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Bande de…. Communiqué

Communiqué de la Fédération anarchiste

A la fin de la manifestation parisienne du 12 septembre, pour avoir osé répondre à une provocation misogyne d’un membre du Service d’Ordre (SO) de la CGT, 5 militantes se sont faites agresser par une vingtaine de nervis du désormais « Sévices d’Ordre » de la Confédération Générale du Travail.

La Fédération anarchiste dénonce cette agression rappelant celles commises par des fachos et satellites contre des militantes Femen.

C’est avec INDIGNATION ET COLÈRE que nous remarquons l’absence totale de soutien des manifestant-es présent-es aux victimes de cette agression ultra violente.

C’est avec rage que nous remarquons la solidarité de l’ensemble du SO de la CGT entre eux face à la libre expression et au refus de la misogynie de 5 femmes.

La Fédération anarchiste condamne cette agression et ces agresseurs comme elle condamne et condamnera toute manifestation d’un patriarcat à éliminer.

La Fédération anarchiste appelle l’ensemble des militant-es, des organisations, des syndicats à la solidarité avec ces 5 militantes victimes de cette agression ultra violente. Elle appelle également les militant-es, syndicats, structures de la CGT à se désolidariser de cette action fascisante menée par des membres de leur confédération et à les expulser.

La Fédération anarchiste appelle toutes et tous à la réflexion et à l’action pour contrer partout les agressions misogynes et sexistes.

 

Rennes, le 19 septembre 2017

Victimes

article paru le 23 juillet sur le monde libertaire en ligne

2017. Séoul, dans un mur, une boite à température contrôlée. Environ quatre fois par semaine, un bébé y est déposé. Cet abandon déclenche une alarme qui alerte des assistances maternelles. C’est beau comme un vélib…

« Nous, on est les pauv’s tits fan-fans, / les p’tits flaupés, les p’tits foutus / à qui qu’on flanqu’ sur le tutu :
les ceuss’ qu’on cuit, les ceuss’ qu’on bat, / les p’tits bibis, les p’tits bonshommes, / qu’a pas d’ bécots ni d’ suc’s de pomme, / mais qu’a l’ jus d’ triqu’ pour sirop d’ gomme / et qui pass’nt de beigne à tabac. […]

2017. Elle a 19 ans, elle est Salvadorienne. Au Salvador, y a des gangs. Des gangs de mecs prédateurs qui pratiquent – sombres connards -le viol collectif. Alors, violée à plusieurs reprises par les membres d’un gang lorsqu’elle n’avait que 17 ans, elle a accouché – huit mois plus tard – d’un môme mort-né. Au Salvador, on n’aime pas trop les femmes qui accouchent de mômes mort-nés ou qui font des fausses couches…
A 19 ans, fatal, elle est accusée d’avortement… 30 ans de prison pour homicide aggravé contre le fœtus…

[… ]Les p’tits vannés, les p’tits vanneaux / qui flageol’nt su’ leurs tit’s échasses / et d’ qui on jambonn’ dur les châsses :
les p’tits salauds, les p’tit’s vermines, / les p’tits sans-cœur, les p’tits sans-Dieu, / les chie-d’-partout, les pisse-au-pieu / qu’il faut ben que l’on esstermine.
Nous, on n’est pas des p’tits fifis, / des p’tits choyés, des p’tits bouffis / qui n’ font pipi qu’ dans d’ la dentelle, / dans d’ la soye ou dans du velours / et sur qui veill’nt deux sentinelles : / Maam’ la Mort et M’sieu l’Amour. […]

2017. Elle a 20 ans, elle est Albanaise, réfugiée albanaise. Elle vit dans la rue à Valence, Drome. La rue, mauvais refuge… 20 ans, enceinte, en urgence elle file accoucher à l’hosto. Mais son môme est déjà mort, peut-être même depuis plusieurs jours d’après les toubibs. La rue, en juin, la chaleur…

[..] Nous, on nous truff’ tell’ment la peau / et not’ tit’ viande est si meurtrie / qu’alle en a les tons du grapeau, / les Trois Couleurs de not’ Patrie…
Qué veine y z’ont les z’Avortés ! / Nous, quand on peut pus résister, / on va les retrouver sous terre / ousqu’on donne à bouffer aux vers. / Morts ou vivants c’est h’un mystère, / on est toujours asticotés ! […]

2017. c’est l’été. Ils sont 35. Leurs parents, demandeurs d’asile, attendent d’être enregistrés par la préfecture. Les mômes ont entre 15 jours et un mois. Ils dorment dans les rues de Strasbourg. Les cigognes n’y sont pour rien, elles.

