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Spectacle à voir : Louis Arti lit « El Halia ». Les Vans

Louis Arti, c’est un mec bien. Je l’ai découvert début des années 80, France Inter, Foulquier. Une voix qui se pose comme une évidence, des textes qui s’accrochent aux neurones, mots ciselés par un joailler du verbe. Mais trop libre pour marcher dans le showbiz, même du pied gauche… Alors exit Arti, « Avec un label à la clé,  mon la se mettrait à gonfler. On dirait par tout le pays, le joueur de mots a trahi… »
Quelques années plus tard, je vous passe les détails, je tombe sur son livre « El Halia, le sable de El Halia ». Je l’ouvre, m’arrime à la première phrase – « Je suis né dans un pays. Qui n’est pas né dans un pays ? » – et oublie les escales jusqu’à la dernière page :

« […] J’étais cet enfant et je le suis encore. Du moins l’enfant resté en moi m’a donné des ordres. L’enfant qui a vu le massacre d’El Halia (*) n’a pas voulu fermer les yeux sur son passé. Il considère son regard comme un objectif d’appareil photo qui est resté ouvert… admettons que j’aie été dans un théâtre et que l’enfant se soit trouvé dans la salle. Je l’arrêtais quand son récit me plongeait dans des histoires que j’avais, depuis, élucidées pour lui. Je lui expliquais pourquoi le monde n’était plus le même et pourquoi il fallait néanmoins que ce monde nouveau apprenne ce que l’enfant avait vu, entendu…
Réunis tous les deux dans un théâtre, nous allions continuer à vivre par les mots. Notre histoire allait devenir de l’art, le public allait l’entendre. Nous allions refaire la troupe d’El Halia avec des artistes et avec des gens. Avec des sentiments aussi nombreux que les grains de sable d’El Halia. »

Et ce spectacle existe…

EL Halia, lecture théâtrale

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Pour retrouver l’homme et l’enfant… Vendredi 9 novembre à 20h30 à « Graines de rencontres » Place des Masseguisses Les Vans.

Pourquoi cette pub ? Parce que Louis Arti est un mec bien qui a dit : « Quand au pouvoir, c’est une écharde, une maladie dont il faudrait se débarrasser. »

Biscotte

(*) Le 20 août 1955, une insurrection a secoué l’ensemble du Constantinois, au cours de laquelle deux massacres d’Européens ont été perpétrés par des émeutiers : l’un à El Halia, petite agglomération minière où 35 personnes ont été tuées, l’autre au sein d’une famille d’Aïn Abid où 7 personnes ont été tuées. L’estimation globale du gouvernement général est de 123 tués : 31 militaires, 71 civils européens et 21 Algériens. Les représailles qui se sont abattues sur la population algérienne de la région, à partir du 20 août, ont été terribles. La violence, extrême et générale, a duré des semaines ; le nombre de victimes algériennes, hommes, femmes et enfants, n’est pas connu avec précision mais dépasserait 7 500.     ( Marie Chominot historienne sur http://culturevisuelle.org/histoiredimages/archives/5 )

Parmi les victimes d’El Halia, un boulanger, le père de Louis Arti.

rendez-vous avec Lecoin

« EH, P’tit Louis, t’en penses quoi de ce retour du service national ? »

P’tit Louis, c’est Louis Lecoin. « […] Le 1er juin 1962, soutenu par Le Canard enchaîné, Louis Lecoin entama une grève de la faim. Le 15 juin il fut admis de force à l’hôpital Bichat. Le soir même, 28 objecteurs étaient libérés. Louis Lecoin obtint finalement le 22 juin la promesse de l’examen du statut d’objecteur en Conseil des ministres et quitta l’hôpital le 5 juillet. Il fallut néanmoins une nouvelle mobilisation en février et mars 1963, dont une pétition de personnalités, pour que le projet soit effectivement étudié durant l’été 1963. Lecoin menaça de reprendre sa grève de la faim et le statut, amendé, fut adopté le 22 décembre 1963 à l’Assemblée nationale. Le lendemain, tous les objecteurs de conscience étaient libérés. […] » lu ici

En savoir plus sur Louis Lecoin, sur le service national  ?

RENDEZ-VOUS MARDI 21/08 à 18h30

au laboratoire anarchiste 8 place st-jean à Valence

1er mai Aubenas 10h manif intersyndicale et après « pique-nique festif » de la CNT

Pour la manif, rien à rajouter.

Pour le pique-nique festif de la CNT, place du château, on sort les plats des sacs et on partage. On sort les idées des tronches et on discute.

Y aura même de la musique avec Louis ARTI dont on vous a déjà parlé (Louis l’anARTIste, trouvable en se servant du truc de recherche), Manbouss, René Rouzet, « guitare & plume », Batucata Bamahia. Tous présents gracieusement en solidarité.

