Archives de catégorie : actualités

Aux côtés des occupant-e-s de Bure / un texte reçu

Transmis par notre compagnon de Valence :

Aux côtés des occupant-e-s de Bure

Le petit Bonaparte invente une « ZAD » pour tenter de justifier une intervention militaire Cette gesticulation ne masque pas l’échec avéré du projet « Cigéo » (enfouissement des déchets radioactifs).

Le pouvoir macronien confirme que, contrairement à ce qu’il prétend, c’est bien de la « politique à l’ancienne » qu’il met en œuvre de façon générale et, en l’occurrence, concernant le nucléaire.

En effet la lutte contre l’enfouissement des déchets date des années 1980 -90. Ici et là, la défense du territoire a commencé et elle n’a pas cessé de se renouveler, rythmée par l’actualité du projet. Depuis 2015, le campement VMC de Bure et de nombreux recours juridiques ont permis de bloquer les travaux préparatoires, en libérant et en occupant le Bois Lejuc, une zone stratégique pressentie pour y creuser les galeries de Cigéo, et les puits d’accès et de relargage d’hydrogène radioactif. Ainsi, au lieu de prendre acte de l’échec d’ores et déjà inévitable du projet « Cigéo » (enfouissement des déchets radioactifs à Bure, dans la Meuse), le gouvernement actuel se comporte comme ses prédécesseurs : il se met au service de l’industrie nucléaire en lançant une ridicule opération militaire (500 gendarmes) d’évacuation d’une ZAD… qui n’existait pas.

En effet, en lieu et place d’une prétendue ZAD, on trouve autour de Bure des jeunes et des  moins jeunes qui se mobilisent légitimement pour tenter de sauver l’avenir de cette région, saturés par le projet Cigéo et plus…..Non seulement ce dernier oblitère  l’avenir pour ceux qui voudrait inventer une autogestion. Où venir habiter près d’un site d’enfouissement des déchets radioactifs ?

Mais son échec technologique et son infaisabilité sont d’ores et déjà avérés, malgré l’entêtement mensonger de l’ANDRA (Agence nationale des déchets radioactifs).

Après d’être déshonoré avec sa circulaire sur le recensement des migrants, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb récidive avec cette ridicule opération militaire à Bure. Il ne faut toutefois pas oublier qu’il n’est que l’exécutant des décisions du président de la République Emmanuel Macron, qui n’a jamais caché son engagement aux côtés de l’industrie nucléaire.

L’infamie gagne du terrain. Pourtant, de la faillite avérée d’Areva à celle à venir d’EDF, du désastre des chantiers EPR (Finlande et Flamanville) au scandale des milliers de pièces défectueuses produites dans les usines du Creusot, la mythique indépendance énergétique n’en finit plus de se révéler au monde et de plomber la France.

Il est grand temps qu’une opération soit organisée pour évacuer l’Etat nucléaire afin de décontaminer l’hexagone et ses institutions et de laisser place à un avenir débarrassé de ces centrales nucléaires.

C’est-à-dire vers un monde où la liberté ne serait pas qu’un aménagement agréable de la survie – les deux pieds irradiés dans la merde. Une perspective qui impose naturellement de ne pas s’en prendre uniquement au nucléaire, mais de le relier à ce qui lui permet d’exister, la domination capitaliste comme la domestication étatique. La pratique du sabotage par des groupes d’affinité, infligeant de gros dégâts matériels aux entreprises qui s’enrichissent dans la transition énergétique, et enfin l’autodéfense contre les violences et les intimidations mafieuses de la police et de l’industrie nucléaire

                         Un irradié non consentant

Valence le 23//02/2018

Solidarité avec Fabien de l’Organisation Anarchiste / Communiqué de la Fédération anarchiste

La fédération Anarchiste apporte tout son soutien à Fabien G. militant anarchiste au groupe « Nosotros » de l’Organisation Anarchiste qui a refusé de donner son ADN et se retrouve devant le Tribunal d’Instance.
Le 16 novembre 2017, il avait été arrêté lors d’une table d’information sur le compteur Linky puis placé en garde-à-vue au commissariat de St-Gaudens durant 7 heures dans l’unique but de ficher son ADN.