[…] Nous, pauv’s tits fan-fans d’assassins, / on s’ra jamais les fantassins / qui farfouillent dans les boïaux / ou les tiroirs des Maternelles / ousqu’y a des porichinelles ! […]

2017. Mars 2017. Au Canada, la note de doctrine interarmées (NDI) référencée 2017-01… Drôle de guide offert aux militaires canadiens… Il y est précisé que les soldats peuvent « utiliser de la force létale contre des enfants soldats pour se défendre ou défendre d’autres personnes, ou pour accomplir la mission ». Donc, au cours d’un de leurs sales combats, de tirer sur des mômes armés.
Mômes parfois âgés d’à peine 7 ou 8 ans…

[…] Car, ainsi font, font, font / les petites baïonnettes / quand y a Grève ou Insurrection, / car ainsi font, font, font / deux p’tits trous… et pis s’en vont.
Nous n’irons pas au Bois, non pus / aux bois d’ Justice… au bois tortu, / nous n’irons pas à la Roquette !
Et zon zon zon… pour rien au monde, / Et zon, zon, zon, pipi nous f’sons / et barytonnons d’ la mouquette / su’ la Misère et les Prisons.
Nous, pauv’s tits fan-fans, p’tits fantômes ! / Nous irions ben en Paladis / si gn’en avait z’un pour les Mômes : […]

2017. Silence des soutanes. On n’en parle que maintenant… Rattisbonne (Allemagne), y a un hangar à prières, la cathédrale. Dans cette cathédrale, y a des moineaux, les enfants du chœur mondialement connu et vieux comme pas possible. Ces mômes, les « Regensburger Domspatzen » (« Les moineaux de la cathédrale de Ratisbonne »), pendant une cinquantaine d’années, ont été privés de nourriture, souvent battus, parfois violés. Plus de 500 mômes victimes des curetons et de leurs éducateurs. Silence des soutanes.

(…) Eh ! là, yousqu’il est le royaume / des bonn’s Nounous à gros tétons / qui nous bis’ront et dorlot’ront ?
Car « P’tit Jésus » y n’en faut pus, / lui et son pat’lin transparent / ousqu’on r’trouv’rait nos bons parents.
(On am’rait mieux r’venir d’ son ciel / dans h’eun’ couveuse artificielle !) […]

2017. Voilà environ un siècle que Jehan-Rictus a écrit cette « farandole des pauv’s’tits fan-fans morts » (extrait de « le cœur populaire »).

2017. Mômes d’Alep, de Mossoul, de Gaza, du Yémen, de Kaboul, du Kurdistan… Mômes de tous les conflits. Mômes sans vie sur les plages de la forteresse européenne. Mômes sans vie, morts de faim loin des garde-mangers. Mômes sans vie d’avoir croiser la route d’adultes prédateurs. Mômes sans joie, victimes de pédophiles. Mômes aux yeux vides, esclaves pour notre confort…

Une société se juge au sort qu’elle réserve à ses mômes. Il est temps que ce vieux monde rende des comptes et disparaisse enfin. Au nom des mômes.

[…] Gn’y en a qui dis’nt que l’ Monde, un jour, / y s’ra comme un grand squar’ d’Amour, / et qu’ les Homm’s qui vivront dedans / s’ront d’ grands Fan-fans, des p’tits Fan-fans, / des gros, des beaux, des noirs, des blancs.
Chouatt’ ! Car sans ça les p’tits pleins-d’giffes / pourraient ben la faire à la r’biffe ; / quoique après tout, on s’en-j’-m’en-fous / pisqu’on sait ben qu’un temps viendra / où qu’ Maam’ la Mort all’ mêm’ mourra / et qu’ pus personne y souffrira !
Mais en guettant c’te bonn’ nouvelle / sautez, dansez, nos p’tit’s cervelles ; / giclez, jutez, nos p’tits citrons.
Aign’ donc, cognez ! On s’ fout d’ la Vie / et d’ la Famill’ qui nous étrille, / et on s’en fout d’ la République et des Électeurs alcooliques / qui sont nos dabs et nos darons.
Nous, on est les pauv’s tits fan-fans, / les p’tits flaupés, les p’tits fourbus, / les p’tits fou-fous, les p’tits fantômes, / qui z’ont soupé du méquier d’ môme
qui n’en r’vienn’nt pas… et r’viendront plus.

 

 

Communiqué de la Fédération Anarchiste suite à la nouvelle vague de répression à Bure

La Fédération Anarchiste soutient les initiatives prises depuis longtemps à Bure contre l’enfouissement, dans des conditions inopérantes pour des dizaines de milliers d’années, de déchets nucléaires en « couche profonde ».

Depuis toujours, la Fédération Anarchiste dénonce la société nucléarisée, qui nécessite un système autoritaire, opaque et militarisé. Imposée aux populations par des États désirant posséder la bombe atomique, l’énergie nucléaire entraine désastres financiers et catastrophes humaines et laisse à des milliers de générations la gestion de déchets radioactifs mortifères

Le week-end du 15 août a été l’occasion d’un rassemblement militant contre la mise en place de ce puits de la mort. Assez rapidement, les affrontements sur les lieux ont éclaté, suite aux provocations des forces du désordre au service d’un État policier, trop contentes de pouvoir user de leurs armes : les lanceurs de grenades assourdissantes. Qui, nous le savons, se transforment rapidement en outils de mutilation.

