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petite explication

salut,

vous avez surement constaté une certaine mise en sommeil de ce blog. Alors petite explication :

Étant très occupé par la rédaction du Monde libertaire en ligne mais également du Monde libertaire papier et, les journées ne faisant que 24 heures, comme il existe une vie hors du militantisme… Rendez-vous  ici

Mais ce blog a une autre utilité : sur le ML en ligne difficile de mettre des pdf sauf en mettant un lien pour un blog contenant le fameux pdf.

Pour les hispanisants :

que vous trouverez ici :KAOS # 5 FINAL ABRIL 2019

11 novembre 2018, thème « les civils »

Bonjour à toutes et tous et réciproquement

11 novembre 1918, y a un siècle… La der des ders… Quatre ans de monstruosités stoppés par une signature au bas d’une feuille de papier. La der des ders… finis, terminés les conflits. La der des ders qu’ils disaient. Y a un siècle, on pourrait peut-être prendre une bouteille et sabrer le champagne ? Non, pas sabrer, surtout pas… Terminés les conflits, la der des ders qu’ils disaient. Ça vaut bien un petit banquet, un goûter des généraux à la Boris Vian. Vian qui a dit « Le jour où personne ne reviendra d’une guerre, c’est qu’elle aura été bien faite. »

Cette phrase de Boris Vian nous ramène à une époque révolue. Le temps où les guerres ne tuaient que des militaires. Puis, avec le temps, les guerres se mirent à tuer aussi quelques civils.

De nos jours les guerres tuent essentiellement des civils, beaucoup de civils, énormément de civils.

Les civils, ça s’agresse, ça se bombarde, ça se mutile, ça se déchiquette, ça se tue, ça se massacre ça se viole, ça s’opprime, ça s’expulse, ça se déporte, ça se perd dans l’itinérance mémorielle.

Les civils ça se recouvre d’un uniforme pour aller tuer d’autres civils.

11 novembre 1918, chaque village se met à compter, trier : les bons morts qui auront leur place sur un monument à leur honneur comme celui des Vans* inauguré le dimanche 10 avril 1921 en présence d’un certain Philippe Pétain, les mauvais morts qu’il faut vite oublier parce que fauchés par des pelotons d’exécutions et puis tous ces morts qui n’ont droit à rien parce qu’enfants, femmes vieillards, simplement civils et inoffensifs.

Pas de flamme du civil inconnu, pas de discours pour les 300 000 civils français morts durant la première boucherie. Ce n’est pas grave puisqu’un hommage est rendu aux maréchaux. Ces maréchaux qui étaient bien planqués loin du front. Ces maréchaux qui envoyaient les civils recouvert d’un uniforme se faire trouer la peau pour un bout de terre.

Itinérance mémorielle, cérémonies, goûter des généraux.

Bon appétit Messieurs, ô sinistres intègres.  Chiffres révélés vendredi 2 novembre dans le cadre d’une conférence de presse qui se tenait à Amman en Jordanie, par le directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord : Au Yémen, un enfant meurt toutes les 10 minutes à cause des maladies, et de la malnutrition. Et pour ceux qui en réchappent…

Bon appétit Messieurs, ô cyniques intégraux. Pour ceux qui en réchappent, il y aura peut-être des bombes saoudiennes vendues par la France. La France qui fournit également au régime de Ryad des roquettes, des blindés, des canons, des fusils de sniper et autres mécaniques mortifères. Le régime de Ryad n’étant pas le seul client de l’industrie de mort française.

11 novembre 1918, y a un siècle, la der des der. Aujourd’hui, grande Halle de la Villette, Forum sur la paix. Une soixantaine de maîtres du monde. Et pendant ce temps meurent des civils qui n’ont pas été mis au courant que le 11 novembre 1918, y a un siècle… la der des der, promis juré, craché… gerbé…

A bas toutes les armées, à bas tous les Etats trafiquants d’armes, à bas toutes les usines d’armement et à bas tous les emplois qui y sont liés.

