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Louis l’anARTIste

Cet article devait initialement paraître dans le Monde libertaire papier de Juillet Août. Malheureusement, grosse concurrence du rappel de la Révolution russe.

Alors, comme y a toujours une solution à trouver à chaque problème… Vous pouvez retrouver cet article sur le Monde libertaire en ligne.

 

Flashback : Années 1980, échange téléphonique avec une « pointure » en chansons francophones de qualité. La pluie, le beau temps, les radios libres, la Miterrandie et puis… « Tu connais Louis Arti ? Je crois que ça va te plaire… »
La discussion qui se poursuit, et dans ma tête la question existentielle ; à savoir : où trouver ce foutu stylo pour noter le nom cité… Louis Arti, avec ou sans « t » à la fin ?…
Années 1980 plus le temps de trouver la rondelle en vinyle et me voilà à écouter en boucle ce mec qui me fait aimer la mer, Bilit… moi qui ai horreur de la flotte humide. Un autre avait réussi ce tour de force, Léo Ferré avec La mémoire et la mer. Ce Louis Arti était de cette veine-là.
Deux autres 33T suivent, même qualité, mêmes fulgurances… Silence radio… Pas tout à fait, un courrier pour annoncer la création d’une association de soutien, un CD Le maladroit de l’homme proposé par correspondance, correspondance qui me livrera un livre magnifique à faire pleurer la plus rude des roches… El Halia, le sable d’El Halia, un autre CD Rue des quatre coins sorti dans la même discrétion… Ce mec résiste… « J’vois d’la rage sur la scène quand l’poème est rapide »…

Nous voilà maintenant… Louis Arti, un nouveau disque « On n’est pas né pour perdre« …

Rencontre d’un ancien mineur, humain majeur.

Bernard : Salut Louis, tu as deviné… je viens me faire offrir le café pour te voir et aussi pour que tu me parles de ton dernier opus…

Louis Arti : Au cours de l’année 2013, mon vieil ami et neveu, Michel Gaudioso, me fait part – après s’être sorti d’une importante opération – de sa disponibilité professionnelle. Pour combler une partie de son temps libre, il me propose généreusement d’exécuter quelques arrangements à la guitare sur des chansons enregistrées, pour le label EPIC-CBS, dans les années 80. Son travail est convaincant et, à la fois, talentueux. Dès lors, nous décidons d’œuvrer ensemble afin de monter un répertoire de concert. Nous donnons donc sous le titre « Tout en mains » notre première prestation sur la scène (improvisée) de la Galerie 13 d’Ille sur Têt – salle près de Perpignan où le peintre André Robèr a installé son atelier. Le local qu’il met généreusement à notre service rassemble, ce soir-là, un public divers qui non seulement sort ravi, mais prend rendez-vous pour l’année suivante, afin d’assister à une autre expérience. Ainsi, d’un concert à l’autre, nous composons un répertoire interchangeable où de nouvelles chansons remplacent les œuvres d’EPIC-CBS, jusqu’à ce qu’une liste complète de compositions inédites, soient présentées au public. Astucieusement, Michel et moi réalisons en répétition comme sur scène – jusqu’à mai 2016, trois ans après nos débuts – les arrangements du disque qu’on va enregistrer sous le titre On n’est pas né pour perdre. Notre souhait de jouer avec un excellent bassiste se réalise grâce à mon vieux compagnon de scène, Pascal Lovergne (Pièce de théâtre Tête de pluie et trio « Musique pour un sac de café bleu »), qui se joint à nous avec enthousiasme.

Pour trouver les quelque cinq mille euros de la production, deux solutions se présentent d’office : la souscription et la vente en ligne d’une trentaine de mes nouveaux tableaux. C’est un succès spontané ! Je ne remercierais jamais assez ces trois cent personnes qui, dans la foulée, ont soutenu ce projet en complémentarité avec l’Association Louis Arti Créations. D’ailleurs, avec le même amour, me sont revenus des échos et des lettres au sujet de la qualité du CD. Alors que, depuis, des radios les ont rejoints pour le passer dans l’Hexagone (dont France Inter).