Nous appelons à aller le soutenir lors de sa comparution devant le Tribunal d’Instance de Saint-Gaudens (en Haute-Garonne), le 1er mars 2018,à partir de 14h. Nous ré-affirmons notre opposition à ces méthodes de fichage liberticide quelles qu’elles soient, notamment le fichage ADN et demandons la relaxe pour Fabien G.

Pour le soutenir financièrement une caisse de solidarité afin de répondre aux dépenses afférentes à cette affaire a été mise en place :
Cercle d’Etudes Sociales au CCM Perpignan-Castillet 10278 0896200022006141 48

La fédération Anarchiste

18/02/2018

Attaque à mains armées à Bure : Communiqué de la Fédération anarchiste

https://www.federation-anarchiste.org/

ifa@federation-anarchiste.org

 

Bure : État nucléarisé – État policier

Ce matin à 6h15, le gouvernement a lancé l’évacuation, à l’aide de son bras armé de 500 gendarmes mobiles, du Bois Lejus et de la Maison de la résistance près de Bure abritant les militant-e-s contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires.

Lors de l’abandon du projet Notre-Dame-Des-Landes, le gouvernement avait promis de se « venger » en évacuant toutes les soi-disantes ZAD de France (mais en fait tous les lieux de résistance qui combattent pour un autre monde), Bure en est la première victime. Cette violence d’État se situe dans une logique d’agressivité permanente : surveillance, contrôles, procès…

S’attendant à cette intervention, les opposant-e-s avaient récemment annoncé : « S’ils nous expulsent, nous reviendrons, plus nombreux. Nous n’avons jamais été aussi forts ». Les 3 et 4 mars prochains un « week-end de renforcement de l’occupation » était déjà prévu. Nous soutenons ces résistances qui ont un enjeu essentiel pour toutes et tous : stopper toute la filière nucléaire, industrie annoncée « propre, gérable et peu coûteuse », aujourd’hui au bord du gouffre.

Nous, Fédération Anarchiste, appelons toutes les bonnes volontés à converger sur Bure dès que possible, à créer/rejoindre des comités de soutien et à participer aux rassemblements prévus ce soir à 18h devant les préfectures pour dénoncer cette expulsion, la répression, mais aussi la connivence entre État et industrie nucléaire toute puissante.

La Fédération Anarchiste

22/02/2018

Notre Dame des Landes 10 février 2018 : Enracinons l’avenir ! (texte de la prise de parole commune)

Notre Dame des Landes 10 février 2018 : Enracinons l’avenir !

Prise de parole commune au nom du mouvement contre l’aéroport (Acipa, Adeca, Copain44, Naturalistes en lutte, habitant.e.s et occupant.e.s de la zad, Coordination des orgas opposantes)

Bonsoir à tous/toutes ! Et tout d’abord un immense merci pour votre présence !

Lorsque nous avons choisi ce slogan pour notre rassemblement « Nddl enracinons l’avenir » nous étions encore dans cette interminable période où nous attendions et espérions l’annonce de l’abandon, sans encore oser y croire. Nous avons fait ce choix moins parce qu’il nous semblait pertinent pour tous les cas de figure possibles que parce que depuis de longues années déjà nous nous projetons vers l’avenir.

Aujourd’hui, la victoire est totale pour ce qui était la première phase de notre lutte : l’abandon de l’aéroport confirmé par l’expiration de la Déclaration d’Utilité Publique (DUP).
Nous la fêtons ensemble aujourd’hui, dans un soulagement immense, dans les cris, les pleurs, les étreintes avec vous tous/toutes qui nous avez soutenu-e-s.