* Les Vans, commune ardéchoise à 15 km de Joyeuse

Spectacle à voir : Louis Arti lit « El Halia ». Les Vans

Louis Arti, c’est un mec bien. Je l’ai découvert début des années 80, France Inter, Foulquier. Une voix qui se pose comme une évidence, des textes qui s’accrochent aux neurones, mots ciselés par un joailler du verbe. Mais trop libre pour marcher dans le showbiz, même du pied gauche… Alors exit Arti, « Avec un label à la clé,  mon la se mettrait à gonfler. On dirait par tout le pays, le joueur de mots a trahi… »
Quelques années plus tard, je vous passe les détails, je tombe sur son livre « El Halia, le sable de El Halia ». Je l’ouvre, m’arrime à la première phrase – « Je suis né dans un pays. Qui n’est pas né dans un pays ? » – et oublie les escales jusqu’à la dernière page :

« […] J’étais cet enfant et je le suis encore. Du moins l’enfant resté en moi m’a donné des ordres. L’enfant qui a vu le massacre d’El Halia (*) n’a pas voulu fermer les yeux sur son passé. Il considère son regard comme un objectif d’appareil photo qui est resté ouvert… admettons que j’aie été dans un théâtre et que l’enfant se soit trouvé dans la salle. Je l’arrêtais quand son récit me plongeait dans des histoires que j’avais, depuis, élucidées pour lui. Je lui expliquais pourquoi le monde n’était plus le même et pourquoi il fallait néanmoins que ce monde nouveau apprenne ce que l’enfant avait vu, entendu…
Réunis tous les deux dans un théâtre, nous allions continuer à vivre par les mots. Notre histoire allait devenir de l’art, le public allait l’entendre. Nous allions refaire la troupe d’El Halia avec des artistes et avec des gens. Avec des sentiments aussi nombreux que les grains de sable d’El Halia. »

Et ce spectacle existe…

EL Halia, lecture théâtrale

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Pour retrouver l’homme et l’enfant… Vendredi 9 novembre à 20h30 à « Graines de rencontres » Place des Masseguisses Les Vans.

Pourquoi cette pub ? Parce que Louis Arti est un mec bien qui a dit : « Quand au pouvoir, c’est une écharde, une maladie dont il faudrait se débarrasser. »

Biscotte

(*) Le 20 août 1955, une insurrection a secoué l’ensemble du Constantinois, au cours de laquelle deux massacres d’Européens ont été perpétrés par des émeutiers : l’un à El Halia, petite agglomération minière où 35 personnes ont été tuées, l’autre au sein d’une famille d’Aïn Abid où 7 personnes ont été tuées. L’estimation globale du gouvernement général est de 123 tués : 31 militaires, 71 civils européens et 21 Algériens. Les représailles qui se sont abattues sur la population algérienne de la région, à partir du 20 août, ont été terribles. La violence, extrême et générale, a duré des semaines ; le nombre de victimes algériennes, hommes, femmes et enfants, n’est pas connu avec précision mais dépasserait 7 500.     ( Marie Chominot historienne sur http://culturevisuelle.org/histoiredimages/archives/5 )

Parmi les victimes d’El Halia, un boulanger, le père de Louis Arti.

rendez-vous avec Lecoin

« EH, P’tit Louis, t’en penses quoi de ce retour du service national ? »

P’tit Louis, c’est Louis Lecoin. « […] Le 1er juin 1962, soutenu par Le Canard enchaîné, Louis Lecoin entama une grève de la faim. Le 15 juin il fut admis de force à l’hôpital Bichat. Le soir même, 28 objecteurs étaient libérés. Louis Lecoin obtint finalement le 22 juin la promesse de l’examen du statut d’objecteur en Conseil des ministres et quitta l’hôpital le 5 juillet. Il fallut néanmoins une nouvelle mobilisation en février et mars 1963, dont une pétition de personnalités, pour que le projet soit effectivement étudié durant l’été 1963. Lecoin menaça de reprendre sa grève de la faim et le statut, amendé, fut adopté le 22 décembre 1963 à l’Assemblée nationale. Le lendemain, tous les objecteurs de conscience étaient libérés. […] » lu ici

En savoir plus sur Louis Lecoin, sur le service national  ?

