11 novembre 2007 Intervention à Joyeuse (thème : le capitalisme)

Une fois de plus le groupe d’Aubenas de la Fédération Anarchiste a tenu à participer au rassemblement antimilitariste ce jour anniversaire de la fin de la première grande boucherie.
Cette année est assez chargée en rappels du passé :
90e anniversaire de la Révolution soviétique.
90e anniversaire des mutineries des tranchées et de la répression qui suivit.
80e anniversaire de l’exécution de Sacco et Vanzetti.
Réhabilitation des victimes républicaines de la Guerre d’Espagne
En réaction, projet de béatification des suppôts de Franco…
Platon (né en 356 avant la mort de Spartacus) a dit un jour : « Toute guerre a comme origine les rivalités pour la possession. »
Anatole France qu’on ne pouvait pas spécialement traiter de révolutionnaire convaincu avait, en plein conflit, affirmé : « On croit mourir pour une patrie, on meurt pour des industriels. »
À l’heure où on nous parle de caisse noire du patronat de la métallurgie, un léger retour en arrière s’impose :
Des dizaines de milliers de morts au Chemin des Dames, des centaines d’obus au m² cela en représente de la ferraille. En voilà un marché fort juteux pour les marchands de canons et autres salopards de munitionnaires. Les « canonniers », Schneider en France et Krupp en Allemagne étaient étroitement unis en une sorte de trust international, mondialisation capitaliste avancée, dont le but était d’augmenter l’immense fortune de ses membres en augmentant l’effort de guerre de part et d’autre de la frontière. De nombreux journalistes, des « parlementeurs » étaient grassement rétribués pour manipuler l’opinion publique et pour pousser des cris d’alarme patriotiques.
Un important munitionnaire français, de Wendel, était même député. Il avait pour cousin germain un autre munitionnaire allemand, Von Wendel, siégeant au Reichstag. Ah, les braves gens !

munitions
Face à ces vautours du Capital, les esclaves du travail dans tous les pays quittèrent ateliers, mines, charrues pour aller défendre les biens et la vie de leurs tyrans au péril de leur propre vie face aux pauvres bougres d’en face. Prolétaires contre prolétaires. Chair à canon sans importance, sans intérêt.
Mais pour transformer 80 kg de prolétaire en cadavre mitraillé, il en faut de la ferraille : Les Français n’en manquaient pas, les stocks étant faits. Pour les Allemands, c’était légèrement différent : ils ne disposaient que de quelques 7 millions de tonnes de minerai pauvre, du coté de la Prusse. Comment faire pour que le conflit dure afin de ne pas nuire aux intérêts des capitalistes : une entente avait été passée entre certains membres de l’état-major et des munitionnaires français pour que le bassin de Briey-Thionville (qui produisait 90% du minerai français) soit « offert sans aucune résistance » à l’armée allemande dès le 6 août 1914 (trois jours seulement après la déclaration de guerre à la France). Le général chargé de la défense de la région, le général Verreaux, avait même une enveloppe fermée à n’ouvrir qu’en cas de conflit contenant la consigne d’abandonner Briey sans combat. Le bassin, situé sur la frontière entre le Luxembourg, l’Allemagne et la France appartenait à la famille franco-allemande de Wendel…
Poincaré refusa d’intervenir. L’état-major refusa toute offensive du coté de Briey. L’aviation reçut l’interdiction de bombarder le site voir les trains. L’interdiction fut transmise par un certain lieutenant Lejeune, ingénieur attaché aux mines de Wendel dans le civil… des accords secrets furent passés entre états-majors français et allemand pour que les trains chargés de minerai et se dirigeant vers l’Allemagne ne fussent en aucun cas bombardés. En passant, signalons aussi que les mêmes états-majors avaient décidé de ne pas détruire leurs quartiers généraux respectifs.
Pendant ce temps les cris d’agonie des 5000 morts par jour ne couvraient pas le bruit du tiroir caisse.
Depuis cette tragique mascarade patriotique combien de morts dans des conflits armés pour du pétrole, du cacao, du fric, du fric et encore du fric.
La propriété c’est le vol.
Le capitalisme c’est la guerre.
Les états ne sont que des alibis.
Tant que le Capitalisme existera il y aura menace de guerre

Mais si le Capital est la cause de la grande majorité des guerres, ce sont les prolétaires qui, par leur acceptation, en portent la responsabilité.
Guerre à la guerre ça veut dire :
Guerre des exploités contre les exploiteurs.
Guerre des oppressés contre les oppresseurs.
Pas de guerre entre les peuples pas de paix entre les classes.
Ni dieu, ni maître. Ni États, ni majors.