Cette première phase a été une lutte populaire et fraternelle, qui au fil des années a su faire agir côte à côte ce que nous avons appelé ses « composantes » formelles ou moins formelles. Ce sont des paysan-ne-s, des propriétaires, des citoyen-ne-s de la région, des associations et organisations syndicales (paysannes et ouvrières), environnementales, citoyennes, politiques, d’élus… sans oublier des collectifs à base professionnelle (juristes, pilotes, chefs d’entreprise…), les bien nommé-e-s « naturalistes en lutte », les occupant-e-s venus défendre la zone à partir de 2007, les paysan-ne-s de COPAIN, les 200 collectifs Nddl créés partout en France. Cette liste est non chronologique et non exhaustive, tant toutes les énergies se sont interpénétrées avec des formes d’actions très différentes pour parvenir à la première victoire : l’abandon du projet d’aéroport. La DUP, cet outil de destruction préméditée, ce véritable vol de terres au profit d’intérêts privés sous couvert d’Utilité Publique, a expiré hier. Les mensonges de l’État et la faillite de ses procédures de décision ont éclaté aux yeux de tous.

Aujourd’hui, le mouvement a dégagé collectivement la D281 pour rendre à ses usager.es/voisin.es la possibilité d’une utilisation partagée. Il faut répondre à leurs besoins de circulation et prendre en compte les problèmes de sécurité des riverains (ralentisseurs, limitations de vitesse, corridors pour amphibiens et autres hôtes du bocage…), tout ceci en discussion entre les services de l’État et les Naturalistes en Lutte notamment. Les divers chantiers nécessaires à la remise en état de la route sont en cours. Ils vont durer encore plusieurs semaines.

Cette victoire, nous la fêtons dans une ambiance particulière, car nous sommes trois jours avant le mardi gras, en pleine période de carnaval. C’est la fête des humbles chahutant les puissants, la fête des passages, où une saison vient de se finir sans que l’on ait encore basculé dans la suivante. La fin de cette lutte d’un demi-siècle contre l’aéroport laisse place à de nouveaux enjeux et combats, ici et ailleurs. Le carnaval ne célèbre pas un changement d’ère, il l’accompagne, voire le suscite.

Nous sommes ici pour enraciner l’avenir : car enracinés, nous le sommes depuis longtemps déjà, enracinés par nos pères et mères, dans ces landes qu’ils ont travaillées, choyées…

Ils et elles sont présent-e-s ici avec nous, comme le sont tant de camarades qui ont puisé sans compter dans leurs forces pour notre lutte. Nous avons une pensée très forte pour tous ceux et celles qui nous ont quitté-e-s avant de voir notre victoire.

Enraciné-e-s, nous le serons plus encore par tous ces arbres dont nous allons prendre soin et que nous planterons dès que le temps le permettra.

Ces plantes sont venues de partout, certaines apportées par des collectifs venu s d’autres luttes. Nous avons très délibérément placé notre fête de la victoire sous le signe de la solidarité avec ces collectifs. Cette solidarité s’est construite depuis longtemps déjà, lorsque nous nous sommes rendu-e-s compte très concrètement à travers nos rencontres que nous racontions tous et toutes la même histoire : destruction de terres nourricières et de biodiversité, gaspillage d’argent public,
mépris des populations, cadeaux à Vinci ou à d’autres multinationales, sans compter la folie des projets liés au nucléaire…

Dans notre fête de ce jour, nous avons tenu à laisser une large parole à ces luttes sœurs, qui portent leurs messages depuis ce matin dans les déambulations, qui ont brûlé avec nous les projets dont elles exigent la disparition. Elles nous ont soutenu-e-s, nous ont inspiré-e-s autant que nous-mêmes avons pu le faire.

Nous les invitons à saisir avant leur départ, si elles le souhaitent, les bâtons plantés le 8 octobre 2016, gages de notre serment de défendre le bocage de Nddl. Ils deviendront ainsi les gages de notre solidarité vis-à-vis d’eux. Ils deviendront les canaux de ce grand réseau de luttes par où
circulera notre commune énergie…

Saluons la présence de camarades en lutte contre différents projets : projet d’enfouissement nucléaire à Bure, LGV Lyon-Turin, projet de centrale à gaz de Landivisiau, projet de parc d’attraction de Guipry- Messac, projet de Central Parc de Roybon, la ferme des mille vaches. Pour toutes ces luttes sœurs, nous sommes là, nous serons là !