RENDEZ-VOUS MARDI 21/08 à 18h30

au laboratoire anarchiste 8 place st-jean à Valence

Non à la nouvelle loi asile-immigration

Mercredi 1 août, le parlement a définitivement adopté la nouvelle loi asile immigration qui durcit encore les modalités d’accueil des immigré-e-s et facilite les expulsions. Le gouvernement, au travers de son ministre de l’intérieur G. Collomb, avait déjà  lancé son grand plan anti-migrant-e-s et sans papiers dès le 12 décembre 2017 en publiant la nauséabonde circulaire autorisant le « recensement » des personnes étrangères dans les centres de d’hébergement d’urgence par des « équipes mobiles » de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Ces équipes seront composées d’au moins un agent de préfecture compétent en droit des étrangers et d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, auxquels peuvent s’ajouter «des personnels compétents en matière de veille ou d’évaluation sociale» elles ont pour but de  «s’entretenir avec les personnes étrangères» pour «procéder à l’évaluation administrative» de leur situation.

Sous couvert de pouvoir mieux les « orienter en fonction de leur situation », comme le disent très bien les associations d’aide aux migrant-e-s, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une logique «de recensement, d’étiquetage et de triage» qui va conduire à instaurer un contrôle généralisé des personnes étrangères. Cette mesure n’aboutira qu’à augmenter la précarisation, le passage à une certaine forme de clandestinité des personnes et enfants en les éloignant des centres d’accueil, les renvoyant de fait dans la rue, impliquant déscolarisation, rupture de soins, …

On peut craindre aussi des sanctions financières envers les associations qui s’opposeraient à cette circulaire, sachant que pour la plupart elles dépendent d’aides publiques.

Le  juge des référés du conseil d’État a été saisi par des associations d’aides aux migrant-e-s pour en demander la suspension, le ministre de l’Intérieur a assuré qu’elle serait maintenue qu’elle qu’en soit la décision.

La loi « asile-immigration », qui vient d’être définitivement adoptée, s’inscrit dans la continuité des lois anti immigré-e-s qui se sont succédées ces vingt dernières années. Le président la présente comme une loi « d’humanité et de fermeté », mais n’est en fait qu’une loi anti-migrant-e-s et sans papiers, compliquant les démarches administratives, facilitant les mises en rétention et les expulsions, qu’ils appellent maintenant avec sobriété « éloignement ».

Pour faire croire à son « humanité » et donc nous la « vendre », le gouvernement annonce que cette nouvelle loi va améliorer, faciliter le traitement des demandes d’asile. Ce traitement passerait de 1 an à moins de six mois, en regardant de plus près, toutes les mesures ne sont faites que pour, au contraire, compliquer la dépose de dossiers par les migrant-e-s, voir même les dissuader et augmente par contre les possibilités de fichage et facilite les ex-pulsions. On pourra noter l’absurdité qu’entre le dépôt et la réponse de demande, les personnes ne sont pas considérées comme des demandeuses d’asile et peuvent donc avoir des difficultés à obtenir un hébergement d’urgence, voir même être placées en en centre de rétention.

Plus précisément dans la loi concernant la demande d’asile :

  • Le délai pour déposer un dossier de demande d’asile passe de 120 à 90 jours

– Le budget 2018 prévoit 150 postes supplémentaires en préfectures, le gouvernement voulant réduire le traitement de la demande d’asile, en passant de onze à six mois. Problème, ces nouveaux postes ne sont pas uniquement alloués au traitement des demandes d’asile donc comment cela impactera la vitesse de traitement des dossiers ?

