Archives de catégorie : Interventions publiques du groupe

11 novembre 2018, thème « les civils »

Bonjour à toutes et tous et réciproquement

11 novembre 1918, y a un siècle… La der des ders… Quatre ans de monstruosités stoppés par une signature au bas d’une feuille de papier. La der des ders… finis, terminés les conflits. La der des ders qu’ils disaient. Y a un siècle, on pourrait peut-être prendre une bouteille et sabrer le champagne ? Non, pas sabrer, surtout pas… Terminés les conflits, la der des ders qu’ils disaient. Ça vaut bien un petit banquet, un goûter des généraux à la Boris Vian. Vian qui a dit « Le jour où personne ne reviendra d’une guerre, c’est qu’elle aura été bien faite. »

Cette phrase de Boris Vian nous ramène à une époque révolue. Le temps où les guerres ne tuaient que des militaires. Puis, avec le temps, les guerres se mirent à tuer aussi quelques civils.

De nos jours les guerres tuent essentiellement des civils, beaucoup de civils, énormément de civils.

Les civils, ça s’agresse, ça se bombarde, ça se mutile, ça se déchiquette, ça se tue, ça se massacre ça se viole, ça s’opprime, ça s’expulse, ça se déporte, ça se perd dans l’itinérance mémorielle.

Les civils ça se recouvre d’un uniforme pour aller tuer d’autres civils.

11 novembre 1918, chaque village se met à compter, trier : les bons morts qui auront leur place sur un monument à leur honneur comme celui des Vans* inauguré le dimanche 10 avril 1921 en présence d’un certain Philippe Pétain, les mauvais morts qu’il faut vite oublier parce que fauchés par des pelotons d’exécutions et puis tous ces morts qui n’ont droit à rien parce qu’enfants, femmes vieillards, simplement civils et inoffensifs.

Pas de flamme du civil inconnu, pas de discours pour les 300 000 civils français morts durant la première boucherie. Ce n’est pas grave puisqu’un hommage est rendu aux maréchaux. Ces maréchaux qui étaient bien planqués loin du front. Ces maréchaux qui envoyaient les civils recouvert d’un uniforme se faire trouer la peau pour un bout de terre.

Itinérance mémorielle, cérémonies, goûter des généraux.

Bon appétit Messieurs, ô sinistres intègres.  Chiffres révélés vendredi 2 novembre dans le cadre d’une conférence de presse qui se tenait à Amman en Jordanie, par le directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord : Au Yémen, un enfant meurt toutes les 10 minutes à cause des maladies, et de la malnutrition. Et pour ceux qui en réchappent…

Bon appétit Messieurs, ô cyniques intégraux. Pour ceux qui en réchappent, il y aura peut-être des bombes saoudiennes vendues par la France. La France qui fournit également au régime de Ryad des roquettes, des blindés, des canons, des fusils de sniper et autres mécaniques mortifères. Le régime de Ryad n’étant pas le seul client de l’industrie de mort française.

11 novembre 1918, y a un siècle, la der des der. Aujourd’hui, grande Halle de la Villette, Forum sur la paix. Une soixantaine de maîtres du monde. Et pendant ce temps meurent des civils qui n’ont pas été mis au courant que le 11 novembre 1918, y a un siècle… la der des der, promis juré, craché… gerbé…

A bas toutes les armées, à bas tous les Etats trafiquants d’armes, à bas toutes les usines d’armement et à bas tous les emplois qui y sont liés.

* Les Vans, commune ardéchoise à 15 km de Joyeuse

11 novembre 2017, intervention à Joyeuse « des tas d’urgences »

Bonjour à toutes et tous et réciproquement,

Sur les monuments aux morts, Il n’y a toujours pas le nom des victimes civiles de toutes ces boucheries. Les civils ne comptent pas, les civils subissent, les civils meurent dans l’oubli.

Les monuments aux morts ne portent pas le nom des pauvres bougres assassinés par la justice militaire. 953 soldats français fusillés entre 1914 et 1918, dont 639 pour désobéissance militaire, 140 pour des faits de droit commun, 127 pour espionnage et 47 pour motifs inconnus. Continuer la lecture

11 novembre 2016, intervention à Joyeuse (Thème que dira-t-on de «Nous» ?)