Enfin voici les principaux éléments sur le projet d’avenir commun que nous envisageons pour la zad. Une délégation commune du mouvement est prête à le porter auprès des différentes structures institutionnelles qui se penchent déjà sur la propriété des terres, sur leur usage et
celui des communs de la zad…

Dans l’objectif de la réalisation de nos six points, nous avons envisagé deux étapes principales :
La première étape qui s’ouvre aujourd’hui concerne en priorité l’usage des terres et des communs. Elle a quelques objectifs majeurs.

– Nous voulons faire entendre le plus rapidement possible notre refus d’expulsions qui n’ont plus aucune raison d’être une fois acté l’abandon du projet. La date annoncée du 31 mars est très proche.

Et ce message doit être entendu immédiatement. C’est l’une des raisons de cette mobilisation.
– Nous voulons que les habitant-e-s qui le souhaitent puissent se projeter dans un avenir commun sur la zad. Cet avenir sera construit de manière collective et solidaire.

Nous veillerons à la sauvegarde des éléments naturels fragiles.

– Pour obtenir cela, dans l’immédiat nous exigeons le gel de la redistribution institutionnelle des terres afin qu’elles n’aillent pas à l’agrandissement d’exploitations déjà existantes.

– La création d’une entité juridique provisoire, reconnue et représentative de l’ensemble du
mouvement, est en cours. Elle doit permettre de réaliser les actes officiels concernant la zone : des
mandats de gestion des terres ou des communs, des signatures de convention précaires d’exploitation… Il s’agit de permettre par le biais de cette association la meilleure protection possible pour tous les types de projets, agricoles ou non agricoles, conventionnels ou hors cadre… Cela peut se faire en particulier par la reconnaissance d’un droit d’expérimentation sur la zone. Il s’agit d’élargir les possibles.

– Cette première étape devra également porter une exigence d’amnistie pour les faits et procédures engagées dans le cadre de la lutte contre le projet d’aéroport.

Tous ces points exigeront un important travail collectif, le maintien du rapport de force que nous avons su créer, et votre soutien à tous et toutes.

La deuxième étape doit nous permettre la mise en place d’une entité pérenne issue du mouvement qui prenne en charge les terres de la zad. Il nous faut du temps pour bâtir cette structure : rappelons que la solution pour les terres du Larzac par la création de la Société Civile des Terres du Larzac a mis trois ans à s’élaborer.

La situation est inédite. Il va être très long de démêler les questions de propriété sur la zone, et nous ne disposons d’aucune jurisprudence.

De nombreuses réflexions, des rencontres avec d’autres lieux, et d’autres structures (personnes utilisant les fonds de dotation…) ont déjà eu lieu et vont se poursuivre. Nous devons exiger du temps.
Nous nous projetons ensemble dans l’avenir, confiant-e-s face à nos incertitudes, aux difficultés qui ne manqueront pas de survenir mais que nous saurons dépasser.

Nous sommes au premier jour des saisons futures !

Face à l’antisémitisme, solidarité et action. Communiqué de la Fédération anarchiste

https://www.federation-anarchiste.org / ifa@federation-anarchiste.org

Face à l’antisémitisme, solidarité et action

   Après l’incendie de l’Hypercacher de Créteil, 3 ans jour pour jour après l’attentat de l’Hypercaher de la porte de Vincennes, avec toute la symbolique haineuse que cela porte, l’agression d’un enfant de 8 ans portant une kippa à Sarcelles et d’une jeune femme portant l’uniforme d’une école privée juive s’ajoutent à une continuité d’actes antisémites intolérables et toujours aussi virulent commis en France depuis bon nombre d’années.

Si nous combattons les pouvoirs oppresseurs des religions, nous ne laisserons pas passer des actes basés sur le racisme ou l’antisémitisme, sur la haine d’une appartenance religieuse réelle ou supposée. Il ne s’agit pas simplement de relent du passé, car nous savons que l’antisémitisme n’a jamais totalement disparu et se décomplexe de plus en plus ces dernières années. Il est attisé par les discours identitaires, fondamentalistes, intégristes, nationalistes,conspirationnistes, confusionnistes qui prolifèrent au grand bonheur des extrêmes droites.