Lors de ces affrontements, Robin, militant, a été blessé au pied par une de ces grenades. Blessure très grave comme il en témoigne lui-même : «  Mon pied est dans un sale état, la grenade l’a creusé sur une profondeur de 3 cm et un diamètre de 13 cm. Les os sont pour la plupart brisés. Certains ont même disparus, pulvérisés. La chaussure a été explosée, le plastique a fondu et s’est engouffré dans la plaie, si bien qu’une infection est probable, ce qui nécessiterait l’amputation des 5 orteils » (1)

La Fédération Anarchiste apporte tout son soutien à Robin dans cette épreuve, et plus largement à toutes celles et ceux qui luttent contre l’état et son monde nucléaire.

Fédération anarchiste

23 août 2017

 

 

(1) Source : https://nantes.indymedia.org/articles/38357

Charlottesville, l’extrême droite tue … une fois de plus. Communiqué

Charlottesville, l’extrême droite tue … une fois de plus

Une fois de plus, l’extrême droite nous montre son vrai visage de haine.

Samedi 12 août 2017 à Charlottesville, aux États-Unis, une voiture conduite par un participant à la « marche des suprémacistes blancs » a foncé sur la manifestation antiraciste, tuant Heather Heyer, 32 ans, et blessant 34 personnes.

La veille au soir, déjà, lors d’une marche au flambeau rassemblant au cours de laquelle s’étaient rassemblés des groupuscules néonazis, identitaires, suprématistes blancs sur le campus de la ville,ils avaient ouvert les hostilités en attaquant étudiant-e-s et habitant-e-s de la ville qui s’opposaient à ce rassemblement.

Le 12 au matin, plusieurs centaines d’extrémistes de droite se sont rassemblés pour protester contre le déboulonnement prévu d’une statue glorifiant un général esclavagiste sudiste. Certains d’entre eux, pour l’occasion, étaient habillés en tenue paramilitaire, armes semi-automatiques en bandoulière, d’autres étaient armés de boucliers et matraques en tout genre. Des affrontements ont éclaté un peu partout autour du lieu du rassemblement avant même son commencement entre extrémistes de droite et militant-e-s antiracistes. Suite à cela, ce même rassemblement fut enfin interdit et évacué. C’est peu de temps après l’annonce de l’annulation que l’extrémiste de droite a décidé de foncer délibérément sur la foule antiraciste.

Aux USA, comme en France, les groupuscules d’extrême droite décomplexés se sentent tout-puissants grâce notamment aux victoires électorales, n’hésitant plus à attaquer et tuer des militants antiracistes

Rappelons que Trump a été élu grâce à cette Amérique blanche raciste des États du Sud. On peut noter qu’à l’annonce de l’assassinat la première allocution de Trump visait à condamner la violence qu’il y avait eu de part et d’autre, sans faire mention de l’assassinat et tentative de meurtre volontaire sur les manifestants anti-racistes, comme si la défense des libertés était du même ressort que son attaque.

Ce n’est que deux jours plus tard et sous la pression populaire et internationale, que Trump décide à contrecœur de condamner cet acte et de sembler reconnaître que « le racisme, c’est mal ». Mais encore deux jours plus tard, le 15 aout, Trump réaffirme sa première vision des choses, rejetant dos à dos les nervis d’extrême droite et les antiracistes, ajoutant même qu’un des deux camps (celui des fachos) était venu manifester pacifiquement. La nouvelle intervention du président des États-Unis a été aussitôt saluée par un ancien responsable du Ku Klux Klan, David Duke, qui a vanté son « courage » pour avoir mis en cause selon lui « le terrorisme gauchiste » du mouvement Black Lives Matter né en réaction contre les violences policières subies par les Afro-Américains. On voit nettement où vont les préférences du nationaliste raciste Trump.

Le gouverneur de l’État (la Virginie), le démocrate Terry McAuliffe a condamné en revanche clairement et immédiatement l’attentat, déclarant les suprématistes indésirables : « Nous ne voulons pas de vous ici. « Vous n’êtes pas les bienvenus dans ce grand État. Vous êtes la honte. » Il avait déjà appelé à ne pas participer à ce rassemblement Unite The Right aux idées « abjectes ». Même ce catho de droite, qui le 7 juillet dernier a refusé la grâce à William Morva malgré sa soi-disant conviction contre la peine de mort, a fait mieux que la classe politique française dans son ensemble dont on notera sans surprise le silence assourdissant s’agissant de condamner cet acte clairement raciste et attentatoire à la liberté.

La Fédération anarchiste tient a apporter tout son soutien aux victimes et aux familles de cet acte raciste, barbare et rappelle que la lutte contre tous les racismes doit continuer plus que jamais partout dans le monde.

Solidarité antiraciste internationale !

Fédération anarchiste

16 août 2017

Attentat terroriste d’extrême droite aux USA. Le silence des États.

