Archives mensuelles : avril 2015

Origines anarchistes du 1er mai : une journée internationale de luttes des travailleurs

Les années 1880 sont marquées outre-Atlantique par l’essor des luttes ouvrières. Pas étonnant puisque les États-Unis sont mis en coupe réglée par les « robbers barons », les barons voleurs, ces hommes d’affaires comme Vanderbilt, Carnegie, Rockefeller ou J.P. Morgan, qui sont en train de se bâtir des fortunes colossales dans l’industrie, les affaires et les finances. Des barons voleurs qui se fichent comme d’une guigne du droit du travail… et de la vie des travailleurs tout court. Continuer la lecture

Mexique : Ils ne cesseront jamais ? Nous non plus ! (avril 2015)

Rappel des épisodes précédents

où l’on vous parlait une première fois de Mario Gonzales

C’était le 4 juillet 2014. Une semaine plus tard, le 11 juillet 2014, la magistrate Marín Sasaki a fait des soldes… Les 5 ans et 9 mois de prison ont été remplacés par… 5 ans 1 mois et 15 jours... Madame l’Ajustice est trop bonne avec notre compagnon. Continuer la lecture

Quand les pensées deviennent nauséabondes (20 avril)

Samedi matin, marché des Vans dans le sud de l’Ardèche. Distribution de tracts contre TAFTA (« TransAtlantic Free Trade Area » : traité de libre-échange nord-atlantique soit l’OTAN version guerre économique). Tafta n’étant pas le seul traité international de libre-échange, ce tractage s’inscrit dans la journée mondiale de mobilisation. Juste à côté l’Huma se vend à la criée. Un peu plus loin, on hésite entre le fromage de chèvre sec ou crémeux.
racisme_ordinaireUn peu à l’écart, à la terrasse d’un bar, des gens du coin, commentent la scène :
« C’est pas le gaz de schiste aujourd’hui…
– Non, regarde, c’est contre TAFTA.
– Taffetas, c’est bien un tissu arabe ?
– Ouais, un tissu hallal…
– C’est pas le Taffetas qu’il faut interdire, c’est tous les gus qui sont dedans… »
Discussion véridique au poil de mot près… Les « braves gens » en question, il y a quelques années, achetaient Ras l’front, me prenaient parfois le Monde Libertaire… Comment ont-ils pu glisser sur la pente savonneuse du racisme ordinaire ? Congélation des neurones ? Médias ? Perte des repères ? Dédiabolisation de la Marine Nationale ?
CÉSAR : C’est une phrase en l’air! Je n’ai jamais eu l’idée d’insulter la marine française. Au contraire, je l’admire, je l’aime…
ESCARTEFIGUE (sur la porte, avec une grande noblesse) : II se peut que tu aimes la marine française, mais la marine française te dit m…

J’étais à la même terrasse qu’eux. Petite pause. Je me suis levé, suis passé à côté de leur table…
« Salut, tu bois un coup ? » Et oui, je les connaissais un peu… « Pas aimé ce que vous avez dit. La Marine vous tend les bras, on dirait… »
Et j’ai repensé à ces tristes individus passés du MRAP ( Collard), du NPA (Aurélien Legrand), de la CGT (Fabien Engelmann) au rassemblement nauséabond.
Et j’ai repensé à un texte d’un copain parisien que je venais de lire dans le Monde Libertaire (n°1772 du 16 au 22 avril)