Nous luttons et lutterons encore contre tout mouvement ou parti qui aurait l’envie de se servir de ces faits pour monter les supposées « communautés » les unes contre les autres ou stigmatiser qui que ce soit d’autre que les agresseurs. L’antiracisme en tant que composante des idéaux émancipateurs récuse tout essentialisme.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces actes intolérables. Nous serons de tous les combats contre les haines.

La Fédération anarchiste
1er février 2018

Mardi 30, les EHPAD sortent de leur retraite

Retour aux EHPAD et aux aides apportées aux personnes âgées.

Mardi 30 janvier, journée d’action…

Communiqué du Syndicat CNT interpro de l’Ardèche :

Mobilisation du 30 janvier 2018

Soutien à la Grève dans les EHPAD  et auprès des associations de services à la personne

La CNT interco 07 se joint aux organisations syndicales et auprès de associations de services à la personne appelant à la grève dans les EHPAD ce 30 janvier 2018 afin de dénoncer les conditions de travail catastrophiques dans ces établissements.

Les organisations syndicales dénoncent depuis de nombreuses années le manque d’effectif et de moyens, sans succès, bien au contraire.

La mission parlementaire « IBORRA » l’a même relevé dans sa conclusion.

En 2006, le « Plan Solidarité Grand Âge » préconisait au plus tard en 2012 que les effectifs devaient être renforcés par la mise en place de ratio de « un agent pour un résident ». Cela n’a jamais été fait, la politique ultra libérale du gouvernement Macron veut au contraire supprimer des postes !

Les travailleuses et les travailleurs des EHPAD sont en souffrance :

Le taux d’absentéisme est en moyenne de 10%, les accidents du travail en EHPAD seraient aujourd’hui 2 fois supérieurs à la moyenne nationale, et supérieurs à ceux dans le secteur du BTP.

Nous sommes toutes et tous concernés. Mobilisons-nous et obtenons des conditions de travail décentes pour les salariés et des accompagnements dignes pour les personnes âgées

Tous et toutes dans la rue le 30 janvier 2018

 

Rassemblements :

10h à Privas      14h au Cheylard         14h à Villeneuve de Berg

CNT INTERPRO 07 18, avenue de Sierre 07200 AUBENAS

Permanences syndicales tous les mercredis de 17h30 à 19h

Tel 06 79 37 32 87                                 cntinterpro07@cnt-f.org

Un tract pour cette journée de mobilisation

Allez, place à la jeunesse ! Eugène BIZEAU poète et chansonnier anarchiste – membre du groupe LA MUSE ROUGE avec Gaston Couté et Bruant. Peinard du côté de Tours, il fut vigneron jusqu’à ses 90 printemps. Dans la vidéo, il se pointe à 105 ans  à la projection du film  » Aux quatre coin-coins du Canard enchaîné », à Tours. Une bonne occasion pour parler du Canard, du vin et de Cabu…

Tribune d’un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis

Il est des lieux où l’on tient enfermés des animaux : Zoos, parcs, enclos, fourrières, cages, clapiers, volières…

Il est des lieux où l’on tient enfermés des humains : internats, hôpitaux psy ou non, prisons…

Prisons….
Il ne s’agira pas ici de juger des prisonniers sur ce qui les a conduit en prison. Il ne s’agit pas non plus de répéter une énième fois que l’enfermement n’est pas la solution.

Il s’agira juste ici de soutenir des humains souhaitant être traités comme des humains.