  • Création de 200 places en centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) dans chaque région, soit plus de 2 600 places sur l’ensemble du territoire. 1 300 places seraient opérationnelles depuis le 31 janvier. Avec ces centres, L’État développe des structures couplant accueil et contrôle administratif afin de mieux parquer/surveiller et faciliter les expulsions
  • Restriction des conditions d’accès au titre de séjour «étranger malade» alors que dans le même temps il y a la création d’un « passeport santé » pour la patientèle solvable des hôpitaux

En ce qui concerne les sans-papiers :

  • Passage de 6 à 24 h pour la durée de retenue administrative pour vérification du droit au séjour
  • augmentation du délai maximum de rétention, il passe de 45 à 90 jours avec prolongation possible de 15 jours si la personne fait obstacle à son éloignement
  • Maintient en rétention dans le délai courant entre l’ordonnance de libération prononcée par le juge et l’appel du préfet.
  • 400 places de plus pour la rétention administrative
  • Possibilité de recourir à l’assignation à résidence pendant le délai de départ volontaire
  • Renforcement du régime de l’assignation à résidence avec obligation de demeurer au domicile pendant une plage horaire
  • Possibilité de placer en rétention un demandeur d’asile présentant une « menace grave pour l’ordre public » (arrêté d’expulsion, interdiction du territoire)
  • Limitation du droit du sol sur l’île de Mayotte. Seuls les enfants dont au moins un des deux parents en situation régulière depuis plus de trois mois sur l’île avant la naissance pourront désormais demander la nationalité française.

Le gouvernement se félicite d’avoir augmenté les expulsions de 14 % en 2017 et de 100% celles concernant les « dublinés » (personnes ayant fait des demandes d’asiles dans plusieurs pays européens), pourtant Emmanuel Macron annonçait encore le 5 septembre 2017 : « Nous reconduisons beaucoup trop peu » d’où cette nouvelle loi asile-immigration qui va plus loin dans le fichage, le parcage et les expulsions. Car ne soyons pas dupe, quand le président parle « d’humanité » dans cette loi c’est avant tout pour une immigration choisie, des mesures « en faveur de l’attractivité et de l’accueil des talents et compétences » en passant par notamment l’ex-tension du « passeport talent » à de nouvelles catégories, la directive facilitant l’installation en France des étudiants cher-cheurs, … Cela se retrouve même dans le domaine de la santé où bientôt seul-e-s les patient-e-s étrangers/ères riches auront accès au soin, le président ré-affirmant que les migrants économiques n’ont pas vocation, selon lui, à rester sur le territoire. On voit clairement la politique anti-migrant-e-s mise en place par ce gouvernement, en organisant le recensement, le fichage, le parcage, la rétention, l’expulsion des demandeurs/euses d’asile et des sans papiers qui ne seraient « pas assez bien pour la France ».

La fédération anarchiste s’est opposée et s’opposera toujours aux lois racistes, anti-immigré-e-s et contre les sans papiers des gouvernements en défendant la liberté de circulation, d’installation par l’abolition des frontières et des nations.

 4 Aout 2018

La Fédération Anarchiste

Vous aimerez ce site

Un site à consulter sans crainte :

anarchismeavenir

Pour la petite histoire, ce site a été créé par des jeunes qui ont eu le la bonne idée de faire leur TPE (Travaux personnels encadrés, c’est une épreuve anticipée du bac, en première) sur le thème suivant :

l’anarchisme a t il un avenir dans les sociétés européennes aux regards du passé?

le résultat ? Plongez donc sur leur site.

 

Risque de marée brune sur la Bourgogne, appel au nettoyage !

Les néofascistes de Bastion social comptent organiser leur camp d’été à Avalon. Face à cette menace de pollution de la Bourgogne, appel à convergence :

du groupe La mistoufle de la Fédération anarchiste (Dijon)

Vous ne serez jamais chez vous

Du 29 Juin au 1er Juillet , le groupe fasciste bastion social espère organiser son immonde université d’été en Bourgogne.
Ce groupe, issue de la réunification des différents déchets de l’extrême droite , se signale chaque jour par la violence brutale contre toutes celles et ceux qui ne correspondent pas à leur délire identitaire de ‘ pureté de la race ‘.

Partout en France, les ordures fascistes s’en prennent à celles et ceux qui n’appartiennent pas à la bourgeoisie dont ils seront à jamais les allié.e.s, et aux victimes du capitalisme.