B. : On n’est pas né pour perdre… Tu sembles répondre à un Monsieur Lambda fataliste et tu appelles à la résistance des individus. Tu connaissais déjà le scénario des présidentielles en écrivant ce texte ?

L.A. :Non. La chanson a été écrite dans les années 2002-2003 – elle a une quinzaine d’années maintenant. Je pense que l’espoir est une fatalité et, fatalement, je vis entre l’angoisse et l’espoir. Le « scénario des présidentielles de 2017 » raisonne avec la pensée de ma chanson, mais, hélas, ce n’est pas un accident. Les thèmes qui sont évoqués dans ce texte (les forêts, les droits, les semences, les malades, les soignants, la civilisation, le passé, les étrangers, les métiers…), m’obsèdent. Nous avons atteint un degré d’inconscience grave vis à vis du capital.

Si je compare les aristocrates aux bourgeois, je constate que les seigneurs ont laissé à leurs descendants un monde sain, riche et en parfait état de marche – grâce à nous, bien entendu… Alors que, une attitude nouvelle fait rage dans l’histoire des humains dominants d’aujourd’hui – les banquiers, les milliardaires, les dictateurs… La bourgeoisie dans toute sa laideur ne veut pas prendre conscience que son égoïsme s’est doté d’une pathologie grave quant à l’appartenance à l’agent argent. Tout sera détruit par les pesticides, les hydrocarbures, l’effet de serre, les guerres ; et les gâchis nombreux dans l’industrie pharmaceutique et alimentaire. Les héritiers des multinationales d’aujourd’hui n’auront que des numéros de comptes bancaires, de grands buildings et de l’or. Ils n’auront plus qu’à se faire sculpter des arbres pour leur faire de l’ombre, jusqu’à ce que la fumée atomique ne fasse périr ce petit monde avec ses nausées au césium…

B. : Et puis il y a « Femme Femmes »… texte d’amour aux femmes où tu fustiges la connerie des hommes comme « (…) le haineux religieux qui veut qu’elle soit masquée, les iris sans jardin (…) »…

L.A : La femme, dans mon imaginaire d’enfant et, plus tard, d’adolescent mâle, s’est toujours représentée sous deux formes : la poésie et la volonté. J’ai toujours pensé que, parmi les personnes qui m’ont guidé – dans le bien comme dans le mal ; me formant à la vie –, deux personnes m’auront, néanmoins, appris à vivre : ma mère et l’ange de ma vie, Jacqueline. Toute cette évolution a agi en France, principalement, où j’ai pu vivre librement mes expériences. J’en profite pour remercier mes parents et les millions de personnes qui, depuis 1936, se sont battues contre les patrons et les nazis pour que je puisse réaliser mes projets. Quant à ma famille, je rajoute que même si j’ai grandi entouré de chrétiens, on ne m’a jamais obligé à me soumettre à aucun dogme – ou à aller à la messe par obligation. Alors que, après 1968, je me détachais enfin de ma cité ouvrière pour entrer dans le « monde des idées », personne ne me reprocha de chanter des chansons différentes de celles qui avaient bercé ma jeunesse à la radio. J’étonnais, certes, mais secrètement je plaisais.

