, petite agglomération minière où 35 personnes ont été tuées, l’autre au sein d’une famille d’Aïn Abid où 7 personnes ont été tuées. L’estimation globale du gouvernement général est de 123 tués : 31 militaires, 71 civils européens et 21 Algériens. Les représailles qui se sont abattues sur la population algérienne de la région, à partir du 20 août, ont été terribles. La violence, extrême et générale, a duré des semaines ; le nombre de victimes algériennes, hommes, femmes et enfants, n’est pas connu avec précision mais dépasserait 7 500.     ( Marie Chominot historienne sur http://culturevisuelle.org/histoiredimages/archives/5 )

Parmi les victimes d’El Halia, un boulanger, le père de Louis Arti.

« L’an 01 », 42 balais et pas une ride… ou presque.

Lan-01Rajouté dans la vidéothèque, « l’an 01 » film de Jacques Doillon, Gébé (parce que le film est tiré d’une de ses bédés éponyme), Alain Resnais (pour la partie américaine) et Jean Rouch (pour l’épisode en Afrique, Jean Rouch étant un pro des films ethnographiques en Afrique en particulier chez les Dogons du Mali).

Bien que sorti en 1973, ce film est toujours d’actualité…