Attaquant courageusement et perpétuellement en surnombre des réfugié.e.s , des camarades , des associatifs ,  les locaux d’organisations révolutionnaires et ou syndicales , ces nervis installent  une stratégie de la tension continuelle.
Main dans la main avec le patronat, et ses bras armés que sont la police, l‘état , l’armée et la justice et l’église, l’extrême droite a enfilé un masque social pour tenter d’avancer masquée comme à chaque fois que les réactionnaires réapparaissent. Après la mascarade de l’ouverture d’un ‘ centre social réservé aux français de souche ‘ , et devant l’échec cuisant  de ce dernier, les fascistes tentent de faire croire que les campagnes sont propices au développement de leur idée nationalistes.
La Bourgogne, région qui a connu de nombreux maquis durant la seconde guerre mondiale , n’est, et ne sera jamais une terre propice à l’installation des identitaires.
Partout, sur tous les terrains et en tout temps , nous, Anarchistes, Anarcho-syndicalistes , Anticapitalistes , Anti-autoritaires devons continuer notre lutte face aux fascisme  et rendre coup pour coup.

Nous ne croyons plus depuis longtemps aux solutions simplistes et électoralistes, des partis politiques fantoches, qui ont tout à gagner de la montée de la réaction dans leur quête insensée du pouvoir.
Nous devons développer, la solidarité , l’auto-organisation, l’éducation populaire et l’action directe dans nos luttes contre la bourgeoisie et leur frères fascistes, deux faces d’une même médaille, celle du capitalisme.
Notre situation en France ne nous fait pas oublier la situation de nos frères et de nos sœurs qui partout dans le monde combattent les mêmes ennemi.e.s. C’est pourquoi, nous appelons à la, solidarité concrète et internationale et appelons à converger en une multitude de luttes et de pratiques pour que le ‘bastion social’ ne soit chez lui nulle part !
Partout, donnons nous les moyens de submerger les fascistes !

Groupe La mistoufle Fédération Anarchiste 

Le groupe de la Fédération Anarchiste de Dijon  » La Mistoufle  » a lancé cet appel à tous.tes les anti-autoritaires, anarchistes du monde entier.
Le Groupe la Mistoufle sera et est déjà mobilisé contre cette démonstration de force du mouvement fasciste, car il faut nommer cette infâme bande d’ordures fascistes par ce qu’elle est vraiment.

sur le site de Dijoncter.info (

Camp d’été de « Bastion Social » : convergeons vers Avallon (89) !

Les 29, 30 juin et 1er juillet devrait se tenir près d’Avallon (89) le « camp d’été » de « Bastion Social », une organisation néofasciste proche des italiens de CasaPound. Impossible de les laisser faire ça tranquillement !

Les 29, 30 juin et 1er juillet doit se tenir, près d’Avallon (89), le camp d’été du Bastion Social.

Comme son nom ne l’indique pas, Bastion Social est une organisation d’extrême droite radicale.

Bastion Social, GUD, Génération Identitaire, Action Française… la montée en puissance de ces groupes fascistes et la façon dont ils agissent deviennent de plus en plus inquiétantes.

Ils procèdent toujours de la même manière : ils profitent d’un ras le bol légitime contre les institutions pour se présenter comme une solution honorable. Pour eux, toujours les mêmes boucs émissaires : l’étranger, la différence.

Il est toujours plus facile pour ces néofascistes de s’attaquer au migrant(e) qui quitte son pays et passe les frontières au péril de sa vie que de s’en prendre aux puissants.
Dresser des pauvres contre des pauvres n’est pas une solution acceptable.

Ces réactionnaires pensent pouvoir se faire passer pour des défenseurs des acquis sociaux, mais jamais le fascisme partout où il réussit à arriver n’a été synonyme d’avancées sociales.

Malgré leurs discours volontairement confus invoquant la « justice sociale », leurs quelques ridicules actions d’ouverture de « centres sociaux » réservés aux Blanc·hes ou cantine au porc, ils ne nous feront pas oublier leur vraie nature et leurs actions violentes : ratonnades, attaques de lieux LGTB-friendly, têtes de sangliers à l’entrée de mosquées, couteaux dans le dos…
Ils sont racistes, fascistes, antisémites, homophobes et ils ne pourront jamais être une réponse aux injustices que nous subissons.