Épisode 1 :

Samedi 12 août. « Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties »… par ces mots, le président étasunien Trump renvoie dos à dos le camp de la haine et celui des antiracistes…

Difficile pour ce milliardaire populiste de cracher sur le fumier qui l’a porté au pouvoir suprême.

Épisode 2 :

Lundi 14 août. «Le racisme est un fléau et ceux qui commettent des violences en son nom sont des criminels et des brutes, y compris le KKK, les néonazis, les suprémacistes blancs et autres groupes de la haine qui sont répugnants pour tout ce que nous chérissons en tant qu’Américains»,  Discours lu sur un téléprompteur.

Trump tente de se racheter, tant pis pour ses milices d’électeurs.

Épisode 3 :

Mardi 15 août. « Je pense qu’il y a eu des torts des deux côtés et je n’ai aucun doute à ce sujet. J’ai condamné des groupes très différents, mais tous ces groupes n’étaient pas des néonazis. Croyez-moi, ils n’étaient pas tous des suprémacistes blancs« .

Nouveau volte-face, Trump vient de se rappeler qu’il était soutenu par les racistes nostalgiques de l’esclavage et de la ségrégation.

C’étaient « les gesticulations tragicomiques d’un président ayant poussé sur du fumier »…

Les groupuscules racistes se frottent les mains : Le matamore de la Maison Blanche leur a lancé un message d’encouragement. Les gros cons surarmés pourront continuer à parader en arborant saluts nazis et drapeaux confédérés.  Trump a choisi de garder le soutien de l’extrême droite suprémaciste, raciste, patriarcale, sectaire.

Le parti républicain joue au « c’est pas nous, c’est lui » mais…

Depuis l’élection de « Donald Dick », les représentants de ce parti ne se sentent plus :

En Floride, le sénateur Républicain George Gainer voudrait, dans certaines conditions, permettre aux automobilistes de renverser les manifestants pour les empêcher de bloquer les rues.

Dans le Tennessee, il s’agirait de protéger les conducteurs qui blesseraient des manifestants, une sorte de permis de foncer dans la foule.

Samedi 12 août, L’extrême-droite raciste, suprémaciste, néo nazie a assassiné une manifestante antiraciste. Elle s’appelait Heather Heyer, elle avait 32 ans. Elle luttait pour un monde où la vie triompherait.

Pour notre survie, nous devons détruire leur monde, la suprématie d’une couleur de peau sur une autre, le patriarcat, le capitalisme, les religions et les États.

[Heather Heyer n’était pas membre des IWW contrairement aux informations erronées ayant pu circuler brièvement sur les réseaux sociaux] info issue d’une déclaration des IWW reproduite ci-dessous, traduite et mise en ligne par Théo Roumier https://blogs.mediapart.fr/theo-roumier/blog/140817/charlottesville-nous-devons-nous-unir-nous-defendre-nous-memes-et-ensemble

Déclaration des Industrial Workers of the World (IWW), organisation syndicaliste révolutionnaire, et plus précisément de sa branche dédiée à la lutte antifasciste, le  GDC (General Defense Comitee).

Déclaration du GDC-IWW sur Charlottesville

Après le meurtre d’aujourd’hui, nous devons nous unir, nous défendre nous-mêmes et ensemble.

Minneapolis, Minnesota – 12 août 2017
À Charlottesville, une coalition de groupes fascistes a tenu un rassemblement, “Unite The Right”, où un meurtre de plus a été commis. Un fasciste a lancé sa voiture à pleine vitesse, percutant d’autres véhicules transformés de fait en arme ciblant les manifestant.es antiracistes.
Ce soir, une femme de 32 ans [Heater Heyer] est morte, de nombreux autres sont blessé.es.
Nous sommes horrifié.es mais nous ne sommes pas surpris.es de l’irruption de la violence politique venant de l’Alt-Right comme d’autres groupes fascistes à travers le pays. Le meurtre d’aujourd’hui n’est pas isolé, c’est le dernier d’une longue liste d’agressions et crimes fascistes. Parmi beaucoup d’autres, pensons notamment aux tirs ayant visé un membre du GDC-IWW à Seattle, au double meurtre au couteau du train de Portland, à l’attentat à la bombe contre la Mosquée Dar Al Farooq dans le Minnesota.
Le fascisme est une menace mortelle pour chacun.e d’entre-nous. Nous devons y faire face et il n’y a pas d’échappatoires. Ce ne sont ni les politiciens, ni la police, ni même l’Université qui nous en prémunirons. Nous ne trouverons pas dans les urnes le chemin vers la sécurité. Comme toujours, les forces de police ont aidé et protégé les fascistes, laissant faire et contribuant largement aux violences à l’encontre des contre-manifestant.es. La direction de l’Université a refusé de recourir aux services de sécurité pour protéger les étudiant.es et les autres manifestant.es d’un gang composé de centaines de fascistes.
Le General Defense Committee (GDC) appelle toutes les personnes attaché.es à la vie humaine, à la liberté, à la dignité, à rejoindre la lutte contre le fascisme de toutes les manières possibles. À apporter leur solidarité financière à celles et ceux qui ont survécu au crime fasciste d’aujourd’hui et à leur famille. À échanger avec vos familles et amis, avec vos collègues et voisins, et à trouver des moyens pour, concrètement et directement, battre en brèche la haine fasciste partout où elle s’exprime.
Si vous le pouvez, rejoignez votre groupe local du GDC ou tout autre groupe antifasciste. C’est sans doute une nouvelle étape qui nous attend dans notre combat. Nous sommes déterminé.es à en relever les défis. Nous battrons et vaincrons les fascistes. Nous devons nous défendre les un.es les autres et pour cela nous avons besoin de tout le monde.
Une injustice faite à l’un ou l’une est une injustice faite à toutes et tous.
The General Defense Committee (GDC) of the Industrial Workers of the World (IWW)
Soutien financier :

