A découvrir, Nigra Safo

Nigra Safo, c’est un groupe… Nigra ŝafo, en espéranto, ça veut dire « mouton noir ». Ils sont 4 : trois musicos (violon, accordéon et guitare) qui jouent et un chanteur qui chante. Le chanteur, on préfère l’entendre chanter que de le croiser un soir sombre à la Léo Malet… Je plaisante… Mais quand il chante…

Chansons à chambouler le monde. Chansons libertaires aux accents d’Ukraine, de Catalogne, de France et de partout finalement. Anar ? Surement quand on entend la réponse du chanteur donnée dans une interview… Bon, c’était dans un journal satirique dans le pur esprit de Hara-Kiri et Groland, Zarma :  » Toi qui es un chanteur révolté, un insoumis, un libertaire énervé, quels sont les sujets actuels de notre société qui pourraient t’inspirer des chansons ?
Des fois, quand je vais faire les courses chez Intermarché, je trouve qu’ils pourraient ouvrir
plus de caisses, comme ça on attendrait moins longtemps. »

Paroles d’Étienne Roda-Gil, sur l’air du chant soviétique « Les Partisans »

Le pieu

Le grand-père Siset me parlait / De bon matin au portail / Tandis que nous attendions le soleil / Et que nous voyions passer les chariots
Siset, tu ne vois pas le pieu / Où nous sommes tous attachés ? / Si nous ne pouvons pas nous en défaire, / Nous ne pourrons jamais marcher !
Si nous tirons tous, il tombera / Il ne peut pas durer longtemps, / Sûr qu’il tombera, tombera, tombera / Il doit déjà être bien pourri.
Si tu le tires fort par ici, / Et que je le tire fort par là, / Sûr qu’il tombera, tombera, tombera / Et nous pourrons nous libérer.
Mais, Siset, ça fait déjà longtemps, / Mes mains sont écorchées, / Et quand la force me quitte / Il est plus ample et plus grand.
Bien sûr je sais qu’il est pourri / Mais Siset, il pèse tant, / Que peu à peu la force me quitte / Redis-moi ton chant.
Si nous tirons tous, il tombera / Il ne peut pas durer longtemps, / Sûr qu’il tombera, tombera, tombera / Il doit déjà être bien pourri.
Si tu le tires fort par ici, / Et que je le tire fort par là, / Sûr qu’il tombera, tombera, tombera / Et nous pourrons nous libérer.
 Le grand-père Siset ne dit plus rien déjà. / Un mauvais vent l’a emporté, / – Lui seul sait où – / Et moi je suis sous le portail.
Et tandis que passent les jeunes garçons / J’étire mon cou pour chanter / Le dernier chant de Siset, / Le dernier qu’il m’a enseigné.
Si nous tirons tous, il tombera / Il ne peut pas durer longtemps, / Sûr qu’il tombera, tombera, tombera / Il doit déjà être bien pourri.
Si tu le tires fort par ici, / Et que je le tire fort par là, / Sûr qu’il tombera, tombera, tombera / Et nous pourrons nous libérer.
Appel à l’unité d’action pour la liberté, cette chanson fut composer sous la dictature de Franco par Lluis Llach.

 

Que l’omelette se retourne
Les voyageurs marchent / sur l’herbe des chemins. (bis)
Et sur la femme de l’ouvrier / marchent quatre vilains, / de ceux qui ont de l’argent. (bis)
Quelle faute a fait la tomate / qui est tranquille dans le buisson ? (bis)
Et un fils de pute arrive /  et la met dans une conserve / et l’envoie à Caracas. (bis)
Les seigneurs de la mine / ont acheté une balance (bis)
pour peser l’argent / que toutes les semaines / ils volent au pauvre ouvrier. (bis)
Quand Dieu du ciel voudra / que l’omelette se retourne ? (bis)
Que l’omelette se retourne, / que les pauvres mangent du pain / et les riches de la merde, merde. (bis)

 

Cette chanson date remonte au XIXe siècle. C’était en Andalousie, 1860, révolution du pain et du fromage… « que les pauvres mangent du pain et les riches de la merde… ». Chanson reprise durant la guerre d’Espagne.

Chanson de jean Yanne.

Une pensée du gus : « Les moutons ont cet avantage sur l’homme qu’on les conduit à l’abattoir sans leur parler patriotisme ou promesse d’un monde meilleur. »

2 réflexions au sujet de « A découvrir, Nigra Safo »

    1. adminar Auteur de l’article

      Merci pour le lien. De quoi retrouver Zarma, le journal satirique cité dans l’article. J’aurais dû le faire.

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