Bonjour à toutes et tous et réciproquement

11 novembre, une fois de plus, nous sommes là à nous souvenir. A replonger au cœur de la première grande boucherie industrielle. Nous sommes là, un siècle plus tard, à citer un tel ou un tel, à analyser, peser, juger le comportement d’individus qui vivaient inconscients une situation sans commune conscience. Continuer la lecture

11 novembre 2015, intervention à Joyeuse (Thème « exodes »)

Il n’y a pas de noms de victimes civiles sur le monument aux morts…. Bonjour à toutes et tous et réciproquement…

Gordes, que ferons-nous ? Aurons-nous point la paix ?
Aurons-nous point la paix quelquefois sur la terre ?
Sur la terre aurons-nous si longuement la guerre,
La guerre qui au peuple est un si pesant faix ? (…)

exode 14Première guerre mondiale, des millions de civils sur les routes, dans les trains pour fuir la guerre et son monstrueux lot de destructions de villages, de viols, de déportations, de fusillades arbitraires (entre 5 500 et 6 500 Belges et Français abattus sommairement). Plus de 12 millions d’Européens se trouveront à un moment donné amenés à fuir la guerre, à devenir des « réfugiés ». Continuer la lecture

11 novembre 2013 Intervention à Joyeuse (thème : la réhabilitation)

Bonjour à toutes et tous et réciproquement
Le Groupe d’Aubenas de la Fédération Anarchiste a souhaité se joindre une fois encore à ce rassemblement pacifiste de Joyeuse.

11 novembre 1913, la France vivait une journée d’automne normale avec ses joies et ses peines. Un petit Maurice Grimaud voyait le jour à Annonay sans savoir qu’il deviendrait un jour le préfet de police de mai 68. De nombreux, de trop nombreux hommes pleins de vie vaquaient à leurs occupations sans savoir que, dans la grande boucherie qui allait vite jeter un linceul sur l’Europe, ils auraient face à eux la gueule béante des canons d’un peloton d’exécution. Continuer la lecture

11 novembre 2012 Intervention à Joyeuse (thème : le 14 juillet)

Le 11 novembre 1918 était signé la fin de la grande boucherie, les industriels des deux camps s’étant suffisamment engraissés. Dans chaque village, dans chaque famille les dividendes étaient de larmes et de sang.
Le 14 juillet 1919 le défilé traditionnel céda la place à un défilé de la victoire avec en tête 1000 mutilés à pieds pour ceux qui en avaient encore. Continuer la lecture

11 novembre 2011 Intervention à Joyeuse (thème : le salariat)

En cette journée de souvenance de la grande boucherie de 14 18, il n’est pas inutile de rappeler que derrière l’alibi patriotique et revanchard issu de la défaite de 1870, derrière l’alibi de la République contre l’Empire du Kaiser se terrait le capitalisme. Début mai 2011, le dernier combattant de 14 18 s’éteignait à 110 ans. Mais le capitalisme lui est toujours vivant. Et tant que le capitalisme existera, la guerre existera : guerre pour le pétrole, guerre pour le cacao, guerre pour l’eau, guerre pour le gaz de schiste…

Le capitalisme est vivant mais en crise.
Quand le Capitalisme prend froid, ce sont les pauvres qui toussent… Continuer la lecture

11 novembre 2010 Intervention à Joyeuse (thème : les ouvriers)

Port-Fontenoy, dans l’Aisne, le 12 décembre 1914, Léonard Leymarie, cultivateur dans la vie libre, se retrouve face à 12 canons de fusil Lebel modèle 1886-93. Il vient d’être condamné à mort par le Conseil de guerre spécial de la 63e division d’infanterie pour « mutilation volontaire » alors qu’il avait été blessé à la main à son poste de guet. Continuer la lecture

11 novembre 2009 Intervention à Joyeuse (thème : le patriotisme)

Le groupe d’Aubenas de la Fédération Anarchiste a tenu à être, une fois de plus, présent à ce rassemblement au monument pacifiste de Joyeuse.
Oui, il faut réhabiliter les pauvres bougres fusillés pour l’exemple.
Oui, il faut nous souvenir de l’inhumanité de leur vie au front…
Mais combien parmi eux étaient partis la fleur au fusil ? Combien de familles heureuses sur les quais de gare ?
Ils n’étaient pas contre la Guerre, ils étaient contre cette guerre dans ces conditions.
Combien de prolos étaient partis pour blesser, estropier, tuer des prolos d’en face ? Continuer la lecture