Un témoignage relayé par les IWW :

Ce qui suit est le témoignage d’un membre des GDC-IWW qui était à quelques mètres des victimes de l’attaque meurtrière du samedi 12 août. Nous tenons à signifier que nous n’avons entendu parler d’aucun membre des IWW ou des GDC gravement blessé ou mort suite à l’attaque. Nous demandons instamment à toutes et tous de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour soutenir les blessés et la famille de Heather Heyer [qui n’était pas membre des IWW contrairement aux informations erronées ayant pu circuler brièvement sur les réseaux sociaux].
« Hier, celles et ceux d’entre nous qui étaient à Charlottesville ont été témoins du meurtre d’Heather Heyer et de l’attaque fasciste qui en a blessé beaucoup d’autres sur Water street. Ce n’était pas un accident. J’étais à six mètres et j’ai vu ce raciste lancer sa voiture dans une autre, la percutant et provoquant un carambolage, pulvérisant les vitres et renversant les personnes qui étaient sur sa trajectoire. J’ai vu les corps. J’ai entendu les hurlements.
Les camarades et les ami.es du General Defense Comitee de Raleigh-Durham présent.es à Charlottesville sont toutes et tous en sécurité. Même si les récits – tirés de vidéos où l’on distinguait nos drapeaux IWW – ont pu nous situer à proximité de l’attaque, aucun.e membre des IWW n’a été tué. Mais nous sommes toutes et tous profondément heurté.es par ce que nous avons vu et entendu et beaucoup d’entre nous choisissent, pour l’heure et pour les jours qui viennent, de prendre du temps et de se ménager car une longue lutte nous attend.
Je ne suis pas juste “attristé” ou perturbé par ce meurtre de sang froid. J’en suis malade et j’en ai le cœur brisé. Je sais l’importance de cette attaque, non seulement parce que je l’ai vu de mes propres yeux, mais aussi parce que nous connaissons l’Histoire, et que nous ressentons jusque dans nos chairs que cette attaque nous visait toutes et tous ainsi que toute la classe ouvrière. Ça n’a pas commencé à Charlottesville et ça ne s’arrêtera pas là. Dans la période que nous traversons, même les victoires les plus modestes de la classe ouvrière – et particulièrement des immigré.es et gens de couleur – sont insupportables à la suprématie blanche et à l’Amérique capitaliste. C’est ce qui engendre les terribles violences s’abattant sur nos communautés. Une violence qui provient d’acteurs non-étatiques mais organisés comme la Ligue du Sud et le Mouvement national-socialiste et qui peut compter sur des rouages d’État tels que l’Immigration and Customs Enforcement (ICE – Agence et police de l’immigration), les forces de police ou le Département de l’injustice.
Voilà pourquoi le GDC-IWW était à Charlottesville, et voilà pourquoi nous comptons bien continuer à battre le pavé. Plus important encore, voilà pourquoi nous nous organisons sur nos lieux de travail et dans nos quartiers, mutualisons les actions et les énergies, animons des projets de justice alimentaire, et nous dressons avec d’autres combattant.es de la liberté organisés contre l’ICE et la prison du comté de Durham, comme Alerta migratoria et l’Inside-Outside Alliance.
Comme la plupart des autres membres du GDC-IWW, je suis convaincu que le pouvoir de la classe ouvrière organisée est le plus puissant et même le plus sûr moyen de vaincre le fascisme. Ce fascisme qui nous menace aujourd’hui mais qui reste un produit inévitable de la suprématie blanche et du capitalisme en Amérique.
Ni les rassemblements pétris de bon sentiments et dénonçant à distance « ces gens-là », ni même les accès de colère individuels ou les déclarations d’intentions ne suffiront. Si vous voulez prendre part à cette lutte, nous vous invitons à rejoindre une organisation qui appuie son antifascisme sur l’action directe, de préférence en l’inscrivant plus largement dans le combat anticapitaliste. Le GDC-IWW, auquel j’appartiens, est justement une telle organisation. »

Soutien

Il est des lieux où l’on tient enfermés des animaux : Zoos, parcs, enclos, fourrières, cages, clapiers, volières…

Il est des lieux où l’on tient enfermés des humains : internats, hôpitaux psy ou non, prisons…

Prisons….

