Archives de catégorie : l’actualité du passé

Quand le présent ravive le passé : Mexique, USA et les pauvres bougres…

Janvier 1948, juste 70 ans, un avion se plante dans le  canyon de Los Gatos à 20 miles à l’ouest de Coalinga (Comté de Fresno).  32 passagers, 32 morts… 32 morts : les 4 membres de l’équipage du Douglas et… 28 travailleuses et travailleurs mexicain.e.s là parce qu’expulsé.e.s par les Étasuniens.

A la radio, dans la presse écrite, on trouve le nom des 3 membres de l’équipage et du garde à l’imigration. Pour les 28 autres victimes du crash il est juste mentionné qu’il ne s’agissait que d’expulsés. « Deportees »… On en rajoute une couche : les 28 victimes sans nom eurent des obsèques collectives dans le cimetière catho de Fresno, une plaque fut posée avec cette inscription : « 28 citoyens mexicains  mortes dans l’accident d’avion à côté de Coalinga, Californie, le 28 janvier 1948. R.I.P  »

Toujours aucun nom…

Le folk singer Woody Guthrie – celui qui avait inscrit sur sa guitare « cette machine tue les fascistes » – écrivit un poème pour protester contre l’anonymat donné aux victimes mexicaines. En 1957, le poème devint une protest song que Woody chanta et qui fut vite reprise par, entre autres, Pete Seeger, Bob Dylan, Dolly Parton, Johnny Cash, Joan Baez, Bruce Springsteen… En 2010, après de longues recherches, un poète californien Tim Z. Hernandez retrouve les 28 noms effacés. Associé avec le musicos Lance Canales, il donne alors une nouvelle version à la chanson de Woody Gutrhie.

2018, 70 ans après le crash, le gus  qui a posé son cul sur le trône de la Maison Blanche relance l’idée de ce mur entre le Mexique et les États-Unis. En faisant payer le Mexique…

Dans l’avion, il y avait :         Miguel Negrete Álvarez, Tomás Aviña de Gracia, Francisco Dúran Llamas, Santiago Elizondo Garcia, Rosalio Padilla Estrada, Tomás Márquez Padilla, Bernabé Garcia López, Salvador Hernández Sandoval, Severo Lára Medina, Elias Macias Trujillo, José Macias Rodriguez, Luis Medina López, Manuel Merino Calderón, Luis Miranda Cuevas, Martin Razo Navarro, Ignacio Navarro Pérez, Román Ochoa Ochoa, Ramon Paredes Gonzalez, Guadalupe Ramirez Lára, Apolonio Placencia Ramirez, Alberto Carlos Raygoza,  Guadalupe Rodriguez, Maria Rodriguez Santana, Juan Ruiz Valenzuela, Wenceslao Ruiz Flores, Jóse Valdivia Sánchez, Jésus Santos Meza, Baldomero Marcos Torres.

et quatre « déporteurs » étasuniens…

 

Barcelone, mai 37, l’hallali de la révolution.

Été dernier, je commettais un texte pour le Monde libertaire papier. J’y faisais le parallèle entre l’attaque à Lille du local de la CNT par la police aux ordres d’un gouvernement socialiste et l’attaque du central téléphonique de Barcelone en mai 37.

Si vous voulez lire ou relire le texte, il est ici : http://www.aubanar.lautre.net/lassaut/

Pour en savoir plus sur les journées de mai 37 :

et pour voir ou revoir cette journée d’avril 2016 à Lille : http://www.aubanar.lautre.net/lille-saccage-dun-local-syndical-par-la-police/

bernard

 

Origines anarchistes du 1er mai : une journée internationale de luttes des travailleurs

Les années 1880 sont marquées outre-Atlantique par l’essor des luttes ouvrières. Pas étonnant puisque les États-Unis sont mis en coupe réglée par les « robbers barons », les barons voleurs, ces hommes d’affaires comme Vanderbilt, Carnegie, Rockefeller ou J.P. Morgan, qui sont en train de se bâtir des fortunes colossales dans l’industrie, les affaires et les finances. Des barons voleurs qui se fichent comme d’une guigne du droit du travail… et de la vie des travailleurs tout court. Continuer la lecture

Histoire du syndicalisme d’action directe (avril 2015)

Le 9 avril prochain nous serons des milliards dans la rue, selon les chiffres de la police. Alors misons sur un peu plus… Bien présents dans la foule, quelques millions d’anarcho-syndicalistes et autant de syndicalistes révolutionnaires. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Continuer la lecture

des fraises et du sang (septembre 2014)

L'usine saccagée et incendiée par les ouvriers.

L’usine saccagée et incendiée par les ouvriers.

18 juillet 1904, Cluses cité horlogère de Haute-Savoie. D’un côté, y a la plus grande fabrique de la vallée tenue par une famille. En face, y a l’aboutissement de deux mois de grève : une belle et grosse manifestation d’ouvriers venant en découdre avec ce patron droit dans ses bottes depuis le licenciement abusif de 7 ouvriers.

La manif arrive à l’usine. Des fenêtres supérieures, les fils du patron font un carton : 3 morts et une cinquantaine de blessés. Ils seront condamnés par un jury populaire à un an de prison ferme.

Les ouvriers en colère incendient et mettent à sac les ateliers. Ils seront acquittés par le même jury populaire. Continuer la lecture