Pour leur université d’été qu’ils comptent tenir à Avallon, Bastion Social a nommé sa promo « François Duprat », du nom d’un fasciste revendiqué, antisémite assumé membre fondateur du FN.

Pour nous c’est un affront à ce que représente le Morvan : le Morvan a été une terre du maquis avec plus d’une trentaine de groupe organisés pour combattre le nazisme et ses idées qu’aujourd’hui ils veulent nous ramener.

Il est hors de question de tolérer cet affront, il est hors de question de tolérer ces fachos, ici ou ailleurs.

Nous ferons donc tout pour empêcher la tenue de leur camp et appelons

le 30 juin à 12H sur la place du marché à Avallon


près de la mairie, à un pique-nique tiré du sac et manifestation festive qui prouvera que le Morvan est avant tout une terre d’accueil.

Que chacun·e passe un appel à la mairie, à la sous-préfecture ou à l’endroit qui va loger ces fachos, pour dire notre colère face à ce rassemblement !

Mairie d’Avallon : 03 86 34 13 50 / Sous-Préfecture : 03 86 34 92 00

P.-S.

Il va sans dire que cet événement nécessite la plus grande vigilance de la part de toutes et tous : il n’est pas rare que ces groupuscules, galvanisés par leur lâcheté, traînent les rues pour «ratonner» les personnes seules ou en infériorité. Sous leurs apparences «sociales», ils continuent à agresser, allant parfois jusqu’à poignarder.

Note d’aubanar : l’utilisation sporadique de la couleur brune est évidemment volontaire…

« Merda, ciao ! »

 

with a little help from my friends… Souscription G. Couté

Chers camarades et néanmoins ami(e)s.

Nous souhaitons publier pour septembre 2018 les œuvres complètes de Gaston Coûté. Un livre de 580 pages. Un autre de 340 pages. Un CD des Crieurs (Michel Di Nocera et Nicole Fourcade). Le tout dans un coffret. Je vous assure, c’est magnifique. Que dis-je, somptueux ! Philippe Camus et Alain (Georges) Leduc nous ont concocté un DIAMANT. Ce coffret fera date, parce qu’incontournable, tant sur la forme que sur le fond.

Juste un problème. Les sous. Pour 1000 exemplaires, ce coffret va nous coûter 16 000 € et des brouettes. Et nous ne les avons pas. Donc, nous lançons une souscription. Participative, citoyenne, solidaire…, appelez cela comme vous voulez !

À l’unité, le tome 1 sera vendu 35 €. Le tome 2, 20 €. Le CD, 15 €. Soit, 70 €, plus le port (8 €). Le coffret sera vendu 50 € plus 8 € de port. En souscription, nous proposons de vendre le coffret 40 € (plus 5 € de participation au port). Soit 45 €.

Il nous faut 250 souscripteurs d’ici fin juillet pour pouvoir sortir ce coffret, magnifique, fin août. Si pas, pas de date prévue. C’est la vie !

Informez vos proches et vos réseaux de cela. Pensez aux cadeaux de Noël. Bref, notre sort est entre vos mains.

C’est la première fois de ma vie que je tends la main. Et c’est sans plaisir. Je crois juste, encore, à la solidarité militante.

Pour les éditions libertaires

Jean-Marc Raynaud.

NB : nous envoyer un chèque de 45 € au plus vite est le plus simple.

Ordre : Éditions Libertaires, 35 allée de l’Angle, Chaucre, 17190, St Georges d’Oléron

Bises.

(Aubanar : « Sinon pour un virement IBAN : FR76 1090 7005 1903 8197 7519 124

BIC : CCBPFRPPBDX

titulaire du compte : les éditions libertaires »)

vous voulez en savoir plus alors cliquez…

l’anarchie, une amie de cinquante ans

Ce texte, daté du 26 mars, est paru dans https://monde-libertaire.net/. Allez donc vous promenez sur ce site, une bonne façon de suivre l’actualité avec un regard différent.

À celui qui sema une graine d’anarchie dans ma tête de môme.

