11 novembre 2011 Intervention à Joyeuse (thème : le salariat)

En cette journée de souvenance de la grande boucherie de 14 18, il n’est pas inutile de rappeler que derrière l’alibi patriotique et revanchard issu de la défaite de 1870, derrière l’alibi de la République contre l’Empire du Kaiser se terrait le capitalisme. Début mai 2011, le dernier combattant de 14 18 s’éteignait à 110 ans. Mais le capitalisme lui est toujours vivant. Et tant que le capitalisme existera, la guerre existera : guerre pour le pétrole, guerre pour le cacao, guerre pour l’eau, guerre pour le gaz de schiste…

Le capitalisme est vivant mais en crise.
Quand le Capitalisme prend froid, ce sont les pauvres qui toussent…
Les crises sont là : crise environnementale, financière, sociales. Inutile de gratter profond pour retrouver le masque hideux du capitalisme responsable de cette situation catastrophique pour la très grande majorité des humains.
Ces crises, comme plats réchauffés de l’Histoire, ont ou auront parfois comme mauvaises solutions des conflits armés.
Aussi, cette crise globale qui jette des millions d’individus dans la misère, qui nous promet des crans de ceinture en plus, n’a pas empêché l’ Etat Français de dépenser 1,2 millions d’euro par jour de guerre en Libye. 1,3 millions d’euro par jour de guerre en Afghanistan.
Pour l’Afghanistan le compteur tourne encore…mais, pour la Libye, ce sont officiellement environ 320 millions d’euro, beaucoup plus selon les experts. Ce qui paraît logique avec l’heure de vol d’un rafale estimé à 29 000 € (il y eut 3800 heures de vol soit 6728 années au smic actuel) et des missiles de croisière Scalp à 850 000€ l’unité(15 furent tirés soit 143 années de minimum vieillesse).

Mais la France ne pouvait faire moins dans sa lutte contre le dictateur libyen
L’Histoire récente le montre (rappelez-vous Saddam Hussein), il est de bon ton, le moment venu de lâcher un fidèle client de notre boutique en armements.
Ainsi, de 2007 à 2009, 316,5 millions d’euro de contrat d’armement ont été négociés avec la Libye. Lors de sa venue en France , le colonel Kadhafi avait signé un protocole d’accord pour l’achat de 14 Rafales avec Dassault Aviation.
Des pays touchés par le « printemps arabe », il ne faudrait pas oublier qu’en 2010, la France a fourni le Barheïn, l’Egypte, la Tunisie. Michèle Alliot-Marie allant même jusqu’à proposer, à l’Assemblée nationale, le savoir-faire français à la police tunisienne pour « régler les situations sécuritaires ».
Lorsque la solvabilité des dictateurs a été franchement remise en question par la révolte montant des rues, ce fut le moment pour nombre de pays « marchands de canon » de s’adresser au camp adverse.
Avec 300 milliards d’euros d’achats et 79 milliards d’exportations en 2010, le marché mondial de l’armement « résiste aux crises financière et géopolitique ».

La crise est là mais le « Rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France en 2010 » permet au gouvernement d’être optimiste : 5,12 milliards d’euro de commande en 2010. 4e Rang des exportateurs de souffrance et de sang derrière les USA, la Russie et le Royaume Uni.
Le secteur stratégique de l’armement, fortement soutenu par l’Etat, reste une « priorité » : les ventes d’armes « jouent un rôle primordial pour le maintien de notre statut de puissance ».
Le Ministre des Armes et de la Guerre, souligne dans sa préface :
« […] Surtout ce succès doit nous encourager à ne pas relâcher nos efforts et à poursuivre notre action en faveur de nos exportations pour conforter la base industrielle et technologique de défense de notre pays et préserver les 165 000 emplois que compte ce secteur. […] »

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Que font donc ces 165 000 travailleurs à œuvrer pour la mort et la misère ?
Ils ne font que gagner leur vie. Tant que le salariat existera, des régiments de travailleurs iront préparer des lendemains de mort. Si nous ne luttons pas contre le salariat nous devons accepter cette réalité.
Alors luttons pour l’abolition de cet esclavage moderne et pour un autre futur enfin débarrassé du capitalisme.

Le capitalisme en crise nous promet du sang et des larmes. Soyons partageux, promettons-lui la même chose mais en mieux.

A bas toutes les armées, à bas tous les marchands de canons. Vive la Sociale debout.
Ni Dieu, ni Maître. Ni Patrie, ni Moine, ni Patrimoine