Tribune d’un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis

Nous, prisonniers, condamnés ou prévenus, enfermés à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis, lançons un appel contre la conquête sécuritaire qui se joue en ce moment à travers les mobilisations des surveillants de prison dans toute la France. Cet appel vise également à construire une force collective entre les détenus en lutte et à l’extérieur.
Depuis plusieurs jours, des surveillants de prison bloquent les entrées des maisons darrêt, centrales et centres de détention du territoire français. Ici, à Fleury Mérogis, l’établissement est régulièrement paralysé depuis le début de la semaine par plusieurs dizaines de surveillants, empêchant les parloirs avec nos familles, parfois venus de  loin, empêchant les extractions dans le cadre des procédures judiciaires (bloquant les anagements de peine), l’entrée des avocats,les cantines, les cuisines, le nettoyage et toutes les activités dédiées à la prétendue «réinsertion» Leurs revendications sont simples, ils réclament plus de moyens et plus de sécurité pour le personnel pénitencier, ce qui se traduit concrètement par un armement généralisé des surveillants, l’imposition de menottes aux détenus lors de leurs déplacements hors des  cellules,et des restrictions conséquentes de nos libertés et de nos droits, pour le peu qu’il en reste.
Leur mouvement fait suite à diverses manifestations supposées de violence depuis quelques temps,qui, si elles existent, ne sont que des actes isolés, bien souvent en réponse à une violence bien plus importante  de l’institution carcérale et de l’État en général. Depuis une semaine, nous assistons à une surmédiatisation d’événements sporadiques et minimes sur toutes les chaînes de télévision, sur fond d’antiterrorisme. Une insulte devient une agression, une bousculade un passage à tabac et un retard en cellule une mutinerie. Et nous voyons ainsi défiler ces mensonges sur BFM depuis le week-end dernier. Les surveillants et leur syndicat, interviewés par les médias,ont psenté la prison comme un « sanctuaire de criminels » où les détenus avaient « pris le pouvoir » dans des zones totalement abandonnées par les pouvoirs publics. Mais cette stratégie de désinformation ne s’arrête pas là et se couple à des actions bien réelles à l’encontre des détenus.
 
Ce jeudi 18 janvier au matin, alors que tous les parloirs avaient été annulés, que les activités n’avaient pas lieu et que nous étions séquestrés en cellule, sans information et sans même avoir été nourris, l’administration a finalement décidé, en réponse aux mobilisations de leur personnel,de lancer une nouvelle entreprise de terreur comme on n’en voit qu’en prison à l’encontre des détenus, et alors que rien ne s’était encore passé. Vers11h, plusieurs dizaines de surveillants et d’Eris*, armés,cagoulés et prêts à intervenir  étaient déployés dans toute la prison. Alors que les départs en promenade se faisaient sous pression, ponctués de coups de matraque et de bouclier, de fouilles à nu arbitraires et d’insultes diverses, nous avons décidé de nous organiser contre ces violences gratuites, exercées pour satisfaire des surveillants en mal de reconnaissance. Sur le bâtiment D2, nous étions plus d’une centaine à refuser de réintégrer nos cellules à l’appel de fin de promenade, qui avait été réduite à 45minutes au lieu des deux heures quotidiennes. Sur  le bâtiment D1, c’est cette fois l’administration qui nous enfermait plus de 4h en promenade, pour prévenir un risque de blocage et en profiter pour fouiller une bonne partie des cellules. Dans les autres bâtiments, nous tentions plusieurs blocages, la plupart mis en échec par l’intervention violente des Eris*.  
À travers ces blocages, nous voulons exprimer notre droit à manifester, qui nous a été arraché lors de notre incarcération et nous voulons lancer un message vers l’extérieur, contre ce qui se joue en ce moment devant les prisons françaises : l’invisibilisation des violences quotidiennes à l’encontre des détenus – insultes régulières,  coups, pressions administratives, les suicides réguliers, les piqûres forcées, les cellules en flamme comme à Fresnes il y a quelques jours, et même les viols, comme à la MAF ou à Meaux il y a quelques mois.Mais également, la stratégie des surveillants qui rappelle celle des policiers qui manifestaient illégalement, masqués et armés, en direction des lieux de pouvoir à l’automne 2016 au cri de « la racaille en prison ! », pour réclamer et finalement obtenir un nouveau permis de tuer.
 
 À travers ces actes de résistance collective, nous nous mobilisons contre cette répression grandissante et contre l’entreprise sécuritaire de l’État pénal. Mais pour ce faire, nous avons besoin de construire une force collective, et que nos luttes soient entendues et relayées à l’extérieur.La violence, la vraie, elle est du côté de la prison, de la justice et de la police, qui frappent, séquestrent et légitiment ces exactions. La violence, c’est l’État.
 