B. :« Lampedusa 2013…. », Tu vas sûrement trouver la digression douteuse mais l’image de ces humains échoués sur les plages italiennes m’amène à te parler de ton spectacle sur Pier Paolo Pasolini assassiné sur la plage romaine d’Ostie…

L.A. : Celles et ceux qui n’ont pas, au fond de leur mémoire, la « culture de l’immigration », sont des êtres qui se sont démunis de la force, tragique mais tonifiante, qu’est l’exil. S’il y a effacement de telle expérience, il y a mensonge et, obligatoirement, usurpation de sa propre identité de terrien ancestral. Ton rapprochement, cher Bernard, entre l’assassinat de Pier Paolo sur une plage et le naufrage de toutes ces personnes sur d’autres plages voisines, est juste. Celles et ceux de Lampedusa sont des êtres assassinés… Adultes, vieux, enfants, tous fuyant la mort qu’on vient de leur planter dans le dos. Qu’ils sombrent dans le fond de cette mer si symbolique pour nous méditerranéens, ou qu’ils en accostent indemnes, ils seront toujours blessés. Observons-les : ils ont tous, dans le regard, l’étincelle brûlée de Pier Paolo.
Quant à la pièce que j’ai montée en mars 2016 sur les poèmes de Pasolini, elle n’a été jouée qu’une seule fois dans une salle comble à Metz, Moselle. Malheureusement, ce théâtre-là n’est plus « à la mode » pour les programmateurs de pièces plutôt classiques que politiques. J’aurais, pourtant, travaillé plus de quatre mois – presque nuit et jour – pour lire, choisir, monter, écrire la musique (avec la complicité de Michel Gaudioso) et interpréter ces textes de très grande valeur.

B. :Retour au disque, « En face on s’aimait »… Ce bain multiracial, en face de quoi ? En face de qui ?

L.A. : Il s’agit d’une « fable réelle » où Behren cité devint un lieu si révolutionnaire par la complicité qui s’échange entre les habitants de tous cultes et de tous athéismes, que l’un d’eux va s’écrier un jour : « On avait changé le monde, mais on le savait pas ». De ce fait, « En face on s’aimait » devant tout ce qui se dressait (dans les années 60) face aux treize mille de la cité… On s’aimait devant les restes de l’empire austro-hongrois et vis à vis du défunt IIIe Reich (Behren cité se trouve contre les reins de l’Allemagne)… En face, surtout, de « l’Empire des seigneurs H, B et L » (alias Houillères du Bassin de Lorraine).
La cité – telle qu’on la nomme et la vénère encore aujourd’hui -, devint un temple sans Dieu, sans patrie, sans nom ; si ce n’est « En face » devant les autochtones prétendument propriétaires des lieux parce qu’ils arrivèrent avant nous sur le site… Et qui finirent par nous accepter dans nos diversités ethniques, philologiques et novatrices.

B. : « La guerre tue pas la guerre, l’armée tue les civils » … Mais seuls dans la mémoire officielle de nos monuments aux morts, les militaires…

L.A : Je pense que cette chanson est la base de toute mon histoire. D’ailleurs, celles et ceux qui ont lu mon premier roman sur El Halia, comprennent ma démarche – moi qui ai vécu le massacre de mon village et l’assassinat de mon père, alors que j’avais dix ans. J’aime beaucoup la forme du texte qui met l’horreur de la guerre violente en opposition aux « doigts de verre » d’un grand artiste représentant la paix : Michel Petrucciani. Pascal Lovergne, à la basse, joue un lamento contrepuntal qui donne cette forme libre et innovante où la mélodie semble étrangère comme une dévote derrière l’ombre d’un remord. Dans cette complicité informelle, la pensée est entraînée par cette voie de basse qui groove ingénieusement une forme d’éternité.