Jef avait neuf ans. Il apprenait le BL-A-BLA dans une petite école. Le temps des foutues plumes « sergent major », des porte-plumes, du corrector avec ses deux flacons, des buvards, sans oublier les pleins et les déliés.
La télé se démocratisait, dans le sens de mise à la portée du plus grand nombre.

Jef était pote avec un petit brun assez rigolard, Luis, qui était un as du ballon rond. En revanche au niveau scolaire, il collectionnait les matchs perdus à l’extérieur. L’extérieur de Luis étant l’école tant il semblait chez lui partout ailleurs. Luis faisait tout pour passer en sixième. Juste pour voir des étoiles dans les yeux du patriarche.
Le grand-père de Luis avait la peau toute burinée de quelqu’un qui avait passé une bonne partie de sa vie à l’extérieur, et pas forcément dans de bonnes conditions. Jef le respectait par crainte de son regard d’aigle. Il ne savait rien de lui, n’était même pas sûr de l’avoir entendu prononcer une seule phrase entière. Il était généralement assis sur un fauteuil en train de lire le journal ou alors, les deux coudes sur la table, il écoutait la radio.

Quand Jef allait faire ses devoirs chez Luis, il n’osait pas lever les yeux surtout quand ils récitaient leurs leçons en bousillant complètement une des deux occupations favorites du respectable aîné. Luis avait beau lui dire qu’il avait la cote avec avi Angel (pépé Angel), c’est toujours avec une certaine appréhension que Jef s’approchait du vieil Ibérique. Il n’allait pas tarder à entendre sa voix rocailleuse.

Le printemps était là depuis un moment, les grandes vacances se rapprochaient. Avant elles, la remise des prix avec la bise du maire et son haleine à fabriquer des cancres. Plus que deux mois de classe, bientôt les compositions avec la rituelle dictée tirée d’un texte sérieux et moralisateur comme toujours.

Perdu au fin fond de la province, le petit village de Jef ronronnait tranquillement bien loin de se douter de ce qui se jouait dans la capitale et dans de nombreuses grandes villes. Et puis des nouvelles commencèrent à arriver par bribes. Il était question d’étudiants, surtout d’un rouquin. Et puis on parlait de manifestations, de pavés, de barricades, de CRS, d’occupation de la Sorbonne.
Tout ça ne dispensait pas Jef et ses collègues de devoirs bien fournis. Ce qui était synonyme de goûters chez Luis.
Un jour, en arrivant, les deux potes trouvèrent avi Angel agrippé au vieux poste de radio « grandes ondes », pas encore la bande FM.. Dès que la réception d’une station laissait à désirer, il tournait frénétiquement la molette pour vite se caler sur une nouvelle source d’informations. Il avait les yeux pétillants et sautillait sur place. La radio distillait des nouvelles de ce qui se passait essentiellement à Paname.

– A las Barricadas! A las Barricadas! por el triunfo de la Confederacion !
Et Jef assista ébahi au spectacle d’un vieil Espagnol dansant une sardane, donnant la main à des amis invisibles et chantant d’une voix tonitruante.

Et Angel commença à parler et ne s’arrêta plus. La république espagnole, son père, ses deux frères, ses copains, tous cénétistes. Et puis cette « marde » de Franco. La collectivisation chez lui en Catalogne. Les rêves fous partagés avec des villages entiers. Le départ pour le front à 23 ans, un foulard noir et rouge pour cacher la grosse boule dans la gorge de laisser sa mère et ses sœurs. Le goût de la faim, de la boue, du froid et du sang. Et la nuit qui s’installe dans les yeux du copain tombé juste à côté de lui. Et le repli, le départ pour la France « terre d’asile » avec la planque pour éviter les camps d’internement, et les fragments de nouvelles qui parviennent par bribes. Et toutes ces personnes – connues et aimées – emportées par la tempête, mortes ou disparues.
– Viva la muerte ! Carognes de franquistes de marde !
Et le maquis dans les Alpes avec quelques compañeros. Et la neige aussi froide qu’en Espagne. La nuit qui s’installe dans les yeux du copain fauché par la balle d’un enfoiré de milicien français. Encore une fois trop de morts, trop de sang. Quelques rares survivants. Et puis ce besoin de laisser couler beaucoup d’eau non pas pour oublier, mais pour faire sans. Trop de chagrins.
Voilà que maintenant ces jeunes venaient agiter la marmite à souvenirs.