Quand un « syndicat » FO relaie les discours du FN
C’est avec stupéfaction que nous avons appris que le syndicat FO des chauffeurs de bus de Montpellier s’est plaint d’une odeur « insoutenable » sur la ligne 9, qu’il explique par la prise en charge de familles Roms. Selon ces salariés, il s’agirait d’un « problème sanitaire », qu’il faudrait endiguer en créant une navette « spécialement pour eux ». apartheid busCertains chauffeurs refusent même de toucher les pièces que ces familles leur tendent pour régler leur titre de transports (de peur qu’elles ne transmettent la peste véhiculée par les gens du voyage ?).
Comme nous le faisions remarquer dans un précédent article paru dans nos colonnes, les thèmes privilégiés par le parti fasciste, le FN, commencent à pénétrer dangereusement les consciences, et même les consciences syndicales… Pour rappel, durant la campagne pour les départementales, Serge Laroze définissait ainsi les Roms : « Individu qui fait fortune dans le rempaillage des chaises et les commerces du cuivre. » Ce Rom qui roule en Mercedès (comme les dealers de banlieue), enrichis par leurs vols ! Le vieux fantasme du voleur de poule, d’ailleurs encore bien enraciné dans nos belles campagnes françaises… Quand on pense que la majorité des Roms sédentaires en France survivent dans des bidonvilles et des squats de fortune, il y a de quoi se faire vraiment du souci.
Cette proposition ne peut que nous faire penser aux premiers Roms raflés en France en novembre 1941 par la police française, sous les ordres des préfets appliquant la théorie nazie de la race pure. De novembre 1941 au 16 janvier 1945, la France fit du site de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) un camp pour « individus sans domicile fixe, nomades et forains, ayant le type romani ». Ils étaient Gitans, Roms et Tziganes. Les derniers Roms qui ne furent pas dirigés vers les camps de la mort (on n’a jamais su combien y ont péri, puisque, pour les nazis, les Roms n’étaient pas considérés comme des êtres humains, et donc pas comptabilisés !), quittent en janvier 1945 le camp de Montreuil-Bellay pour le camp de Jargeau d’où ils ne furent libérés qu’en mars 1946. Des clochards de Nantes y ont également été internés en 1942. 3 000 personnes passèrent par ce camp, qui compta jusqu’à 1 096 internés en août 1942. Le 16 janvier 1945, les derniers nomades furent transférés vers le camp des Alliés à Angoulême. Se débarrasser des Roms et des clochards, le programme fasciste du FN est donc bien en marche, et ici relayé par ces quelques syndicalistes FO ! Ne devraient donc par tarder à suivre des propositions pour se débarrasser des Juifs, des LGBT et de toute la gamme de l’humanité qui ne rentre pas dans les cases de la définition aryenne. C’est cette odeur de réchauffé-là qui nous est, à nous, insoutenable !
Texte de Patrick Schindler

Biscotte

Au Miocène, le Sahara était une forêt humide… (avril 2015)

moaïIle de Pâques (Rapa Nui dans la langue insulaire), quelque part dans le Pacifique. Entre 500 et 800 de notre ère (pour situer, de Clovis à Charlemagne), des tribus polynésiennes s’y installent. Les colons se partagent les 166 km2 et tout naturellement les rivalités apparaissent. Les petits chefs ont la tête qui enfle au point de la vouloir gigantesque mégalithe sculptée. Sans oublier leurs ancêtres, les ancêtres amis, les ancêtres adoptés… quelques centaines de moaïs (les statues en question).Paques_carriere4

Alors on taille dans la roche sur les sommets puis on descend les beaux bébés d’une cinquantaine de tonnes chacun. Et pour cela, on utilise des troncs d’arbre comme rouleaux. Beaucoup de moaïs, beaucoup de troncs, beaucoup de rouleaux… On déboise à tout va.
Les arbres disparus, pas gagné de se faire des pirogues pour aller pêcher le poisson nécessaire à l’alimentation. Se rabattre sur les oiseaux ? Trop tard, plus d’arbres pour qu’ils y nichent alors exit les oiseaux. Les tribus sombrent dans le cannibalisme. Continuer la lecture

Spectacle à voir : Louis Arti lit « El Halia ». Malbosc

Louis Arti, c’est un mec bien. Je l’ai découvert début des années 80, France Inter, Foulquier. Une voix qui se pose comme une évidence, des textes qui s’accrochent aux neurones, mots ciselés par un joailler du verbe. Mais trop libre pour marcher dans le showbiz, même du pied gauche… Alors exit Arti, « Avec un label à la clé,  mon la se mettrait à gonfler. On dirait par tout le pays, le joueur de mots a trahi… »
Quelques années plus tard, je vous passe les détails, je tombe sur son livre « El Halia, le sable de El Halia ». Je l’ouvre, m’arrime à la première phrase – « Je suis né dans un pays. Qui n’est pas né dans un pays ? » – et oublie les escales jusqu’à la dernière page :