B. : Tu refermes ton disque avec une pensée solidaire pour les gens dehors. On est loin des amoureux des bancs publics… Ta chanson fait plutôt penser aux bancs en cage d’Angoulême fin 2014…

L.A. : Là aussi, les éléments se confrontent et activent le texte dans une dualité de thèmes. J’aime bien opposer les idées dans une chanson, plutôt que développer un sujet. Pour en revenir à Pier Paolo, c’est en lisant sa poésie, dernièrement, que je me suis aperçu de la fratrie qui me liait à lui, depuis longtemps. J’ai très vite compris, suite à mes débuts, qu’il fallait de nombreux événements dans une chanson (comme dans la musique). Imitant un bateau qui quitte un port banal pour nous faire vivre un voyage, à la fois magnifique et terrifiant (lire ou relire Moby Dick de Melville)… Des voix dans la tempête : – Je vous demande, Monsieur, c’est dur de vivre dehors ? Et vous me répondez : – Non, moi je vis dedans… Dans « La paix est seule », le voyage est symbolisé par toute cette hypocrisie bourgeoise qui nous tue et nous salit avec sa publicité artificielle… Tout ça pour, finalement, nous empêcher de nous endormir pour toujours sur un banc. Alors que, tel un « jugement mystique » les « Dieux de l’atome » vont s’abattre autant sur le clochard que sur le bureau du maire qui a interdit les bancs aux gueux. Autre voix, celle des rats : « Après le Big Bang, la paix s’enferma dans sa millénaire solitude… Avant que l’Homme ne vienne se mêler de celle qui le regardera toujours avec défiance sur le rebord des continents : la nature. »

B. : On pourrait prendre chacune des chansons de ce disque…

L.A. : Je le répète – et c’est sûrement cette manière d’être qui dérange, chez moi, les dévots de « la chanson à texte » (et les gens du métier avec) – je ne peux qu’écrire des sentiments bouleversants – ceux qui transforment la forme en priorité, bien entendu. Dans ce CD, il y a l’envie de servir la parole poétique et la parole musicale sans ségrégation. Chaque chanson a sa musique ou « sa parole de musique » propre. Je me sers du matériau musical comme un fleuriste dont le magasin se trouverait dans un parc. Il y a, dans chaque composition (chaque bouquet de mots), un besoin de mélodie et de rythme, mais, aussi, une envie de faire entendre mes influences. Un besoin de rendre hommage à de nombreux compositeurs – leurs noms, d’ailleurs, apparaissent de-ci, de-là, sur les dédicaces. Il y a, chez moi, cette volonté délibérée de me dépasser, de ne jamais m’encroûter dans des formes, ni dans une sémantique. Ce CD m’a donné l’occasion de chanter des morceaux (comme Rencontres) en interprète, certes, mais aussi en musicien. J’aurais travaillé beaucoup pour atteindre ce résultat.

B. : Sur le boîtier, une peinture. Autre chemin pour s’adresser à l’émotion, la peinture, tu nous en parles un peu…

L.A. : La peinture est, avec la voix, la première expression émotionnelle et poétique qu’expurgea un humain. D’ailleurs, celui que j’appelle « l’écrivain le plus méchant du XXe siècle » (en opposition à ses contemporains qui furent tous gentils) disait : « Au début était le verbe ? Non, au début était l’émotion ».
La peinture doit peindre (ou dépeindre), devant l’artiste, des sentiments qu’il a en lui mais qu’il n’a jamais vu à la lumière. Elle lui révèle des images et des personnages qu’il ne connaissait pas – lui qui, pourtant, les loge depuis sa naissance dans ses neurones. Elle donne à voir – autant à son créateur qu’au public – la pure apparition de la liberté, sans jamais expliquer un sentiment intellectuel ou, plutôt, sans jamais intellectualiser une forme ni une couleur. Celles-ci naissent de ce qu’on appelle faussement « l’abstraction ». Alors qu’il s’agit, ni plus ni moins, d’une abnégation qui se libère.

B. : Chansons, livres, peintures, théâtre… Je vais finir par croire qu’il est important pour toi d’aller au-devant des gens pour éveiller l’humain qui est en eux.