– A las Barricadas! A las Barricadas! por el triunfo de la Confederacion !

Vinrent les premiers témoignages de manifestations avec son lot de charges, de lacrymos, de pavés et de barricades. Les parents de Luis n’avaient pas la télé. Les parents de Jef en avaient une, Claude Pieplu racontait les Shadoks, Nounours endormait les plus petits. Les infos étaient réservées aux adultes. Alors pour ce qui se déroulait dans les rues parisiennes, Jef devait faire appel à son imagination. La dernière barricade qu’il avait vue sur le petit écran, c’était celle de Marius, de Gavroche. Alors Jef s’imaginait des jeunes qui se faisaient tirer comme des lapins par des hommes en uniformes. Dans son imaginaire de môme, les rues de la capitale étaient à feu et à sang. Jabert et ses collègues faisaient leur sale boulot à la perfection : six cents interpellations le 3 mai, quatre cents le 6 mai. Il imaginait son petit village de huit cents habitants déserté par un coup de matraque magique.
Et puis, comme dans les westerns, les grosses organisations syndicales arrivèrent sur leurs gros chevaux pour être sur la photo. Vers la mi-mai la grève gagna les entreprises.
Le dix-sept fut une date historique pour Jef : l’ORTF était à son tour paralysé et on diffusa des films pour faire patienter les téléspectateurs. Il n’avait rien contre « Cinq colonnes à la une » mais grâce aux événements il put découvrir « Crésus » de Giono avec Fernandel, « Guerre secrète » un film à sketchs très sombre avec Bourvil son idole et d’autres films oubliés parce que moins marquants.
Il pouvait veiller tard, son institutrice était, elle aussi, en grève. Et comme il n’y avait plus d’essence, même les tracteurs faisaient la grasse matinée, le boucher ne venait plus sur la place en klaxonnant à 8h du matin. Seuls quelques coqs faisaient crânement leur job de réveille-matin. Aucune solidarité avec les grévistes… C’est peut-être le jaune de leur origine qui leur était resté dans la tronche.

Las, un peu avant la fin du joli mois de mai, Avi Angel cracha sur la route avant de jouer les oiseaux de mauvais augure :
– Bah ! les commounistes, ils vont encore touer la révolucion…
Et il raconta les milices obligées de s’intégrer aux Brigades Internationales farcies de mouchards à la solde du Komintern. Et l’épisode de la poste centrale de Barcelone en mai 37 lorsque CNT, POUM essayèrent de résister héroïquement face aux staliniens plus nombreux, mieux armés avant de devoir céder. Et la répression féroce qui suivit. Et les assassinats, les disparitions des compañeros. Et la continuation de la sale besogne sur le sol français.
– Staline pour touer la révolucion, il a embrassé Franco la marde sur la bouche. Les commounistes francés, ils vont sé faire baiser par De Gaulle…

Quelques jours plus tard, Jef fut témoin d’un évènement d’une infinie tristesse : Avi Angel, le vieux bloc de granit qui avait connu toutes les galères possibles, était en train de pleurer en silence, sans chercher à se cacher. Il avait entendu au poste qu’un accord sur le protocole de Grenelle avait été conclu entre syndicats, patronat et gouvernement.
Avi Angel sortit le mouchoir à carreaux, se moucha bruyamment, regarda les deux mômes en face de lui tout embêtés et prêt à y aller de leurs larmes.
Alors le vieux guerrier fit un petit sourire forcé et leur dit : « horosement qu’il y a les commounistes pour faire des connéries sinon on s’ennouierait… »

Exit Mai 68…

Epilogue : Des années plus tard, alors que Jef était allé voir le patriarche…
« Yé dois tou lé dire, yé pris ma carte au parti commouniste…
– ???
-Yé vais bientôt finir ma route alors si quelqu’un dois mourir, autant qué sé soit oun commouniste… »