Nous ne sommes pas des bêtes, nous sommes des êtres humains, et nous refusons d’être enfermés et renvoyés à des faits qui feraient de nous des parias, sans droits et sans dignité. Nous en appelons aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui, à l’extérieur, luttent contre les violences d’État. Nos mobilisations sont vaines si nous ne sommes pas soutenus et si les acteurs des luttes actuelles ne se font pas écho de nos combats.En effet,nous payons le prix fort de ces blocages, la vengeance de l’administration est terrible, plusieurs personnes ont d’ores et déjà été envoyées  au  mitard, le quartier  disciplinaire, et nous savons tous que nos conditions de détention seront rendues encore plus difficile,du seul fait d’avoir refusé ces injustices. Par ailleurs, nous avons besoin que  des mobilisations fortes appuient nos mouvements, car l’administration sait qu’elle a les moyens de nous faire taire, en chargeant nos dossiers en vue de nos procès à venir ou en refusant nos aménagements de peine.
 
Ce texte ne s’adresse ni aux institutions, ni aux défenseurs des soi disant droits de l’homme et des politiques traditionnelles car à nos yeux, il n’existe pas de prisons « plus  justes ». C’est un appel à toutes celles et tous ceux qui, au printemps 2016, se sont soulevés contre la  loi travail ; car nous aussi, nous sommes les premières victimes d’une pcarisation massive qui nous a contraint à choisir entre la misère et la prison. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre le racisme, car nous aussi sommes les premières cibles d’un racisme d’État qui enferme toujours les mêmes personnes, des jeunes non blancs, parqués dans les prisons françaises. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre les violences policières, car nous sommes ceux qui subissent depuis toujours les violences des forces de police et nous sommes ceux qui se lèvent toujours lorsqu’un de nos frères tombe sous les coups ou sous les balles des forces de l’ordre.
 
Mobilisons-nous, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons. Construisons une vraie force contre la répression en bloquant et en perturbant les institutions répressives et les politiques sécuritaires. Brisons le silence de la prison,et brisons les chaînes qu’elle nous impose. Liberté pour toutes et tous.
 
Un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis.
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*Eris : la cavalerie qui débarque… Créées par Perben en 2003, ces « équipes régionales d’intervention et de sécurité » interviennent dans les prisons en cas de tension. Et comme les gus qui les composent sont en partie formé par le GIGN, donnent pas forcément dans la douceur… (note d’Aubanar)

l’aéroport NDDL est mort, vive la ZAD Communiqué de la Fédération anarchiste

L’aéroport NDDL est mort, vive la ZAD

Le gouvernement abandonne le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, ce qui est une grande victoire. Il n’en reste pas moins que le recours à la force publique est bel et bien toujours d’actualité, le premier ministre, Édouard Philippe, ayant donné comme ultimatum jusqu’au 30 mars aux occupants « illégaux » pour quitter les lieux. Donc ne tombons pas dans l’euphorie générale en applaudissant des deux mains cette décision et ré-affirmons notre soutien aux occupant-e-s de la ZAD et leurs revendications :

-La nécessité pour les paysan-ne-s et habitant-e-s expropriés de pouvoir recouvrer pleinement leurs droits au plus vite.

-Le refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y vivre ainsi qu’à en prendre en soin.

-Une volonté de prise en charge à long terme des terres de la ZAD par le mouvement dans toute sa diversité – paysans, naturalistes, riverains, associations, anciens et nouveaux habitants.

La Fédération Anarchiste

17 janvier 2018

ZAD warum ! 17 janvier 2018

Les bétonneurs ne planteront pas leur aéroport au milieu des bocages. La lutte a fini par marquer un point. L’État a dû renoncer mais gare… l’État est rancunier. Car l’État ne doit sa survie qu’à la crainte qu’il inspire aux individus. Gare aux expulsé.e.s pour l’exemple.

Pourquoi il va falloir prendre son bâton pour faire barrage aux expulsions ? Tout simplement pour montrer que cette résistance au projet des bétonneurs n’est pas un simple cri « Pas chez nous ». Si ZAD il doit y avoir, elle doit être partout. Libre circulation des individus. Libre installation sur des terres qui ne demandent qu’à vivre pour un projet à multitude de visages humains,

la planète court à sa perte à cause de l ‘économie capitaliste, Faisons l’économie du capitalisme.