Il ne s’agira pas ici de juger R.L. sur ce qui l’a conduit en prison. Il ne s’agit pas non plus de répéter une énième fois que l’enfermement n’est pas la solution.

Il s’agira juste ici de soutenir un humain souhaitant être traité comme un humain.

Lettre de Romain Leroy

De notre compagnon de Valence.

Romain Leroy : « Je veux bien mettre un genou à terre, mais pas les deux! »

Rappel des faits :

Fin novembre 2016, il y a eu une mutinerie dans la nouvelle prison de Valence, qui a ouvert en 2015 avec trois unités : une maison d’arrêt, un centre de détention et un « quartier maison centrale » (QMC). Cette mutinerie c’était la deuxième, il y en avait eu une un mois avant, avec prise d’otage, faite par trois autres gars qui sont déjà passés en procès et ont pris trois ans de prison en plus de leur peine initiale. C’est la prise d’otage qui justifiait la lourdeur de la peine.

La deuxième mutinerie était collective, même s’il y a toujours un départ, dans ce cas avec deux personnes qui ouvrent les portes des cellules, et ensuite une destruction assez importante des bâtiments du QMC. Seuls Romain et José ont été désignés comme meneurs et poursuivis : Romain purge déjà une peine énorme, José lui était en fin de peine.

La première instance a eu lieu à Valence en mars, et on avait déjà fait un appel à soutien, c’est à dire à se déplacer au procès. C’est important dans les cas de procès pour mutinerie il y ait du monde pour que les gars  ne se retrouvent pas seuls dans les prétoires, avec une présence importante de matons, de syndicats de matons, et très peu de gens de leur côté. L’ambiance de la salle change toujours beaucoup de choses. Quelques fois ça influe sur les décisions, mais ce n’est pas la principale raison.

Déclencher une mutinerie ce n’est pas un jeu, ce n’est pas un truc que tu fais en rigolant. Tu sais que tu prends beaucoup de risques, tu sais que tu vas le payer cher, d’abord sur le moment, et ensuite parce que ça va te rajouter des années de placard. Donc si en plus tu te retrouves plongé dans la solitude après, il y a peu de chance pour que, dans ta vie de prisonnier, tu aies encore envie de résister, de lutter. Tu as besoin de force au moment du procès. Au moins donner ce regard là pour nous ça a toujours été quelque chose d’hyper important.

Première audience à Valence : le huis clos forcé.

À Valence, le tribunal avait été interdit d’accès par les flics à tout le public, c’était devenu un procès à huis-clos, ce qui est exceptionnel et quasiment illégal. Ils ont fait entrer les matons, deux personnes de l’observatoire international des prisons parce qu’ils présentent bien, un journaliste ou deux. Le reste, ils les ont non seulement empêchés de rentrer, mais après ils les ont chargés. Il y a eu bagarre, et deux personnes ont été inculpées pour outrage et rébellion.

Le procureur de Valence, avait demandé une peine complètement dingue de huit ans, alors qu’il n’y avait eu aucune violence physique, il n’y a aucun blessé, mais bien destruction de matériel. Ils ont écopé de cinq ans. La lourdeur de la peine s’explique parce qu’une mutinerie collective avec bris du matériel carcéral, c’est imaginable pour les détenus. Une prise d’otage tout le monde ne peut pas le faire. Alors que péter du matériel ensemble c’est quelque chose de beaucoup plus sympathique, dans le sens étymologique du terme. C’est de ça que l’administration a peur. L’atteinte au QMC est donc plus sévèrement punie que l’atteinte au personnel pénitentiaire, ils s’en foutent qu’un maton ou deux soient pris en otage. Par contre qu’on détruise la prison, ça c’est autre chose ! Cette peine c’était pour l’exemple.

Appel à Grenoble : le plein de soutiens.

Ils ont fait tous les deux appel, malgré le risque que la peine s’alourdisse. Cette fois, c’est Bernard Riper qui a repris le dossier, cet avocat qui avait été interdit d’exercer après un conflit au sein avec l’institution juridique. La cours de cassation a finalement cassé le jugement qui lui interdisait d’exercer, et c’était donc son retour, il l’a d’ailleurs bien fait remarquer. Il défend Romain gratuitement, même pas d’aide juridictionnelle, pour lui c’est important. Donc pendant que se préparait la défense juridique, une discussion avec Christophe Soulié (auteur du livre Liberté sur parole :Contribution à l’histoire du Comité d’action des prisonniers où il est question également de la lutte contre les QHS) a été organisé à la barricade sud de la ZAD de Roybon l’appel au rassemblement de soutien a été diffusé, ce qui a fabriqué cette journée du 14 juin.