L.A : Merci à toi pour cette remarque. Mais il manquera toujours dans mes créations diverses, celui qui provoqua mon envie d’être un artiste : le cinéma. Mes amis cinéastes me rassurent en m’affirmant que « j’écris des images de cinéma » dans mes livres et mes chansons… Mais ne pas avoir appris à écrire un scénario, sera toujours mon grand regret. Pour revenir aux livres, je tiens à remercier cet art qu’est la chanson. C’est grâce à elle que j’ai appris à écrire vraiment, je veux dire à « m’écrire ». En même temps, vint se placer sur ma route cette énigme : apprendre surtout à ne pas écrire : Chercher dans le mot ce hasard prémédité, apparaissant sans prévenir comme les formes informelles de mes tableaux.

B. : Champagne, nous voilà affublés d’un nouveau chef. Les banquiers se frottent les mains, les « guette-aux-fenêtres » font des petits, la peur de l’autre autorise l’omniprésence des uniformes… Tu vois la suite comment ?

L.A. : La suite doit être comme certains atomes : peu nombreux, vivaces et tonifiants. Rappelons-nous le poème Les corbeaux du « voyou de Charleville » : « Dispersez-vous, rassemblez-vous… » La machine révolutionnaire d’aujourd’hui doit ressembler au poème de Rimbaud : des groupes sans Dieu ni maître, capables de parler et convaincre n’importe qui ; afin que naisse un noyau atomique d’idées et d’actions salvatrices pour les humains.

B. : Sinon tes projets…

L.A. : La promo du nouvel album s’est faite par l’envoi de plus de cent cinquante CD – sur les deux mois de janvier et février 2017 – aux diffuseurs de concerts et aux médias. Que va-t-il nous arriver en retour? Ni moi, ni personne de mon équipe le savons encore. De nombreuses personnes ont été alertées (lettres personnalisées et CD inclus) par l’arrivée du CD. Certaines, comme je l’ai dit plus haut, ont soit écrit dans la presse, soit commencé à passer des morceaux en radio, ce qui devrait entraîner, je l’espère, des dates de concerts.

D’ailleurs, à toute personne qui voudrait nous contacter pour la scène ou pour l’achat d’un CD (ou d’un livre, ou d’un tableau) voici notre adresse : Association Louis Arti Créations, Le Puech, 07460 Banne, tel : 04.75.89.11.36 ou 06.84.49.56.84.

Mail : louisarti.creations@gmail.com ou louis.arti@wanadoo.fr

Pour terminer, je suis en train de peindre une série de quarante tableaux (différents formats) pour un festival organisé par l’association Agitaterre de Poucharramet (près de Toulouse), le 2 juillet. J’y exposerai, donc, et dirigerai des ateliers d’écriture avec la population.

Salut mec. Merci pour ce moment.

(Photos de Claude Billon extraites du boîtier du disque)

cadeau bonus…

Juste parce que (Parenthèse anartistique)

 » […] Dès qu’une idée saine voit le jour, elle est aussitôt happée et mise en compote, et son auteur est traité d’anarchiste.Divine Anarchie, adorable Anarchie, tu n’es pas un système, un parti, une référence, mais un état d’âme. Tu es la seule invention de l’homme, et sa solitude, et ce qui lui reste de liberté. Tu es l’avoine du poète. […] »  Extrait de la préface de léo pour son livre  » Poéte… vos papiers  » (1956) Lire la suite

Mangiamerda

Ga’s de Saint-Etienne, Alain Meilland a débuté avec Bernard Lavilliers, bossé avec Jean Dasté – un sacré théâtreux – avant de rencontrer, printemps 68, Léo Ferré. Mais plus que Léo, ce sont surtout Paul Castanier son pianiste et Maurice Frot son secrétaire qui vont avoir une place de choix dans la vie d’ Alain Meilland. On retrouve même Maurice Frot et Alain Meilland à l’origine du Printemps de Bourges

Mangiamerda, c’est un morceau à la Léo, c’est sûr. La voix  a des intonations à la Philippe Val lorsque ce dernier était encore écoutable. Le texte est de Frot et de Meilland tandis que la musique est de Paul Castanier.