Alors, la révolution ? On se fait une bouffe et on en discute.

Quand le présent ravive le passé : Mexique, USA et les pauvres bougres…

Janvier 1948, juste 70 ans, un avion se plante dans le  canyon de Los Gatos à 20 miles à l’ouest de Coalinga (Comté de Fresno).  32 passagers, 32 morts… 32 morts : les 4 membres de l’équipage du Douglas et… 28 travailleuses et travailleurs mexicain.e.s là parce qu’expulsé.e.s par les Étasuniens.

A la radio, dans la presse écrite, on trouve le nom des 3 membres de l’équipage et du garde à l’imigration. Pour les 28 autres victimes du crash il est juste mentionné qu’il ne s’agissait que d’expulsés. « Deportees »… On en rajoute une couche : les 28 victimes sans nom eurent des obsèques collectives dans le cimetière catho de Fresno, une plaque fut posée avec cette inscription : « 28 citoyens mexicains  mortes dans l’accident d’avion à côté de Coalinga, Californie, le 28 janvier 1948. R.I.P  »

Toujours aucun nom…

Le folk singer Woody Guthrie – celui qui avait inscrit sur sa guitare « cette machine tue les fascistes » – écrivit un poème pour protester contre l’anonymat donné aux victimes mexicaines. En 1957, le poème devint une protest song que Woody chanta et qui fut vite reprise par, entre autres, Pete Seeger, Bob Dylan, Dolly Parton, Johnny Cash, Joan Baez, Bruce Springsteen… En 2010, après de longues recherches, un poète californien Tim Z. Hernandez retrouve les 28 noms effacés. Associé avec le musicos Lance Canales, il donne alors une nouvelle version à la chanson de Woody Gutrhie.

2018, 70 ans après le crash, le gus  qui a posé son cul sur le trône de la Maison Blanche relance l’idée de ce mur entre le Mexique et les États-Unis. En faisant payer le Mexique…

Dans l’avion, il y avait :         Miguel Negrete Álvarez, Tomás Aviña de Gracia, Francisco Dúran Llamas, Santiago Elizondo Garcia, Rosalio Padilla Estrada, Tomás Márquez Padilla, Bernabé Garcia López, Salvador Hernández Sandoval, Severo Lára Medina, Elias Macias Trujillo, José Macias Rodriguez, Luis Medina López, Manuel Merino Calderón, Luis Miranda Cuevas, Martin Razo Navarro, Ignacio Navarro Pérez, Román Ochoa Ochoa, Ramon Paredes Gonzalez, Guadalupe Ramirez Lára, Apolonio Placencia Ramirez, Alberto Carlos Raygoza,  Guadalupe Rodriguez, Maria Rodriguez Santana, Juan Ruiz Valenzuela, Wenceslao Ruiz Flores, Jóse Valdivia Sánchez, Jésus Santos Meza, Baldomero Marcos Torres.

et quatre « déporteurs » étasuniens…

 

Carte postale de par ici.

Moi, le matin quand je me regarde dans un miroir, quand je me mets à réfléchir avec lui… je me trouve une tête de bavure. C’est plus fort que moi.

Alors, quand je déambule sur la voie publique, c’est épidermique, la présence de nobles représentants des forces d’un ordre ne me rassure pas du tout. Difficile de se sentir en sécurité avec des gus arme à la bretelle. Et puis, sûr que nous ne sommes pas dans le même camp… Continuer la lecture

Vals avec un seul « l »…

Août 1917, les travailleurs espagnols se lancent dans une grève générale… Parmi eux, un jeune ouvrier mécanicien prône l’insurrection ouvrière et le sabotage. La grève générale est réprimée dans un bain de sang. Au sein de l’UGT (Union General de Trabajadores), on a pas vraiment l’esprit révolutionnaire : le jeune mécano est viré alors que les soldats le recherchent… Il vient alors se réfugier en France. Buenaventura Durruti, puisqu’il s’agit de lui, est accueilli par les anars. Il rencontre Sébastien Faure, Louis Lecoin, des membres de la CNT en exil et trouve le temps d’un air de guitare à Vals (avec un seul « l »)-les-Bains dans le sud ardéchois… Continuer la lecture

ça presse contre le « Midi Libre »

Lui, c’est un auteur multiplumes. En face, c’est l’artillerie lourde de la presse quotidienne régionale du sud. Lui, c’est un mec libre. En face, c’est une presse aussi « libre » que la dernière lessive est « révolutionnaire ». Alors, quand Joseph Kacem nous envoie un texte… Sûr qu’on va le mettre et le faire circuler… Continuer la lecture