C’était pas du tout la même ambiance qu’à Valence, la salle était pleine de soutiens, et il y avait encore du monde dehors. Romain a réussi à ne jamais se laisser désarçonner par un président qui semblait ne rien comprendre, qui lui coupait la parole tout le temps, et n’écoutait pas ses réponses. Romain a fait des comparaisons avec d’autres situations, par exemple les ouvriers qui occupent leur usine en menaçant de tout faire sauter avec des bonbonnes de gaz. Il a rappelé que quand on est poussé à bout, quand les mots ne sont plus jamais entendus, il reste les actes. Ça fait six mois que les détenus demandaient un certain nombre de choses dans ce QMC et qu’ils n’étaient jamais entendus, jamais.

Pendant l’audience, Romain s’est exprimé sur la situation en QMC, et Riper a plaidé à la fois contre la logique pénitentiaire, et pour démonter complètement les accusations. Il a soulevé la question de la responsabilité individuelle ou collective, qui nous concerne tous d’ailleurs, puisque lorsque les lois anticasseurs étaient en vigueur, une personne qui se trouvait à proximité d’une autre qui commettait une infraction était aussi responsable. Mais actuellement le droit français ne le permet pas, or Romain et José sont poursuivis pour des faits qu’ils n’ont pas commis, comme l’incendie. Dans ce cas-là il aurait fallu un procès pour tous les détenus du QMC, et ça l’administration n’en veut pas : elle préfère un procès des meneurs, que le procès d’une prison, forcément politique et médiatisé. Ils l’ont fait deux fois, pour l’incendie de la centrale de Saint-Maur, et celui de la centrale d’Ensisheim, et ils s’en sont mordu les doigts !

Le procureur a demandé le maintien de la peine de cinq ans supplémentaires, mais on peut espérer qu’elle soit revue à la baisse. À la fin Romain a remercié les gens venus le soutenir, et il a vu toute la salle se lever, mais toute ! Et applaudir, il était hyper touché. Dans ces moments, tu repars de là avec de la force.

Derrière la mutinerie : le QMC

QMC ça veut dire « quartier maison centrale », et c’est prévu pour des gens qui ont des peines très longues, 20, 25 ans, ou perpète. Ils en fabriquent de plus en plus, il y a des prisons entièrement conçues comme ça, et d’autres où il y a des QMC à l’intérieur, comme une enclave, une prison dans la prison. Ce sont des quartiers extrêmement sécuritaires, qui ressemblent aux vieux quartiers de haute sécurité (QHS), sauf qu’ils sont technologiquement bien plus développés, c’est comme un donjon dans le château fort (sauf que c’est pour enfermer et non pour se protéger). Imagine : il y a cinq matons pour un prisonnier à chaque fois qu’il sort de sa cellule.

Ensuite, se joue à l’intérieur de ces QMC des rapports de force entre les prisonniers et les matons. À Condé-sur-Sarthe, qui est la plus grosse prison sécuritaire en France, dans un des bâtiments, en deux ou trois ans, ils ont réussi à imposer un rapport de force tel qu’ils arrivent à aménager tout ça, à avoir un petit peu d’air (des petits espaces de cuisine collective, une salle de sport, des cantines pas trop chères). Si tu n’y arrives pas, c’est impossible de vivre dans ces conditions avec une peine de trente ans : tout le temps enfermé, très peu d’activité, pas d’espace où parler aux autres prisonniers, ce qui te fait tenir, quoi.

À Valence, pendant six mois, les détenus ont écrit partout, à l’Envolée comme au contrôleur des prisons, à lOIP (Observatoire International des Prisons). A Valence, pour le 14 juillet 2016 des gens à l’extérieur de la prison ont tiré un feu d’artifice. Ensuite les prisonniers ont réussi à faire une pétition avec 25 signatures, des sittings dans la promenade, des refus de plateaux, jusqu’au jour où ils ont dit « si c’est comme ça on va péter le QMC ». Ils l’ont dit avant de le faire. Tout le monde savait qu’ils allaient le faire, c’était prévu. Même les matons en avaient marre de cette situation, et poussaient à ce qu’il se passe quelque chose. Je pense même que la date était connue.

Cette mutinerie ce n’est pas un coup de sang, ça se voit à l’attention portéeée à ce qu’il y ait pas de blessé, pas de morts, de brûlés (les lances à incendie ont été ouvertes).

Le QMC , à Valence ça représente peut-être une quarantaine de personnes, ça donne une idée de la mutinerie : quatre cellules détruites. Ils ont cassé toutes les caméras de surveillance à coups de casseroles, balancé les frigos et les machines à laver des étages, incendié des cellules. Les surveillants qui sont entrés dans le bâtiment après la mutinerie parlent de scènes de chaos. Un chaos dont on connaît aujourd’hui le prix : l’avocat du centre pénitentiaire a chiffré les dégâts à 1 696 000 euros…

Mais un gros symbole.

Après cela, Romain et José ont été désignés comme meneurs, Romain a été transféré au quartier d’isolement de Moulin pendant plusieurs mois (où tu ne vois personne, que des matons), puis au QMC de Condé-sur-Sarthe. À Valence, depuis la mutinerie, ils tiennent le centre pénitentiaire  serré.