« […] J’étais cet enfant et je le suis encore. Du moins l’enfant resté en moi m’a donné des ordres. L’enfant qui a vu le massacre d’El Halia (*) n’a pas voulu fermer les yeux sur son passé. Il considère son regard comme un objectif d’appareil photo qui est resté ouvert… admettons que j’aie été dans un théâtre et que l’enfant se soit trouvé dans la salle. Je l’arrêtais quand son récit me plongeait dans des histoires que j’avais, depuis, élucidées pour lui. Je lui expliquais pourquoi le monde n’était plus le même et pourquoi il fallait néanmoins que ce monde nouveau apprenne ce que l’enfant avait vu, entendu…
Réunis tous les deux dans un théâtre, nous allions continuer à vivre par les mots. Notre histoire allait devenir de l’art, le public allait l’entendre. Nous allions refaire la troupe d’El Halia avec des artistes et avec des gens. Avec des sentiments aussi nombreux que les grains de sable d’El Halia. »

Et ce spectacle existe…

EL Halia, lecture théâtrale

louis el halialouis el halia 2louis el halia 3

 

 

Pour retrouver l’homme et l’enfant… Vendredi 17 avril à 19 heures à Malbosc ( 18 km de virages entre les Vans et Le Gard). Entrées au chapeau

Pourquoi cette pub ? Parce que Louis Arti est un mec bien qui a dit : « Quand au pouvoir, c’est une écharde, une maladie dont il faudrait se débarrasser. »

Biscotte

(*) Le 20 août 1955, une insurrection a secoué l’ensemble du Constantinois, au cours de laquelle deux massacres d’Européens ont été perpétrés par des émeutiers : l’un à El Halia, petite agglomération minière où 35 personnes ont été tuées, l’autre au sein d’une famille d’Aïn Abid où 7 personnes ont été tuées. L’estimation globale du gouvernement général est de 123 tués : 31 militaires, 71 civils européens et 21 Algériens. Les représailles qui se sont abattues sur la population algérienne de la région, à partir du 20 août, ont été terribles. La violence, extrême et générale, a duré des semaines ; le nombre de victimes algériennes, hommes, femmes et enfants, n’est pas connu avec précision mais dépasserait 7 500.     ( Marie Chominot historienne sur http://culturevisuelle.org/histoiredimages/archives/5 )

Parmi les victimes d’El Halia, un boulanger, le père de Louis Arti.

Chassez le naturel, il revient au pas de l’oie (avril 2015)

Mon vétérinaire est formel : un cochon n’a rien à faire dans un appartement. Un cochon, ça aime se vautrer dans la merde, ça pète, ça rote, ça chie tout en fouillant du groin pour s’offrir un petit ver. Un cochon dans un appartement, c’est jouable à condition de l’habituer jeune. Avec un vieux goret, laissez tomber, capable d’aller se vider au milieu des invités. Un vieux goret, c’est tout sauf fréquentable. Sauf pour ses pairs et les mouches qui se régalent de ses déjections…

Ok, ce blog n’est pas là pour parler de mes problèmes personnels ni de mes discussions avec mon vétérinaire.
Qu’avons-nous dans l’actualité du jour : Tiens, voilà le borgne louche qui entre en résistance… malgré son attirance pour la collaboration. Voilà le retour de l’immonde qui vient défendre son territoire malmené par sa progéniture. Continuer la lecture

Histoire du syndicalisme d’action directe (avril 2015)

Le 9 avril prochain nous serons des milliards dans la rue, selon les chiffres de la police. Alors misons sur un peu plus… Bien présents dans la foule, quelques millions d’anarcho-syndicalistes et autant de syndicalistes révolutionnaires. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Continuer la lecture