Le procès des longues peines

Pendant le procès, Romain s’exprimait en son nom, mais il disait aussi « nous les longues peines des prisons françaises », en expliquant que ces conditions de détention invivables étaient imposées aux longues peines. Le fait est que la justice met des peines de mort, c’est à dire des peines très longues, en pensant qu’il va être possible de les « gérer », comme ils disent, mais c’est impossible. Ils s’en foutent, ils continuent d’augmenter l’échelle des peines. Les QMC sont une conséquence de l’allongement des peines de prison.

Pour gérer les longues peines, on a fabriqué des QMC où il n’y a pas beaucoup de prisonniers, qui sont isolés. Si tu es en QMC tu croises cinq ou six prisonniers à ton étage. Et quand il y a un mouvement à un étage, celui d’en-dessous reste bloqué, donc tu n’as aucun rassemblement qui permette de t’organiser. Il y a aussi des moyens technologiques de fous, qu’ils n’ont pas les moyens de mettre dans toutes les prisons : des sas démultipliés, des caméras partout. Il est même question de mettre des caméras dans certaines cellules : ils l’ont fait comme mesure exceptionnelle pour Salah Abdeslam (impliqué dans les attentats de Paris en 2015) à Fleury, et ils risquent de vouloir étendre cette mesure, c’est toujours comme ça que ça se passe.

Dans ces QMC, dès qu’il y a quelqu’un qui fait mine de quoique ce soit, il ne sort plus qu’entravé, menotté, encadré. Il y a des gars en ce moment qui ne sortent de leur cellule que pour aller prendre la douche, et qui prennent la douche avec cinq matons casqués et armés de boucliers autour d’eux. Ils ont aussi fabriqué un bureau de renseignement pénitentiaire, relié au système de renseignements français, et ils font des enquêtes sur les potentiels mutins ou candidats à l’évasion. Ce délire-là, il nait de la distribution de longues peines, et il est sans fin.

Les QMC sont les nouveaux QHS, mais ils sont pire : à l’époque des QHS, tu faisais quinze ans de prison, Mesrine a été condamné à vingt ans de prison, c’était le grand maximum. Aujourd’hui c’est une rigolade, avec en plus des peines de sûreté, donc aucun aménagement pendant un temps très long donné par le tribunal. Et quand il y a mutinerie, ils répondent par la violence d’une part, et ils rallongent encore les peines de l’autre. Ce qu’ils n’aiment pas du tout, c’est ce qu’il se passe à Condé-sur-Sarthe : ils ont peur quand le rapport de force les oblige à laisser de l’air aux prisonniers.

La cour d’appel de Grenoble continue

La cour d’appel de Grenoble a confirmé, hier, la peine de cinq ans d’emprisonnement…
R.L. 36 ans qui purge déjà une peine jusqu’en 2033 va se pourvoir en cassation, a annoncé. son avocat, Bernard Ripert.

Pour que 2033 ne devienne pas 2038.

 

Louis l’anARTIste

Cet article devait initialement paraître dans le Monde libertaire papier de Juillet Août. Malheureusement, grosse concurrence du rappel de la Révolution russe.

Alors, comme y a toujours une solution à trouver à chaque problème… Vous pouvez retrouver cet article sur le Monde libertaire en ligne.

 

Flashback : Années 1980, échange téléphonique avec une « pointure » en chansons francophones de qualité. La pluie, le beau temps, les radios libres, la Miterrandie et puis… « Tu connais Louis Arti ? Je crois que ça va te plaire… »
La discussion qui se poursuit, et dans ma tête la question existentielle ; à savoir : où trouver ce foutu stylo pour noter le nom cité… Louis Arti, avec ou sans « t » à la fin ?…
Années 1980 plus le temps de trouver la rondelle en vinyle et me voilà à écouter en boucle ce mec qui me fait aimer la mer, Bilit… moi qui ai horreur de la flotte humide. Un autre avait réussi ce tour de force, Léo Ferré avec La mémoire et la mer. Ce Louis Arti était de cette veine-là.
Deux autres 33T suivent, même qualité, mêmes fulgurances… Silence radio… Pas tout à fait, un courrier pour annoncer la création d’une association de soutien, un CD Le maladroit de l’homme proposé par correspondance, correspondance qui me livrera un livre magnifique à faire pleurer la plus rude des roches… El Halia, le sable d’El Halia, un autre CD Rue des quatre coins sorti dans la même discrétion… Ce mec résiste… « J’vois d’la rage sur la scène quand l’poème est rapide »…

Nous voilà maintenant… Louis Arti, un nouveau disque « On n’est pas né pour perdre« …

Rencontre d’un ancien mineur, humain majeur.

Bernard : Salut Louis, tu as deviné… je viens me faire offrir le café pour te voir et aussi pour que tu me parles de ton dernier opus… Lire la suite